{"id":17286,"date":"2020-05-15T14:27:46","date_gmt":"2020-05-15T12:27:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/?p=17286"},"modified":"2020-05-15T16:08:40","modified_gmt":"2020-05-15T14:08:40","slug":"les-combustions-de-fuels-fossiles-dues-aux-activites-humaines-ont-ete-largement-sous-estimees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/2020\/05\/15\/les-combustions-de-fuels-fossiles-dues-aux-activites-humaines-ont-ete-largement-sous-estimees\/","title":{"rendered":"Les combustions de fuels fossiles dues aux activit\u00e9s humaines ont \u00e9t\u00e9 largement sous-estim\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"380\" height=\"73\" src=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Nature.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17287\" srcset=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Nature.jpg 380w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Nature-150x29.jpg 150w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Nature-300x58.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est la conclusion d\u2019un article r\u00e9cent dans \u00ab\u00a0<em>Nature\u00a0<\/em>\u00bb d\u2019une collaboration scientifique internationale dans laquelle <a href=\"http:\/\/www.ige-grenoble.fr\/Les-glaces-du-Groenland-revelent\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"des chercheurs grenoblois de l\u2019Institut des G\u00e9osciences de l\u2019Environnement (IGE) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">des chercheurs grenoblois de l\u2019Institut des G\u00e9osciences de l\u2019Environnement (IGE)<\/a> ont particip\u00e9 activement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019IGE est une unit\u00e9\nmixte de recherche du CNRS, de Grenoble INP, de l\u2019IRD et de l\u2019Universit\u00e9\nGrenoble Alpes. &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>L\u2019IGE\nm\u00e8ne des recherches sur le climat, le cycle de l\u2019eau, la cryosph\u00e8re et les\nenvironnements naturels et anthropis\u00e9s. Ces recherches visent \u00e0 mieux\ncomprendre les processus qui r\u00e9gissent le fonctionnement des diff\u00e9rents\nenvironnements g\u00e9ophysique.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9tection du carbone 14 (p\u00e9riode radioactive d\u2019environ 5700 ans) dans des glaces du Groenland, les chercheurs concluent que la quantit\u00e9 de m\u00e9thane (puissant gaz \u00e0 effet de serre) \u00e9mise vers l\u2019atmosph\u00e8re par les combustions de fuels fossiles dues aux activit\u00e9s humaines a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 maintenant largement sous-estim\u00e9e. Et comme le m\u00e9thane a une dur\u00e9e de vie dans l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019environ neuf ans seulement, les chercheurs estiment qu\u2019une r\u00e9duction des \u00e9missions humaines de m\u00e9thane pourrait avoir un impact rapide sur les concentrations atmosph\u00e9riques de ce gaz \u00e0 effet de serre. <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><em>Le m\u00e9thane (CH4) est un\npuissant gaz \u00e0 effet de serre qui contribue largement au r\u00e9chauffement en cours\nde la plan\u00e8te&nbsp;: ses \u00e9missions vers l\u2019atmosph\u00e8re ont en effet augment\u00e9\nd\u2019environ 150% au cours des trois derniers si\u00e8cles. Pourtant, l\u2019origine de ces\n\u00e9missions, qui peuvent \u00eatre naturelles ou li\u00e9es aux activit\u00e9s humaines, reste\nmal connue. Une \u00e9quipe internationale men\u00e9e par B. Hmiel et V. Petrenko de\nl\u2019Universit\u00e9 de Rochester (Etats-Unis), et \u00e0 laquelle a particip\u00e9 l\u2019\u00e9quipe Ice3\nde l\u2019IGE, a constat\u00e9 \u00e0 partir de mesures dans la glace du Groenland que la\nquantit\u00e9 de m\u00e9thane \u00e9mise vers l\u2019atmosph\u00e8re par les combustions de fuels\nfossiles dues aux activit\u00e9s humaines a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 maintenant largement\nsous-estim\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le m\u00e9thane \u00e9mis dans\nl\u2019atmosph\u00e8re peut \u00eatre class\u00e9 en deux cat\u00e9gories, en fonction de sa signature\nen carbone 14, un isotope radioactif rare. D\u2019une part, le m\u00e9thane fossile, qui\na \u00e9t\u00e9 s\u00e9questr\u00e9 pendant des millions d\u2019ann\u00e9es dans d\u2019anciens d\u00e9p\u00f4ts\nd\u2019hydrocarbures et qui ne contient plus de carbone 14 puisque l\u2019isotope s\u2019y est\nd\u00e9sint\u00e9gr\u00e9 sur des temps longs&nbsp;; d\u2019autre