{"id":24172,"date":"2025-01-31T11:39:35","date_gmt":"2025-01-31T10:39:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/?p=24172"},"modified":"2025-01-31T11:39:35","modified_gmt":"2025-01-31T10:39:35","slug":"les-inegalites-entre-les-femmes-et-les-hommes-de-lecole-au-marche-du-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/2025\/01\/31\/les-inegalites-entre-les-femmes-et-les-hommes-de-lecole-au-marche-du-travail\/","title":{"rendered":"Les in\u00e9galit\u00e9s entre les femmes et les hommes, de l\u2019\u00e9cole au march\u00e9 du travail"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"350\" height=\"332\" src=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Cour-des-comptes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11212\" srcset=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Cour-des-comptes.jpg 350w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Cour-des-comptes-150x142.jpg 150w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Cour-des-comptes-300x285.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ainsi s\u2019intitule <a href=\"https:\/\/www.ccomptes.fr\/fr\/publications\/les-inegalites-entre-les-femmes-et-les-hommes-de-lecole-au-marche-du-travail\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.ccomptes.fr\/fr\/publications\/les-inegalites-entre-les-femmes-et-les-hommes-de-lecole-au-marche-du-travail\">un rapport de la Cour des comptes du 27 janvier 2025<\/a> qui critique sans m\u00e9nagement la politique de l\u2019Etat en annon\u00e7ant\u00a0: <em>Des actions minist\u00e9rielles dispers\u00e9es, un pilotage interminist\u00e9riel insuffisant\u00a0; les limites d\u2019une action publique prise entre incitations parfois incantatoires et sanctions difficiles \u00e0 mettre en \u0153uvre\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant le discours politique \u00e9tait grandiloquent, l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9e&nbsp;<em>\u00ab grande cause nationale \u00bb&nbsp;<\/em>du quinquennat 2017-2022 par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, puis renouvel\u00e9e pour le quinquennat 2022-2027. Mais les actes ne suivent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport met en lumi\u00e8re les diff\u00e9rences de parcours \u00e9ducatif et professionnel des femmes et des hommes&nbsp;; &nbsp;les st\u00e9r\u00e9otypes de genre &nbsp;sont influents et&nbsp; l\u2019action publique d\u00e9ploy\u00e9e pour les r\u00e9sorber est&nbsp; limit\u00e9e. Le constat tr\u00e8s classique&nbsp;des in\u00e9galit\u00e9s entre les femmes et les hommes de l\u2019\u00e9cole au travail, se r\u00e9sume en un paradoxe : plus dipl\u00f4m\u00e9es que les hommes, les femmes acc\u00e8dent moins que les hommes aux postes et aux m\u00e9tiers les mieux consid\u00e9r\u00e9s et les plus r\u00e9mun\u00e9rateurs. Les st\u00e9r\u00e9otypes de genre produisent des effets d\u00e8s l\u2019orientation des \u00e9l\u00e8ves : les filles s\u2019orientent majoritairement vers des m\u00e9tiers consid\u00e9r\u00e9s comme f\u00e9minins dans l\u2019\u00e9ducation, l\u2019action sociale ou la sant\u00e9 et les gar\u00e7ons, davantage dans les m\u00e9tiers des sciences, de la technologie, de l\u2019ing\u00e9nierie et des math\u00e9matiques. Ils se poursuivent puis se consolident dans le monde du travail.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>Les actions minist\u00e9rielles, pourtant nombreuses, peinent \u00e0 porter leurs fruits. La hausse en trompe l\u2019\u0153il des moyens consacr\u00e9s \u00e0 cette politique n\u2019a pas compens\u00e9 les d\u00e9faillances du pilotage interminist\u00e9riel\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Des in\u00e9galit\u00e9s qui se r\u00e9duisent lentement mais des diff\u00e9rences de parcours genr\u00e9es qui perdurent<\/em><\/strong><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Si depuis plusieurs d\u00e9cennies, l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 l\u2019enseignement scolaire puis sup\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019emploi n\u2019est plus un sujet de discussion, un certain nombre de st\u00e9r\u00e9otypes p\u00e8sent encore sur la mani\u00e8re dont les filles et les gar\u00e7ons abordent leur scolarit\u00e9. Au lyc\u00e9e, les filles abandonnent plus souvent les math\u00e9matiques en terminale que les gar\u00e7ons. \u00c0 l\u2019inverse, ceux &#8211; ci choisissent peu les enseignements litt\u00e9raires et les sp\u00e9cialit\u00e9s li\u00e9es aux m\u00e9tiers du care. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, l\u2019orientation refl\u00e8te le \u00ab pass\u00e9 \u00bb scolaire des filles et des gar\u00e7ons et leurs aspirations, conscientes ou r\u00e9sultant de l\u2019int\u00e9riorisation de st\u00e9r\u00e9otypes de genre, ainsi que les projections de leur entourage, scolaire et familial. