{"id":19419,"date":"2021-10-22T13:28:23","date_gmt":"2021-10-22T11:28:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/?p=19419"},"modified":"2021-10-22T13:49:28","modified_gmt":"2021-10-22T11:49:28","slug":"17-octobre-1961-crime-detat-ou-crime-de-maurice-papon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/2021\/10\/22\/17-octobre-1961-crime-detat-ou-crime-de-maurice-papon\/","title":{"rendered":"17 octobre 1961, crime d\u2019Etat ou crime de Maurice Papon ?"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"alignleft size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"380\" height=\"279\" src=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/171021.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19421\" srcset=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/171021.jpg 380w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/171021-300x220.jpg 300w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/171021-150x110.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Un Etat a toujours beaucoup de mal \u00e0 reconnaitre qu\u2019il a couvert un crime d\u2019Etat. Les diff\u00e9rents Pr\u00e9sidents de la R\u00e9publique ont toujours minimis\u00e9 ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 Paris le 17 octobre 1961. E. Macron est all\u00e9 un peu plus loin que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs en se rendant au pont de Bezons, pr\u00e8s de Nanterre d\u2019o\u00f9 sont partis, le 17 octobre 1961, de nombreux manifestants alg\u00e9riens et o\u00f9 des corps ont \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9s dans la Seine. Il a observ\u00e9 une minute de silence en m\u00e9moire des victimes de la r\u00e9pression sanglante du 17 octobre 1961.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il a fait un communiqu\u00e9 qui rappelle que <em>\u00ab&nbsp;La r\u00e9pression fut brutale, violente, sanglante. Pr\u00e8s de 12.000 Alg\u00e9riens furent arr\u00eat\u00e9s et transf\u00e9r\u00e9s dans des centres de tri au Stade de Coubertin, au Palais des sports et dans d\u2019autres lieux. Outre de nombreux bless\u00e9s, plusieurs dizaines furent tu\u00e9s, leurs corps jet\u00e9s dans la Seine\u2026 Les historiens ont \u00e9tabli de longue date ces faits et les ont inscrits dans un engrenage de violence durant plusieurs semaines. Cette trag\u00e9die fut longtemps tue, d\u00e9ni\u00e9e ou occult\u00e9e\u2026<\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Aujourd\u2019hui, soixante ans apr\u00e8s, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u2026&nbsp;a reconnu les faits&nbsp;: les crimes commis cette nuit-l\u00e0 sous l\u2019autorit\u00e9 de Maurice Papon sont inexcusables pour la R\u00e9publique.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Donc il y a bien eu de nombreux crimes et le Pr\u00e9sident reconnait que les historiens ont \u00e9tabli les faits, mais pour lui, le responsable des crimes est le seul Maurice Papon. Le Pr\u00e9sident omet de dire que c\u2019\u00e9tait en tant que pr\u00e9fet que Maurice Papon a commis ces crimes, afin de ne pas m\u00ealer l\u2019Etat \u00e0 ces crimes. Mais \u00e9videmment cela ne tient pas puisque c\u2019est bien en tant que pr\u00e9fet donc repr\u00e9sentant de l\u2019Etat que Papon a agi et a indiqu\u00e9 aux policiers qu\u2019il les couvrirait, ouvrant ainsi toutes les violences possibles contre les manifestants pacifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra donc continuer encore et encore de rappeler qu\u2019il y a eu un crime d\u2019Etat le 17 octobre 1961 et que Grenoble et sa population s\u2019honorent de porter ce combat pour la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ci-dessous, les deux discours prononc\u00e9s lors du rassemblement du 17 octobre Place Edmond Arnaud, par le collectif puis par le maire de Grenoble.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Intervention du collectif grenoblois du 17 octobre 1961, par Mariano Bona<\/u><\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p>Je vous remercie pour votre pr\u00e9sence nombreuse en ce moment tr\u00e8s particulier qui marque le 60eme anniversaire du massacre commis le 17 octobre 1961 \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Je tiens \u00e0 remercier les nombreux \u00e9lu.es ici pr\u00e9sents.