part le m\u00e9thane biologique, en\ncontact avec les plantes et la faune \u00e0 la surface de la plan\u00e8te et qui contient\ndu carbone 14. Le m\u00e9thane biologique peut \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 naturellement \u00e0 partir de\nsources telles que les zones humides ou par des sources anthropiques comme les\nd\u00e9charges, les rizi\u00e8res et le b\u00e9tail. Le m\u00e9thane fossile, \u00e9tudi\u00e9 dans le cadre\nde cette \u00e9tude, peut \u00eatre \u00e9mis par des sources g\u00e9ologiques naturelles ou par\nl\u2019extraction et l\u2019utilisation de combustibles fossiles comme le p\u00e9trole, le gaz\net le charbon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>On sait aujourd\u2019hui quantifier\navec pr\u00e9cision la quantit\u00e9 totale de m\u00e9thane \u00e9mise dans l\u2019atmosph\u00e8re, mais il\nest difficile de d\u00e9composer ce total entre ses diff\u00e9rentes composantes. Quelles\nsont les fractions qui proviennent de sources fossiles et celles de sources\nbiologiques&nbsp;? Quelle quantit\u00e9 de m\u00e9thane est lib\u00e9r\u00e9e naturellement et\nquelle quantit\u00e9 est lib\u00e9r\u00e9e par les activit\u00e9s humaines&nbsp;? Les \u00e9chantillons\nde glace contiennent des bulles d\u2019air qui emprisonnent de petites quantit\u00e9s\nd\u2019air ancien, que les scientifiques sont venus extraire et analyser pour\nr\u00e9pondre \u00e0 ces questions.<br>\nLa mesure de la quantit\u00e9 de carbone 14 sur le m\u00e9thane atmosph\u00e9rique pi\u00e9g\u00e9 dans\nla glace du Groenland depuis le d\u00e9but du 18e si\u00e8cle, c\u2019est \u00e0 dire avant le\nd\u00e9but de la r\u00e9volution industrielle a montr\u00e9 que la quasi-totalit\u00e9 du m\u00e9thane\n\u00e9mis dans l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait de nature biologique jusqu\u2019en 1870 environ. C\u2019est\nalors que la composante fossile a commenc\u00e9 \u00e0 augmenter rapidement. Cette\np\u00e9riode co\u00efncide avec une forte augmentation de l\u2019utilisation des combustibles\nfossiles par les activit\u00e9s humaines.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Se placer avant la r\u00e9volution\nindustrielle a permis d\u2019\u00e9valuer, gr\u00e2ce au carbone 14, les sources fossiles de\nm\u00e9thane naturelles. Elles sont faibles, et environ dix fois inf\u00e9rieures aux\nestimations pr\u00e9c\u00e9dentes. Sachant par ailleurs que les sources fossiles\nnaturelles de m\u00e9thane n\u2019ont pas pu \u00e9voluer fortement au cours des derniers 200\nans, ce r\u00e9sultat permet de quantifier les \u00e9missions fossiles anthropiques de\nm\u00e9thane actuelles. Celles-ci ont \u00e9t\u00e9 sous-estim\u00e9es, et sont 25% \u00e0 40% plus\n\u00e9lev\u00e9es que ce que pensait la communaut\u00e9 scientifique jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le m\u00e9thane est, apr\u00e8s le dioxyde de carbone, le deuxi\u00e8me plus grand contributeur au r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te, en cours et caus\u00e9 par les activit\u00e9s humaines. Cette \u00e9tude montre que l\u2019impact des activit\u00e9s humaines sur le climat, par ses \u00e9missions de m\u00e9thane vers l\u2019atmosph\u00e8re, est plus important que ce que nous pensions. Mais elle sugg\u00e8re aussi que notre capacit\u00e9 \u00e0 agir pour freiner le r\u00e9chauffement en cours est renforc\u00e9e, si nous parvenons \u00e0 r\u00e9duire efficacement nos \u00e9missions anthropiques de m\u00e9thane<a>. <\/a>En effet, le m\u00e9thane a une dur\u00e9e de vie dans l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019environ neuf ans seulement. Une r\u00e9duction des \u00e9missions humaines de m\u00e9thane pourrait donc avoir un impact rapide sur les concentrations atmosph\u00e9riques de ce puissant gaz \u00e0 effet de serre<a>.\u00a0<\/a>\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article dans Nature est \u00e0 lire <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41586-020-1991-8\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"ici (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">ici<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est la conclusion d\u2019un article r\u00e9cent dans \u00ab\u00a0Nature\u00a0\u00bb d\u2019une collaboration scientifique internationale dans laquelle des chercheurs grenoblois de l\u2019Institut des G\u00e9osciences de l\u2019Environnement (IGE) ont particip\u00e9 activement. 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