{"id":23011,"date":"2024-03-29T11:48:07","date_gmt":"2024-03-29T10:48:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/?p=23011"},"modified":"2024-03-29T11:48:07","modified_gmt":"2024-03-29T10:48:07","slug":"le-vert-et-le-rouge-lemergence-du-mouvement-ecologiste-grenoblois-fin-des-annees-1960-juillet-1976-suite-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/2024\/03\/29\/le-vert-et-le-rouge-lemergence-du-mouvement-ecologiste-grenoblois-fin-des-annees-1960-juillet-1976-suite-3\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le vert et le rouge\u00a0: l&rsquo;\u00e9mergence du mouvement \u00e9cologiste grenoblois, fin des ann\u00e9es 1960 -juillet 1976.\u00a0\u00bb\u00a0 Suite"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"380\" height=\"132\" src=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/HAL.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22926\" srcset=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/HAL.jpg 380w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/HAL-300x104.jpg 300w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/HAL-150x52.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Sous forme de s\u00e9rie, chaque semaine, nous proposons des extraits de ce travail de recherche effectu\u00e9 par Josselin SIBILLE en 2012.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>4.&nbsp;L\u2019information<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9l\u00e9ment caract\u00e9rise alors les mao\u00efstes grenoblois, c&rsquo;est la priorit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 la lutte sur le front de l&rsquo;information &#8211; ou plut\u00f4t de la contre-information, car leur principal objectif est de lutter contre le monopole du <em>Progr\u00e8s-Dauphin\u00e9 Lib\u00e9r\u00e9<\/em><a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a><em>. <\/em>Suite \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un \u00ab\u00a0comit\u00e9 anti-intox\u00a0\u00bb sur le campus en 1970, les mao\u00efstes multiplient les journaux. Cette dynamique aboutit en 1971 au lancement du journal<em> V\u00e9rit\u00e9 Rh\u00f4ne-Alpes, <\/em>suppl\u00e9ment local de la <em>Cause du peuple <\/em>puis de <em>J&rsquo;accuse<a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\"><sup><strong><sup>[2]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a>. <\/em>C&rsquo;est cette exp\u00e9rience qui leur permet \u00e0 partir de 1974 de jouer un r\u00f4le majeur au sein de la contre-information \u00e9cologiste grenobloise.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1971, les comit\u00e9s Secours Rouge se multiplient<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>, et l&rsquo;on voit appara\u00eetre les comit\u00e9s de Pont-de-Claix, de la Mure (petite ville mini\u00e8re situ\u00e9e sur le plateau de la Matheysine, \u00e0 trente kilom\u00e8tres au Sud de Grenoble) ou de la Dr\u00f4me, chacun se dotant d&rsquo;un organe d&rsquo;information. Bien que parfois \u00e9loign\u00e9s g\u00e9ographiquement, ces comit\u00e9s fonctionnent de mani\u00e8re coordonn\u00e9e, voire centralis\u00e9e tant l&rsquo;influence du comit\u00e9 grenoblois est d\u00e9terminante<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e 1971, une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements fournit aux mao\u00efstes l&rsquo;occasion de d\u00e9velopper un discours sur les questions environnementales. Deux \u00e9l\u00e9ments le caract\u00e9risent&nbsp;: une vision tr\u00e8s \u00ab&nbsp;classiste&nbsp;\u00bb, mettant l&rsquo;accent sur les in\u00e9galit\u00e9s des individus face aux probl\u00e8mes environnementaux, et une d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00c9tat et des pouvoirs publics. On peut essayer de l&rsquo;analyser \u00e0 partir de trois axes&nbsp;: la question des risques (naturels et industriels), la question de la pollution, et enfin celle du rapport \u00e0 la nature. C&rsquo;est d&rsquo;abord la question des risques naturels qui est pos\u00e9e. Entre le 25 et le 29 janvier 1970, la Dr\u00f4me et toute la moyenne vall\u00e9e du Rh\u00f4ne connaissent des chutes de neige tr\u00e8s importantes (60 \u00e0 80 cm) suivies d&rsquo;une vague de froid particuli\u00e8rement intense<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> bloquant toute circulation sur l&rsquo;autoroute A7 entre Mont\u00e9limar et Valence. Plus de 3&nbsp;000 v\u00e9hicules sont abandonn\u00e9s par leurs