{"id":25350,"date":"2025-11-07T12:03:39","date_gmt":"2025-11-07T11:03:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/?p=25350"},"modified":"2025-11-07T12:03:39","modified_gmt":"2025-11-07T11:03:39","slug":"tourisme-2-0-anatomie-de-la-france-airbnb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/2025\/11\/07\/tourisme-2-0-anatomie-de-la-france-airbnb\/","title":{"rendered":"Tourisme 2.0 : anatomie de la France Airbnb"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"380\" height=\"234\" src=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Terram.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-25351\" srcset=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Terram.jpg 380w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Terram-300x185.jpg 300w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Terram-150x92.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/institut-terram.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IT_ETUDE-00017_TOURISME2.0_FR_2025-10-28_w.pdf\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/institut-terram.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IT_ETUDE-00017_TOURISME2.0_FR_2025-10-28_w.pdf\">Une \u00e9tude de l&rsquo;Institut Terram<\/a> (auteurs, J\u00e9r\u00f4me Fourquet, Sylvain Manternach et Chlo\u00e9 Tegny), \u00a0\u00a0dresse le portrait d&rsquo;une France remodel\u00e9e depuis dix ans par les plateformes de r\u00e9servation de meubl\u00e9s de tourisme dont Airbnb. Si les zones touristiques classiques sont largement concern\u00e9es par ce ph\u00e9nom\u00e8ne, de nouvelles g\u00e9ographies touristiques se dessinent. Cette \u00e9tude insiste sur la rar\u00e9faction des logements permanents et se termine par la question qui n\u2019est donc plus de savoir si les vacances doivent \u00eatre accessibles \u00e0 tous, mais comment garantir cette accessibilit\u00e9 sans creuser davantage les in\u00e9galit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 existantes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;La location via Airbnb s\u2019inscrit dans un contexte de transformation profonde des pratiques touristiques, o\u00f9 les vacances occupent une place centrale dans les modes de vie contemporains <sup>15<\/sup>. Le fait que pr\u00e8s d\u2019un Fran\u00e7ais sur deux (46 %) d\u00e9clare partir aujourd\u2019hui plus souvent que ses parents au m\u00eame \u00e2ge en t\u00e9moigne. Cette tendance confirme que le d\u00e9part en vacances est devenu un marqueur de qualit\u00e9 de vie et d\u2019int\u00e9gration sociale. Mais la r\u00e9alit\u00e9 demeure contrast\u00e9e : 17 % estiment partir aussi souvent que leurs parents au m\u00eame \u00e2ge, et plus d\u2019un tiers (37 %) d\u00e9clarent partir moins, signe que l\u2019acc\u00e8s effectif aux vacances reste profond\u00e9ment in\u00e9galitaire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cette fracture souligne une tension croissante entre l\u2019id\u00e9al de \u00ab vacances pour tous \u00bb et les contraintes \u00e9conomiques qui p\u00e8sent sur une part significative de la population.<\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><em>Dans une \u00e9conomie mondialis\u00e9e, marqu\u00e9e par la consommation statutaire amplifi\u00e9e par les r\u00e9seaux sociaux, la d\u00e9mocratisation des transports a\u00e9riens et la diversification des offres touristiques, partir en vacances demeure un objectif fort, mobilisant des arbitrages budg\u00e9taires parfois drastiques. Quatre Fran\u00e7ais sur dix d\u00e9clarent d\u00e9j\u00e0 r\u00e9duire leurs d\u00e9penses li\u00e9es aux loisirs du quotidien (cin\u00e9ma, sorties, restaurants\u2026), \u00e0 l\u2019habillement ou aux produits de beaut\u00e9. Pr\u00e8s de sept sur dix se disent pr\u00eats \u00e0 le faire pour maintenir ce qu\u2019ils per\u00e7oivent comme un besoin essentiel. Plus d\u2019un tiers rognent sur l\u2019am\u00e9nagement du logement ou l\u2019\u00e9pargne, et pr\u00e8s des deux tiers (64 %) affirment avoir d\u00e9j\u00e0 sacrifi\u00e9 au moins un poste de d\u00e9pense pour pr\u00e9server leurs vacances. Ces arbitrages traduisent l\u2019existence d\u2019une v\u00e9ritable \u00ab \u00e9conomie de la d\u00e9brouille <sup>16<\/sup> \u00bb, durable dans les pratiques sociales : achat d\u2019occasion, troc, location entre particuliers, do-it-yourself\u2026 Elle touche particuli\u00e8rement les femmes \u2013 en particulier les moins de 35 ans et les familles monoparentales \u2013, les professions interm\u00e9diaires, les cat\u00e9gories modestes, les \u00e9tudiants ou encore les locataires.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans ce paysage, les plateformes comme Airbnb s\u2019inscrivent comme l\u2019un des instruments de cette \u00e9conomie d\u2019adaptation. La plateforme permet \u00e0 certains m\u00e9nages de voyager plus souvent, parfois \u00e0 moindre co\u00fbt et avec davantage de souplesse que l\u2019h\u00f4tellerie traditionnelle. Mais cette accessibilit\u00e9 accrue n\u2019est pas sans contreparties : tensions sur les march\u00e9s immobiliers, rar\u00e9faction des logements permanents, accentuation des ph\u00e9nom\u00e8nes de gentrification dans certains territoires touristiques.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ainsi, le succ\u00e8s d\u2019Airbnb r\u00e9v\u00e8le une contradiction : il illustre l\u2019aspiration universelle aux vacances, devenues un besoin social fondamental, sinon un \u00ab droit aux vacances \u00bb, mais il met aussi en lumi\u00e8re les fractures sociales et territoriales qui s\u2019opposent \u00e0 sa pleine r\u00e9alisation. La question qui se pose d\u00e9sormais n\u2019est donc plus de savoir si les vacances doivent \u00eatre accessibles \u00e0 tous, mais comment garantir cette accessibilit\u00e9 sans creuser davantage les in\u00e9galit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 existantes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>15. Sur ce sujet, on pourra se reporter aux travaux de Jean Viard, comme Penser les vacances (L\u2019Aube, 1992) ou L\u2019An z\u00e9ro du tourisme. Penser l\u2019avenir apr\u00e8s la Grande Pand\u00e9mie (L\u2019Aube, 2022).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>16. Voir J\u00e9r\u00f4me Fourquet, La Vitalit\u00e9 de \u00ab l\u2019\u00e9conomie de la d\u00e9brouille \u00bb : sympt\u00f4me du d\u00e9sarrimage des cat\u00e9gories populaires et (en mineur) des aspirations \u00e0 une alter-consommation, Fondation Jean-Jaur\u00e8s, 29 f\u00e9vrier 2024.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9tude de l&rsquo;Institut Terram (auteurs, J\u00e9r\u00f4me Fourquet, Sylvain Manternach et Chlo\u00e9 Tegny), \u00a0\u00a0dresse le portrait d&rsquo;une France remodel\u00e9e depuis dix ans par les plateformes de r\u00e9servation de meubl\u00e9s de tourisme dont Airbnb. 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