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plus de trente ans, le souvenir du 17 octobre 1961 est honor\u00e9 chaque ann\u00e9e \u00e0 Grenoble par des rassemblements. Il y eut un premier rassemblement d\u00e8s le 18 octobre 1961, o\u00f9 notre ami Jo Briant participait, avec d\u00e9j\u00e0 des jets de fleurs dans l\u2019Is\u00e8re pour rendre hommage aux victimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2016, nous tenons cet hommage \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque comm\u00e9morative pos\u00e9e par la ville de Grenoble, qu\u2019il faut chaleureusement remercier car c\u2019est un geste d\u2019engagement et de solidarit\u00e9 que trop peu de villes ont fait. Cette question des plaques n\u2019est pas anecdotique. Il est important que les murs des rues et les murs des places portent d\u2019autres traces que celles des massacreurs de la Commune de Paris ou des G\u00e9n\u00e9raux qui \u00ab s\u2019illustr\u00e8rent \u00bb de fa\u00e7on sanglante lors de la colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lorsqu\u2019on \u00e9voque la trag\u00e9die du 17 octobre 1961, on se heurte bien souvent \u00e0 l\u2019incr\u00e9dulit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;comment est-ce possible&nbsp;? Un tel massacre en plein Paris&nbsp;sous la R\u00e9publique ? Nous le saurions quand m\u00eame &#8230;&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il faut dire et redire les faits. <\/strong>En octobre 1961, le pr\u00e9fet de police de Paris Maurice Papon, condamn\u00e9 en 1998&nbsp;\u00e0 dix ans de r\u00e9clusion pour son implication dans la d\u00e9portation des juifs de la r\u00e9gion bordelaise entre 1942 et 1944, d\u00e9cide du couvre-feu pour les \u00ab Fran\u00e7ais musulmans d\u2019Alg\u00e9rie \u00bb, terme utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour d\u00e9signer les Alg\u00e9riens travaillant en m\u00e9tropole. Il leur est interdit de circuler dans les rues de Paris et de la banlieue entre&nbsp;20h30&nbsp;et&nbsp;5h30&nbsp;du matin. Cela se passe dans le contexte de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence qui permet aux pr\u00e9fets&nbsp;<em>\u00ab d&rsquo;interdire la circulation des personnes ou des v\u00e9hicules dans les lieux et aux heures fix\u00e9s par arr\u00eat\u00e9 \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est important de rappeler \u00e0 propos de l\u2019\u00c9tat d\u2019Urgence<\/strong>, au vu de son utilisation r\u00e9guli\u00e8re ces derni\u00e8res ann\u00e9es, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une loi coloniale vot\u00e9e en 1955 comme outil de r\u00e9pression. D\u00e9clar\u00e9 sur le sol de la m\u00e9tropole lors de la tentative de putsch en avril 1961, l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence resta en vigueur jusqu\u2019en mai 1963 \u2013 un an apr\u00e8s les accords de cessez-le-feu d\u2019Evian du 19 mars 1962 et la d\u00e9claration de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie le 5 juillet 1962.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le soir du 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d\u2019Alg\u00e9riennes et d\u2019Alg\u00e9riens, de toutes g\u00e9n\u00e9rations, jeunes et moins jeunes, ont manifest\u00e9 pacifiquement \u00e0 Paris <\/strong>pour le droit \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie et pour leur droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 et \u00e0 la dignit\u00e9, contre un couvre-feu raciste qui leur \u00e9tait impos\u00e9. Les manifestantes et les manifestants \u00e9taient essentiellement des travailleurs de la r\u00e9gion parisienne, venus endimanch\u00e9s avec leurs familles, issus des quartiers populaires et des bidonvilles, notamment celui de Nanterre. Les consignes de la f\u00e9d\u00e9ration de France du FLN \u00e9taient tr\u00e8s claires&nbsp;: pas d\u2019armes, m\u00eame pas un canif.