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019enjeu de la mixit\u00e9 est l\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale : \u00e0 niveau de qualification \u00e9quivalent, la concentration des emplois f\u00e9minins dans certains secteurs s\u2019accompagne d\u2019une moindre reconnaissance salariale. Le minist\u00e8re du travail doit s\u2019impliquer davantage pour revaloriser les m\u00e9tiers majoritairement exerc\u00e9s par des femmes. Toutefois, plus d\u2019un tiers des \u00e9carts de salaire s\u2019expliquent par les in\u00e9galit\u00e9s de volume de travail, renvoyant \u00e0 la question de la conciliation des vies professionnelle et personnelle, et plus sp\u00e9cifiquement \u00e0 la parentalit\u00e9, dont la charge continue de reposer davantage sur les femmes. Les diff\u00e9rences de m\u00e9tiers entra\u00eenent \u00e9galement des diff\u00e9rences de conditions de travail en d\u00e9faveur des femmes : depuis 2001, les maladies professionnelles progressent en effet deux fois plus rapidement pour les femmes que pour les hommes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Des actions minist\u00e9rielles dispers\u00e9es, un pilotage interminist\u00e9riel insuffisant<\/em><\/strong><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes a fait l\u2019objet d\u2019une multitude d\u2019actes r\u00e9glementaires et l\u00e9gislatifs, parfois redondants, en rendant complexe l\u2019application. Les moyens consacr\u00e9s \u00e0 cette politique ont connu une augmentation sensible depuis 2017 mais les actions engag\u00e9es dans les minist\u00e8res concern\u00e9s ont souffert de la faiblesse du cadre strat\u00e9gique, des d\u00e9faillances du pilotage et d\u2019un manque de coordination des donn\u00e9es statistiques. L\u2019index \u00ab \u00e9galit\u00e9 professionnelle \u00bb, malgr\u00e9 la logique de r\u00e9sultat qu\u2019il \u00e9tait cens\u00e9 initier, tend \u00e0 invisibiliser les in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9elles entre femmes et hommes et n\u2019implique pas n\u00e9cessairement des pratiques plus vertueuses en mati\u00e8re d\u2019\u00e9galit\u00e9 professionnelle. Les lois imposant des quotas aux entreprises ont une efficacit\u00e9 limit\u00e9e, par leur champ d\u2019application et par la difficult\u00e9 \u00e0 rendre effectives les obligations fix\u00e9es. Les actions d\u00e9ploy\u00e9es en mati\u00e8re d\u2019\u00e9galit\u00e9 professionnelle par le minist\u00e8re du travail ont souffert d\u2019une discontinuit\u00e9 des strat\u00e9gies interminist\u00e9rielles, conduisant \u00e0 un manque de coordination et d\u2019outils de suivi adapt\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Les limites d\u2019une action publique prise entre incitations parfois incantatoires et sanctions difficiles \u00e0 mettre en \u0153uvre<\/em><\/strong><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les minist\u00e8res ont d\u00e9ploy\u00e9 des actions de sensibilisation aux in\u00e9galit\u00e9s ou fond\u00e9es sur des outils de droit souple, comme la labellisation des coll\u00e8ges, lyc\u00e9es et des \u00e9tablissements de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Ces d\u00e9marches gagneraient \u00e0 \u00eatre mieux pilot\u00e9es pour porter davantage leurs fruits. Si de nombreuses actions sont conduites dans les \u00e9tablissements en faveur de l\u2019\u00e9galit\u00e9 filles-gar\u00e7ons, la famille, premier vecteur de diffusion des st\u00e9r\u00e9otypes de genre, doit en \u00eatre partie prenante. La formation continue des personnels de l\u2019\u00e9ducation nationale et de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur doit \u00eatre davantage mobilis\u00e9e. De m\u00eame, les parcours exemplaires de femmes (les \u00ab role models \u00bb) doivent \u00eatre mieux valoris\u00e9s. Ainsi, une exp\u00e9rimentation a montr\u00e9 que les filles de terminale S qui avaient pu rencontrer des femmes scientifiques s\u2019orientaient plus souvent vers une telle fili\u00e8re apr\u00e8s le lyc\u00e9e. Le foisonnement d\u2019actions ne suffit pas pour autant \u00e0 d\u00e9finir une politique publique, pour laquelle un portage politique plus fort s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire. Enfin, dans le monde du travail, le syst\u00e8me de sanctions et de p\u00e9nalit\u00e9s n\u2019est pas totalement appliqu\u00e9 et demeure insuffisamment dissuasif : entre 2021 et 2024, 120 p\u00e9nalit\u00e9s seulement ont \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9es, ce qui est tr\u00e8s faible au regard des interventions r\u00e9alis\u00e9es sur la p\u00e9riode concernant l\u2019\u00e9galit\u00e9 professionnelle (plus de 30 000).\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ainsi s\u2019intitule un rapport de la Cour des comptes du 27 janvier 2025 qui critique sans m\u00e9nagement la politique de l\u2019Etat en annon\u00e7ant\u00a0: Des actions minist\u00e9rielles dispers\u00e9es, un pilotage interminist\u00e9riel insuffisant\u00a0; les limites d\u2019une action publique prise entre incitations parfois incantatoires et sanctions difficiles \u00e0 mettre en \u0153uvre\u00a0\u00bb. 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