conducteurs, qui sont rapatri\u00e9s alors par la SNCF ou h\u00e9berg\u00e9s d&rsquo;urgence dans les villages voisins. Certains villages se retrouvent coup\u00e9s du monde ext\u00e9rieur pendant huit jours. Le Secours Rouge de la Dr\u00f4me met en cause directement les pouvoirs publics, accus\u00e9s notamment de n&rsquo;avoir pas ferm\u00e9 l&rsquo;autoroute assez t\u00f4t, et de ne pas avoir pris les mesures dc s\u00e9curit\u00e9 n\u00e9cessaires. Pour les mao\u00efstes, la catastrophe n&rsquo;est pas environnementale, elle est organisationnelle. C&rsquo;est l&rsquo;\u00c9tat et le capitalisme qui cr\u00e9ent la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des populations, pas l&rsquo;environnement. Quelques mois plus tard, le 4 mai 1971 \u00e0 la Mure, dans la galerie du Devay une explosion co\u00fbte la vie \u00e0 huit mineurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Secours Rouge r\u00e9affirme dans le num\u00e9ro 2 de <em>Col\u00e8re matheysine<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\"><sup><strong><sup>[6]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Certes, il y a toujours un \u00e9l\u00e9ment naturel dans une catastrophe&nbsp;: le feu, le gaz, le mauvais temps. La catastrophe elle-m\u00eame serait naturelle si elle pouvait toucher n&rsquo;importe qui. Or on constate que dans ce genre de drames, ce sont toujours les m\u00eames, les pauvres, les petites gens, les travailleurs qui sont victimes. [&#8230;] Non, les catastrophes ne sont pas naturelles, car elles sontle tribut pay\u00e9 au travail, travail impos\u00e9 par une soci\u00e9t\u00e9 dont les int\u00e9r\u00eats sont contraires \u00e0 ceux des travailleurs.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Michel de Bernardy de Sigoyer, op. <em>cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Ces deux journaux constituent au niveau national l&rsquo;organe de presse de la Gauche Prol\u00e9tarienne officiellement dissoute entre 1971 et 1974.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> En 1972, au moins 7 groupes grenoblois utilisent le sigle. <em>Cf <\/em>AD38, Fonds Boisgontier, carton 27.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Entretien avec Raymond Avrillier, 26\/03\/2012.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9 par les g\u00e9ographes&nbsp;: Marcel Jail \u00ab&nbsp;Note pr\u00e9liminaire sur les chutes de neige dans la moyenne vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, du 26 au 29 d\u00e9cembre 1970&nbsp;\u00bb, <em>Revue de g\u00e9ographie alpine. <\/em>1971, t.59, n\u00b03, p. 351-362 et G\u00e9rard Staron, \u00ab&nbsp;Chronologie des catastrophes neigeuses dans le sud-est de la France&nbsp;\u00bb, <em>Revue de g\u00e9ographie de Lyon, v. <\/em>66, n\u00b03-4, 1991, p. 143-150.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> <em>Col\u00e8re Matheysine <\/em>n\u00b02, 24 mai 1971, AD38, PER1771\/1.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous forme de s\u00e9rie, chaque semaine, nous proposons des extraits de ce travail de recherche effectu\u00e9 par Josselin SIBILLE en 2012. 4.&nbsp;L\u2019information Un \u00e9l\u00e9ment caract\u00e9rise alors les mao\u00efstes grenoblois, c&rsquo;est la priorit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 la lutte sur le front de l&rsquo;information &#8211; ou plut\u00f4t de la contre-information, car leur principal objectif est de lutter contre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"twitterCardType":"","cardImageID":0,"cardImage":"","cardTitle":"","cardDesc":"","cardImageAlt":"","cardPlayer":"","cardPlayerWidth":0,"cardPlayerHeight":0,"cardPlayerStream":"","cardPlayerCodec":"","footnotes":""},"categories":[62,11],"tags":[153,215,195],"class_list":["post-23011","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-rouge-le-vert-hebdo","category-politique-locale","tag-ecologie","tag-grenoble","tag-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23011","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23011"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23011\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23012,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23011\/revisions\/23012"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23011"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23011"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23011"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}