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour <\/strong><strong>exprimer le refus du couvre-feu, <\/strong>les Alg\u00e9riennes et les Alg\u00e9riens d\u00e9fil\u00e8rent sur les boulevards \u00e0 20h30, au moment m\u00eame de la journ\u00e9e o\u00f9 il leur \u00e9tait interdit de quitter leurs domiciles. Le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, Roger Frey, et son pr\u00e9fet de Police Maurice Papon soutiendront qu&rsquo;il s&rsquo;agissait l\u00e0 d&rsquo;un \u00ab\u00a0acte de guerre \u00ab\u00a0. Dr\u00f4le de guerre que celle men\u00e9e par une manifestation pacifique&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La r\u00e9pression qui s&rsquo;est abattue sur les manifestants fut d&rsquo;une grande violence&nbsp;<\/strong>: 11.000 arrestations, 300 victimes, frapp\u00e9es \u00e0 mort, jet\u00e9es \u00e0 la Seine, tu\u00e9es par balles, massacr\u00e9s dans l\u2019enceinte m\u00eame de la pr\u00e9fecture ou du Palais des sports. On a invent\u00e9 cette expression terrible&nbsp;: \u00ab&nbsp;noy\u00e9s par balles&nbsp;\u00bb. On pouvait lire le lendemain dans France Soir&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>Ray Charles pourra chanter ce soir. Apr\u00e8s le passage du service de d\u00e9sinfection, le Palais des sports a retrouv\u00e9 son aspect habituel<\/em> \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Maurice Papon a une responsabilit\u00e9 \u00e9crasante dans ce massacre,<\/strong> lui qui quelques jours auparavant avait dit aux policiers parisiens&nbsp;: \u00ab Vous serez couverts, je vous en donne ma parole.&nbsp;\u00bb.&nbsp; Le massacre n\u2019emp\u00eacha pas Maurice Papon de devenir d\u00e9put\u00e9 gaulliste et ministre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais il&nbsp;n\u2019est pas le seul \u00e0 porter la responsabilit\u00e9 de ce massacre.<\/strong> Qui peut croire qu\u2019il ait agi sans l\u2019accord du Ministre de l\u2019int\u00e9rieur, Roger Frey, et du premier ministre, Michel Debr\u00e9, oppos\u00e9 aux discussions en cours en vue de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie ? Quant au G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, alors Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, il connaissait forc\u00e9ment le pass\u00e9 vichyssois de Maurice Papon&nbsp;lorsqu\u2019il le nomma pr\u00e9fet. C\u2019est lui qui d\u00e9clara en 1967 lors de la passation de pouvoir au nouveau pr\u00e9fet Maurice Grimaud, <em>\u00ab&nbsp;Vous avez l\u00e0 un poste tr\u00e8s important et expos\u00e9. Il y faut beaucoup de sang-froid et d&rsquo;autorit\u00e9. Vous succ\u00e9dez \u00e0 un homme [c\u2019est \u00e0 dire Maurice Papon] qui l&rsquo;a occup\u00e9 de fa\u00e7on consid\u00e9rable.&nbsp;\u00bb. Lorsque <\/em>Maurice Papon fut pressenti pour devenir tr\u00e9sorier de l&rsquo;UDR, le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle consult\u00e9 dira \u00e0 cette occasion \u00ab&nbsp;Papon, c&rsquo;est tout \u00e0 fait convenable&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les rapports officiels ne font \u00e9tat que de deux morts. <\/strong>Le livre \u00ab&nbsp;<em>Ratonnades \u00e0 Paris<\/em> \u00bb de Pierre et Paulette P\u00e9ju, publi\u00e9 chez Masp\u00e9ro quelques semaines apr\u00e8s le massacre, fut saisi chez l&rsquo;imprimeur par la police judiciaire. Le film de Jacques Panijel <em>\u00ab&nbsp;Octobre 1961&nbsp;\u00bb<\/em> fut saisi d\u00e8s sa premi\u00e8re projection. Les diverses lois d\u2019amnistie achev\u00e8rent d\u2019installer le silence sur ce massacre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tous les acteurs \u00e9tatiques se savaient totalement couverts, voire encourag\u00e9s \u00e0 r\u00e9primer avec violence, du policier de base jusqu\u2019au pr\u00e9fet. <\/strong>Avec le 17 octobre 1961, nous avons affaire \u00e0 un crime d\u2019\u00c9tat. Il est plus que temps que le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique le reconnaisse publiquement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Face \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019occultation de ce massacre, c\u2019est l\u2019action de citoyens, historiens, \u00e9crivains, associations, gr\u00e2ce au foisonnement d\u2019initiatives militantes, qui permit que l&rsquo;essentiel de la v\u00e9rit\u00e9 