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Dimanche 4 décembre 2005
Cérémonie de mémoire en hommage aux acteurs de l’histoire de la caserne de Bonne
Intervention de Pierre Kermen, 2e adjoint au maire de Grenoble délégué à l’urbanisme et à l’environnement, Président de la Sem Sages

dimanche 4 décembre 2005


Monsieur le Maire de Grenoble, Monsieur le comandant, Mesdames et Messieurs les représentants des associations de la résistance et de la déportation, Mesdames et Messieurs.

C’est bien de nous retrouver ensemble ici.

Prendre quelques heures de notre vie quotidienne pour la consacrer aux vies d’hier.

J’ai souhaité au moment où nous préparons un projet totalement consacré aux générations futures pour les femmes et les hommes qui demain viendront à nouveau habiter la caserne de Bonne que nous ayons un témoignage collectif, public à ce site chargé de mémoire.

En tant qu’écologiste je ne peux concevoir l’avenir sans comprendre notre histoire.

Et le site de la caserne de Bonne fait et doit continuer à faire partie de l’histoire de Grenoble et de ses habitants. Je pense à toutes ces générations de jeunes hommes qui ont fait leur service militaire dans la caserne. Je n’oublie pas non plus les nombreuses jeunes filles qui ont piétiné devant les guérites attendant leur amoureux.

Rappeler que notre ville est l’héritière d’une relation forte entre elle et l’armée. Ville de frontière, elle aura toujours été au contact d’autres nations, d’autres armées. Dressant des fortifications sans cesse repoussée pour se reconstruire et se protéger, elle s’ouvrira enfin à la fin du XIX siècle totalement à l’extérieur abandonnant ses derniers remparts.

La force des habitants des villes de frontière tient à la fois dans leur capacité à résister quand il le faut, mais aussi à savoir faire la paix quand il le faut pour s’ouvrir aux autres. Cela donne alors aux villes de grandes capacités humaines et politiques dont Grenoble est sans aucun encore l’héritière.

Mais rappeler l’histoire du site de Bonne c’est avant tout honorer les combattants de la résistance et honorer l’ensemble des victimes de cette époque de combats qui a conduit à la libération de Grenoble.

Le 1er décembre 1943 Aloyzi Kospiski qui avait pris contact avec Louis Nal, Aimé Requet et Georges Bois-Sapin, installe des détonateurs dans les dépôts de munition entreposés dans la caserne de Bonne. Prévue le milieu de la nuit, l’explosion se produit finalement le 2 décembre 1943 à 8h10 le matin. La caserne est ravagée. Mais la violence de l’explosion est telle que les bâtiments qui se trouvent dans un rayon d’un kilomètre ont leurs toitures arrachées et leurs cloisons défoncées. Certaines maisons ont même été entièrement détruites, alors que dans une partie de la ville l’électricité est coupée et que presque partout dans Grenoble les vitres sont soufflées. Plusieurs soldats allemands sont tués, des dizaines d’autres blessés. Des civils figurent également parmi les victimes : sept grenoblois, vivant à proximité, ont trouvé la mort et plus de deux cents ont été blessés.

Les Allemands et le préfet de l’Isère vont nier l’attentat, préférant expliquer l’explosion par un « accident ». Mais le couvre-feu immédiatement imposé à la population suffit à révéler le contraire : la Résistance, malgré la féroce répression allemande, a réussi un nouveau coup d’éclat, qui va avoir un grand retentissement. L’explosion du 2 décembre constitue, avec la manifestation du 11 novembre 1943 et l’explosion du Polygone d’artillerie, l’un des motifs pour lesquels Grenoble se verra décerner le 4 mai 1944 le titre de Compagnon de la Libération par le général de Gaulle, devenant la deuxième ville française ainsi distinguée.

Quant à Aloyzi Kospiski, après avoir déserté, il rejoint les rangs de la Résistance et meurt au combat à Domène le 20 août 1944.

Des bâtiments de la caserne serviront de lieux de détention pour des prisonniers qui pour certains seront interrogés et suppliciés dans les locaux de la Gestapo qui s’était installée à l’hôtel Gambetta, face à la caserne de Bonne, sur le boulevard alors baptisé maréchal Pétain. Pour la plupart de ces personnes, c’est après la déportation vers les camps de concentration ou d’extermination.

Jamais nous ne devrons oublier cela. Nous devons garder collectivement la mémoire de ces combattants et continuer à défendre aujourd’hui leur idéal de paix et de justice.

Demain la caserne de Bonne va revivre avec un projet ouvert, accueillant des femmes, des hommes et des enfants qui viendront inscrire leur histoire dans les traces laissées par d’autres hommes d’autres femmes. Une plaque viendra rappeler au passant cette histoire.

En conclusion, je voudrais remercier celles et ceux qui ont permis que cette manifestation se déroule. Mon collègue Georges Lachcard, en qui j’ai trouvé un appui sans faille, Monsieur le Maire. Monsieur Tal Bruttman pour avoir retracé l’histoire du site ainsi que les services de l’armée. Enfin le personnel de la SEM Sages et le service communication de la ville pour la réalisation matérielle de ces journées portes ouvertes.

Enfin à ceux qui s’inquiètent de voir demain se réaliser le projet de la caserne de Bonne, je leur dis simplement que ce ne sont pas que des bâtiments qui prendront place ici mais une nouvelle vie !

Nous devons faire confiance à la vie.

Je vous remercie de votre attention

Pierre Kermen

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