sur ce massacre soit aujourd\u2019hui connu<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En ce 60eme anniversaire du 17 octobre 1961, il est n\u00e9cessaire de rappeler le r\u00f4le tr\u00e8s important de Jean-Luc Einaudi, <\/strong>sa bataille pendant 30 ans pour faire conna\u00eetre et reconna\u00eetre le crime d\u2019\u00c9tat. \u00c9ducateur pour la jeunesse, attentif aux laiss\u00e9s pour compte et aux oubli\u00e9s, ce citoyen, se fit historien pour mettre au grand jour ce que fut le 17 octobre 1961. Ne pouvant pas acc\u00e9der aux archives,.Jean-Luc Einaudi recueilli les t\u00e9moignages des t\u00e9moins, des survivants, des familles. En \u00e9voquant sa figure, Pierre Vidal Naquet d\u00e9clara \u00ab&nbsp;on ne na\u00eet pas historien, on le devient&nbsp;\u00bb. A sa mort le 22 mars 2014, Mohamed Harbi, figure consid\u00e9rable de l\u2019Histoire de l\u2019Alg\u00e9rie, qualifia Jean-Luc Einaudi de \u00ab&nbsp;h\u00e9ros moral&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean-Luc Einaudi ne fut pas le seul ni le premier \u00e0 vouloir faire sortir de l\u2019oubli cette \u00ab&nbsp;journ\u00e9e port\u00e9e disparue&nbsp;\u00bb. Mais son combat est embl\u00e9matique<\/strong> de l\u2019action de toutes ces personnes qui agissent au quotidien pour dire l\u2019Histoire, pour rendre justice. A sa mesure, votre pr\u00e9sence ici, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, est partie int\u00e9grante de ce combat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est un combat qu\u2019il faut encore mener<\/strong> \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la R\u00e9publique s\u2019obstine \u00e0 refuser de regarder en face l\u2019h\u00e9ritage de la colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est un combat qu\u2019il faut encore mener <\/strong>pour que le crime d\u2019\u00c9tat que constitue la r\u00e9pression du 17 octobre 1961 soit officiellement reconnu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un combat qu\u2019il faut encore mener<\/strong> au moment o\u00f9 les tenants de l\u2019Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, du racisme, de la x\u00e9nophobie tiennent au grand jour leurs discours f\u00e9tides.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment ne pas voir le danger <\/strong>alors que des militaires de haut rang peuvent publier une tribune mena\u00e7ant la R\u00e9publique le 21 avril 2021, jour anniversaire de la tentative de Putsch \u00e0 Alger&nbsp;? Comment accepter que, sans \u00eatre contest\u00e9es, des Mairies puissent honorer la figure du g\u00e9n\u00e9ral Salan, putschiste d\u2019avril 1961 et chef de l\u2019OAS, ou la figure du g\u00e9n\u00e9ral Bigeard qui qualifia la torture de \u00ab&nbsp;mal n\u00e9cessaire&nbsp;\u00bb&nbsp;?&nbsp; Comment accepter qu\u2019un Eric Zermmour puisse sans encombre d\u00e9clarer publiquement qu\u2019il se situe<em> \u201caujourd&rsquo;hui du c\u00f4t\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral Bugeaud&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;? Le m\u00eame Bugeaud, grand massacreur, qui \u00e0 la t\u00eate d\u2019une arm\u00e9e de 100 000 hommes a massacr\u00e9, pratiqu\u00e9 les enfumades, mis en \u0153uvre la politique de la terre br\u00fbl\u00e9e pour affamer les populations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 17 octobre 1961 ce fut aussi la r\u00e9pression d\u2019une lutte men\u00e9e par les immigr\u00e9s, pour leur dignit\u00e9. <\/strong>Cette lutte est loin d\u2019\u00eatre finie, surtout au moment o\u00f9 les discours x\u00e9nophobes et islamophobes se r\u00e9pandent, impuls\u00e9s depuis le sommet de l\u2019\u00c9tat. Ce dont nous avons besoin c\u2019est de v\u00e9rit\u00e9 et de justice, pas de r\u00e9pression.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il faut refuser la banalisation des violences polici\u00e8res, <\/strong>dont sont notamment victimes les jeunes des populations issues de l\u2019immigration. La violence utilis\u00e9e contre les mouvements sociaux, contre les jeunes lyc\u00e9ens et \u00e9tudiants, provoquant des bless\u00e9s graves et m\u00eame des morts doit nous interpeller.&nbsp; Le 17 octobre 1961 nous alerte sur ce qui peut se produire lorsque l\u2019\u00c9tat est pr\u00eat \u00e0 utiliser tous les moyens au nom de la raison d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nous manifesterons tout \u00e0 l\u2019heure pour :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>exiger de l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais qu&rsquo;il reconnaisse officiellement sa responsabilit\u00e9 dans les massacres li\u00e9s \u00e0 la colonisation;<\/em><\/strong><\/li><li><strong><em>exiger la reconnaissance des massacres du 17 octobre comme crime d&rsquo;Etat;<\/em><\/strong><\/li><li><strong><em>r\u00e9clamer l&rsquo;ouverture des archives de la Guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie et de la colonisation aux chercheurs fran\u00e7ais et \u00e9trangers, sans restrictions, ni exclusives;<\/em><\/strong><\/li><li><strong><em>&#8211; refuser les discours x\u00e9nophobes, racistes, colonialistes.<\/em><\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Ces revendications sont port\u00e9es depuis des ann\u00e9es, et nous esp\u00e9rions que le 60\u00e8me anniversaire verrait une r\u00e9ponse concr\u00e8te apport\u00e9e \u00e0 certaines d\u2019entre elles. Malheureusement, ce n\u2019est pas le cas. <\/strong>Les archives sont toujours ferm\u00e9es, la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat n\u2019est toujours pas reconnue, les discours x\u00e9nophobes, racistes et colonialistes sont tol\u00e9r\u00e9s. Alors que le Pouvoir s\u2019obstine \u00e0 ne pas regarder en face toute son Histoire, il se lance dans une pol\u00e9mique inutile et blessante vis \u00e0 vis de l\u2019Alg\u00e9rie. Ce n\u2019est pas \u00e0 la hauteur du moment.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2022, c\u2019est le 60\u00e8me anniversaire de la fin du syst\u00e8me colonial en Alg\u00e9rie<\/strong>, d\u2019une guerre cruelle, 60\u00e8me anniversaire de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie. C\u2019est une date qu\u2019il ne faut pas prendre avec frilosit\u00e9. Bien au contraire. Nous appelons \u00e0 prendre des initiatives pour rendre compte de ce qui fut une bonne nouvelles pour les peuples alg\u00e9rien et fran\u00e7ais, pour tous les peuples.<\/p>\n\n\n\n<p>Les associations du collectif \u00ab&nbsp;17 octobre 1961&nbsp;\u00bb prendront toute leur part dans l\u2019organisation d\u2019initiatives allant dans ce sens. Notre objectif est de faire que les questions li\u00e9es \u00e0 la colonisation et \u00e0 la guerre d\u2019Alg\u00e9rie soient largement port\u00e9e dans l\u2019agglom\u00e9ration. Nous appelons les pouvoirs publics et les collectivit\u00e9s locales \u00e0 prendre toute leur part dans cette comm\u00e9moration, pour combattre des d\u00e9mons toujours pr\u00e9sents, mais aussi pour mettre en partage une histoire commune entre la France et l\u2019Alg\u00e9rie, construire des liens de solidarit\u00e9 entre les deux rives de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cet hommage ne serait pas complet sans exprimer notre solidarit\u00e9 avec le peuple alg\u00e9rien.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Depuis le 22 f\u00e9vrier 2019, sur l\u2019ensemble du territoire alg\u00e9rien, le peuple s&rsquo;est lev\u00e9 en masse et pacifiquement, pour obtenir des changements politiques et sociaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est le Hirak.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jeunes, femmes, \u00e9tudiants&#8230; progressistes et d\u00e9mocrates, manifestent pour une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 plus libre, plus d\u00e9mocratique et plus juste, d\u00e9barrass\u00e9e de la corruption. Nous devons \u00eatre solidaires de ce combat, le faire conna\u00eetre largement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La jeunesse alg\u00e9rienne n\u2019est pas oublieuse de son Histoire&nbsp;<\/strong>: elle s\u2019en est empar\u00e9e et elle inscrit son combat actuel dans la continuit\u00e9 du combat pour la lib\u00e9ration de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des dizaines d&rsquo;Alg\u00e9riennes et d&rsquo;Alg\u00e9riens sont actuellement en prison pour d\u00e9lit d&rsquo;opinion ou avoir voulu informer. Des partis politiques sont menac\u00e9s d\u2019interdiction, des journalistes sont emprisonn\u00e9s.<\/strong> Nous venons d\u2019apprendre avec stupeur la dissolution du RAJ, Rassemblement Actions Jeunesse, n\u00e9 en 1992 en pleine d\u00e9cennie noire, contribuant depuis 28 ans aux combats pour les droits et la d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nous demandons la lib\u00e9ration imm\u00e9diate de tous les prisonniers politiques, et le respect des droits des organisations d\u00e9mocratiques alg\u00e9riennes. Les questions soulev\u00e9es par ce mouvement ne se r\u00e9soudront pas par la r\u00e9pression, mais par la pleine prise en compte des demandes du peuple alg\u00e9rien.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bien s\u00fbr, c&rsquo;est au peuple alg\u00e9rien et \u00e0 lui seul de d\u00e9terminer le chemin qu&rsquo;il souhaite suivre. Mais cela ne doit pas nous emp\u00eacher d&rsquo;agir pour amplifier la solidarit\u00e9 avec le peuple alg\u00e9rien dans son combat d\u00e9mocratique.<\/strong><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong><u>Le discours d\u2019Eric Piolle, maire de Grenoble<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p>Mesdames et Messieurs les \u00e9lu.es<\/p>\n\n\n\n<p>Mesdames et Messieurs les membres des associations et du collectif \u00ab&nbsp;17 octobre 1961&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ch\u00e8res Grenobloises, Grenoblois, habitantes et habitants du territoire m\u00e9tropolitain<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que s\u2019est-il pass\u00e9 \u00e0 Paris ce jour du 17 octobre 1961&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une trahison. Une trahison vis-\u00e0-vis de ce qui nous est le plus cher&nbsp;: notre attachement \u00e0 la justice, \u00e0 la dignit\u00e9, \u00e0 nos valeurs r\u00e9publicaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour-l\u00e0, la police du pr\u00e9fet Maurice Papon s\u2019est rendue coupable d\u2019un crime d\u2019Etat. Ce jour-l\u00e0, elle a massacr\u00e9 des humains au seul motif qu\u2019ils r\u00e9sistaient pacifiquement \u00e0 l\u2019oppression en manifestant pour l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, et contre le couvre-feu inique impos\u00e9 aux Alg\u00e9riens de Paris. Il est difficile de se repr\u00e9senter le degr\u00e9 de violence&nbsp;de la r\u00e9pression&nbsp;: les manifestants pacifistes ont \u00e9t\u00e9 pourchass\u00e9s, frapp\u00e9s, massacr\u00e9s, des centaines d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, jet\u00e9s dans la Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les deux rives de la m\u00e9diterran\u00e9e, ce sont deux facettes de l\u2019horreur qui se d\u00e9ploient&nbsp;: en Alg\u00e9rie au c\u0153ur de la guerre, les exactions, les tueries, la torture. Et dans la capitale fran\u00e7aise, ce crime qui s\u2019inscrit dans la droite ligne de pratiques arbitraires d\u00e9j\u00e0 bien ancr\u00e9es, avec des interpellations au faci\u00e8s, des tabassages, et m\u00eame de la torture en plein Paris par la police fran\u00e7aise, comme l\u2019ont montr\u00e9 les travaux de plusieurs historiens et journalistes. D\u2019une rive \u00e0 l\u2019autre, les crimes se font \u00e9cho.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que s\u2019est-il pass\u00e9 en France <em>apr\u00e8s<\/em> le 17 octobre 1961&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une s\u00e9rie de rendez-vous rat\u00e9s avec l\u2019Histoire. Alors que la France aurait pu regarder son crime en face, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, au lendemain de cette journ\u00e9e, des journaux ont os\u00e9 d\u00e9fier la censure et la version officielle du pouvoir en place. L\u2019Humanit\u00e9, Lib\u00e9ration, l\u2019Express, L\u2019Observateur, T\u00e9moignage chr\u00e9tien, ont fait le r\u00e9cit de cette tuerie et d\u00e9nonc\u00e9 les exactions meurtri\u00e8res de la police. Des \u00e9lus, des syndicats, des militants, ont \u00e9lev\u00e9 la voix eux aussi, mais tr\u00e8s vite l\u2019Etat a mis en place une m\u00e9canique implacable pour imposer le silence, en imposant des non-lieux suite aux plaintes, en verrouillant les archives, en enterrant les commissions d\u2019enqu\u00eate parlementaire. Aucun policier, aucun responsable de cette r\u00e9pression sanglante n\u2019a eu \u00e0 r\u00e9pondre de ses agissements.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a fallu attendre de nombreuses ann\u00e9es pour que les militants de la m\u00e9moire r\u00e9ussissent \u00e0 remettre le 17 octobre 1961 en pleine lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Malgr\u00e9 cela, 60 ans apr\u00e8s, nous voyons que la r\u00e9ponse institutionnelle de l\u2019Etat fran\u00e7ais n\u2019est toujours pas au niveau.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais doit reconnaitre les massacres du 17 octobre comme crime d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, la France doit reconnaitre pleinement sa responsabilit\u00e9 dans les massacres li\u00e9s \u00e0 la colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Et oui, les archives de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie et de la colonisation doivent \u00eatre ouvertes, sans restriction.<\/p>\n\n\n\n<p>Et \u00e0 ceux, au plus haut sommet de l\u2019Etat, qui voudraient nous faire croire que le silence effacerait les crimes et laverait les mains des bourreaux, \u00e0 ceux qui voudraient nous faire croire que les victimes \u00ab&nbsp;d\u00e9rangent&nbsp;\u00bb \u00e0 demander le droit de parler, \u00e0 demander la justice.<\/p>\n\n\n\n<p>A ceux-l\u00e0, je veux dire que non, ce n\u2019est pas aux victimes de se taire, jamais. C\u2019est aux responsables de sortir enfin du silence, et c\u2019est \u00e0 la justice de les y contraindre s\u2019ils refusent de rendre des comptes. C\u2019est vrai pour le 17 octobre 1961. Et c\u2019est vrai tous les jours, en tout lieu, et sous toutes les latitudes.<\/p>\n\n\n\n<p>Car oui, le silence, lorsqu\u2019il est organis\u00e9, planifi\u00e9 agit comme un acide sur nos m\u00e9moires, sur nos blessures et nos traumatismes. Il n\u2019y a pas de \u00ab&nbsp;rente m\u00e9morielle&nbsp;\u00bb, il y a un \u00ab&nbsp;business de la discorde&nbsp;\u00bb, et je le d\u00e9nonce au nom des valeurs qui font la force de la France. Nous sommes en 2021 et nos familles, nos amis, nos voisins, nos ain\u00e9s, ont le droit \u00e0 la paix des m\u00e9moires. A la paix des histoires. La France doit sortir de l\u2019impunit\u00e9 m\u00e9morielle. Cela passe par la reconnaissance de la v\u00e9rit\u00e9, y compris par l\u2019Etat, car on ne b\u00e2ti rien de durable dans le silence et dans le mensonge.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mesdames, Messieurs, aujourd\u2019hui, ce qui remplit mon c\u0153ur de r\u00e9volte,<\/strong> c\u2019est aussi d\u2019entendre de nouveau des discours de haine et de racisme se r\u00e9pandre dans l\u2019espace public et m\u00e9diatique. Des discours que l\u2019on esp\u00e9rait ne plus jamais entendre. Des discours naus\u00e9abonds qui crachent leur venin, distillent la violence, d\u00e9signent l\u2019ennemi, l\u2019\u00e9tranger, celui qui n\u2019aurait pas la bonne couleur, la bonne religion, le bon pr\u00e9nom. Des discours nostalgiques des colonies et de l\u2019asservissement de peuples entiers. Des discours qui salissent notre R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne les acceptons pas.&nbsp;Non, en France il n\u2019y a de place pour aucune forme de racisme, aucune forme de discrimination, de stigmatisation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, ce qui remplit mon c\u0153ur de tristesse,<\/strong> c\u2019est de songer aux manifestants traqu\u00e9s comme des b\u00eates, jet\u00e9s dans la Seine. C\u2019est de songer \u00e0 ces vies bris\u00e9es, et \u00e0 celles et ceux qui ont attendu en vain le retour d\u2019un p\u00e8re, d\u2019un camarade, d\u2019un ami, d\u2019un amour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Heureusement, aujourd\u2019hui il y a aussi des choses qui remplissent mon c\u0153ur d\u2019espoir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand je vois qu\u2019ici, sur notre territoire, nous continuons \u00e0 lutter ensemble pour faire surgir la justice et la v\u00e9rit\u00e9. Associations, collectif, citoyennes et citoyens, \u00e9lu.es, tous rassembl\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, ce qui remplit mon c\u0153ur de joie enfin,<\/strong> ce sont les liens que nous tissons avec l\u2019Alg\u00e9rie, et notamment avec Constantine, notre ville jumelle, avec qui les \u00e9changes culturels se poursuivent dans les deux sens.<\/p>\n\n\n\n<p>A Grenoble, nous venons de pr\u00e9senter l\u2019exposition \u00ab&nbsp;Visages d\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;\u00bb pendant tout le mois de septembre \u00e0 la Maison de l\u2019international. Ces photographies superbes ont rencontr\u00e9 un tr\u00e8s beau succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et bien s\u00fbr, nous c\u00e9l\u00e9brerons ensemble tout au long de l\u2019ann\u00e9e prochaine le 60\u00e8me anniversaire de l\u2019Ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/strong> Cette date rev\u00eat une dimension symbolique forte, et je suis heureux que nous placions cet anniversaire sous le signe de l\u2019amiti\u00e9 entre les 2 peuples.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ann\u00e9e se pr\u00e9pare avec le concours inestimable des associations locales, fortement mobilis\u00e9es. La Ville de Grenoble s\u2019associera notamment avec ASALI, qui pr\u00e9voit un tr\u00e8s gros programme de conf\u00e9rences, d\u00e9bats, expositions, temps culturels&#8230; Les sujets li\u00e9s \u00e0 l\u2019Histoire seront mis en lumi\u00e8re bien s\u00fbr, mais aussi le sport, les sciences, la place des femmes, et bien d\u2019autres encore.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des deux c\u00f4t\u00e9s de la m\u00e9diterran\u00e9e,<\/strong> le pass\u00e9 qui nous lie est marqu\u00e9 par le traumatisme de la colonisation, de la guerre, des exactions, du silence. Un traumatisme ne s\u2019oublie pas. Mais il peut se r\u00e9soudre, \u00e0 condition d\u2019inventer ensemble un chemin de r\u00e9conciliation des histoires et des m\u00e9moires, un chemin de respect et de fraternit\u00e9, un chemin digne et juste.<\/p>\n\n\n\n<p>Devant cette plaque que nous avons pos\u00e9e ensemble en 2016, je vous le dis&nbsp;: vous pouvez compter sur moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vous remercie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Pour lire le communiqu\u00e9 de l\u2019Elys\u00e9e\u00a0voir <a href=\"https:\/\/www.elysee.fr\/emmanuel-macron\/2021\/10\/16\/ceremonie-de-commemoration-des-60-ans-du-17-octobre-1961\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ici<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un Etat a toujours beaucoup de mal \u00e0 reconnaitre qu\u2019il a couvert un crime d\u2019Etat. Les diff\u00e9rents Pr\u00e9sidents de la R\u00e9publique ont toujours minimis\u00e9 ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 Paris le 17 octobre 1961. E. Macron est all\u00e9 un peu plus loin que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs en se rendant au pont de Bezons, pr\u00e8s de Nanterre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"twitterCardType":"","cardImageID":0,"cardImage":"","cardTitle":"","cardDesc":"","cardImageAlt":"","cardPlayer":"","cardPlayerWidth":0,"cardPlayerHeight":0,"cardPlayerStream":"","cardPlayerCodec":"","footnotes":""},"categories":[62,11,1],"tags":[355,371,43,298],"class_list":["post-19419","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-rouge-le-vert-hebdo","category-politique-locale","category-actus","tag-algerie","tag-colonisation","tag-devoir-de-memoire","tag-france"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19419","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19419"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19419\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19422,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19419\/revisions\/19422"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19419"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19419"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19419"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}