{"id":9659,"date":"2015-01-30T22:08:02","date_gmt":"2015-01-30T20:08:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/?p=9659"},"modified":"2015-01-30T22:32:05","modified_gmt":"2015-01-30T20:32:05","slug":"chauffage-urbain-des-precisions-du-conseil-constitutionnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/2015\/01\/30\/chauffage-urbain-des-precisions-du-conseil-constitutionnel\/","title":{"rendered":"Chauffage urbain : des pr\u00e9cisions du Conseil constitutionnel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-9661 alignleft\" src=\"http:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/conseilconstitutionnel.jpg\" alt=\"conseil constitutionnel\" width=\"250\" height=\"136\" srcset=\"https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/conseilconstitutionnel.jpg 250w, https:\/\/www.ades-grenoble.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/conseilconstitutionnel-150x82.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/>Les locataires de trois soci\u00e9t\u00e9s d\u2019HLM ont assign\u00e9 leur bailleur en remboursement de charges li\u00e9es au chauffage urbain au motif qu\u2019elles leur avaient \u00e9t\u00e9 ind\u00fbment factur\u00e9es. \u00c0 cette occasion, ils ont soulev\u00e9 trois Questions Prioritaires de Constitutionnalit\u00e9 portant sur l\u2019article L. 442-3 du Code de la Construction et de l\u2019Habitation (CCH).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les requ\u00e9rants mettaient en cause la constitutionnalit\u00e9 de cet article au motif qu\u2019il rompait l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les locataires suivant qu\u2019ils \u00e9taient chauff\u00e9s par le chauffage urbain ou par un autre mode de chauffage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, la loi n\u00b0 2010- 1488 du 7 d\u00e9cembre 2010 portant nouvelle organisation du march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, dite loi \u00ab NOME \u00bb, a modifi\u00e9 le paragraphe I de l\u2019article L. 442- 3 du CCH. Dor\u00e9navant, cette disposition permet au bailleur de r\u00e9percuter sur son locataire l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la d\u00e9pense engag\u00e9e lorsqu\u2019il acquiert la fourniture d\u2019\u00e9nergie aupr\u00e8s d\u2019un prestataire ext\u00e9rieur distribuant un chauffage en r\u00e9seau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Le Conseil constitutionnel a jug\u00e9 le 23 janvier 2015, que le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 n\u2019impose pas une r\u00e8gle unique pour le r\u00e9gime des charges r\u00e9cup\u00e9rables applicable aux diff\u00e9rents modes de chauffage d\u2019un immeuble d\u2019habitation. La diff\u00e9rence de traitement entre les locataires repose sur un motif d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral qui ressortait clairement des travaux parlementaires : la promotion de l\u2019usage des \u00e9nergies de r\u00e9seau dans un but de protection de l\u2019environnement. Dans sa d\u00e9cision n\u00b0 2013-666 DC du 11 avril 2013, le Conseil constitutionnel avait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0, en mati\u00e8re d\u2019\u00e9galit\u00e9 devant les charges publiques, reconnu une sp\u00e9cificit\u00e9 aux \u00e9nergies de r\u00e9seau permettant un traitement diff\u00e9rent. Le Conseil constitutionnel a donc \u00e9cart\u00e9 le grief tir\u00e9 de la violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Une pr\u00e9cision int\u00e9ressante sur la libert\u00e9 ou non pour le bailleur de changer le mode de chauffage.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir longtemps d\u00e9ni\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 contractuelle toute valeur constitutionnelle, le Conseil constitutionnel a progressivement infl\u00e9chi sa jurisprudence. Il a reconnu, d\u2019une part, la libert\u00e9 de contracter ou de ne pas contracter, qui se rattache \u00e0 la libert\u00e9 proclam\u00e9e par l\u2019article 4 de la D\u00e9claration de 1789 et, d\u2019autre part, le droit au maintien des conventions l\u00e9galement conclues qui se rattache aux exigences d\u00e9coulant des articles 4 (libert\u00e9) et 16 (garantie des droits) de la D\u00e9claration de 1789.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les requ\u00e9rants soutenaient que \u00ab le bailleur peut, \u00e0 sa seule initiative et en cours de bail modifier le mode de chauffage et donc de r\u00e9partition des charges, ce qui a d\u2019importantes cons\u00e9quences financi\u00e8res pour le locataire \u00bb. Toutefois, si le mode de chauffage est pr\u00e9vu contractuellement, le bailleur est tenu par le contrat, qu\u2019il ne peut modifier unilat\u00e9ralement sans \u00eatre tenu, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 indemniser le locataire pour le co\u00fbt suppl\u00e9mentaire qui en r\u00e9sulterait. \u00c0 l\u2019inverse, si le mode de chauffage n\u2019est pas pr\u00e9vu par le contrat, le propri\u00e9taire est libre de le modifier, et le mode de calcul des charges sera alors n\u00e9cessairement adapt\u00e9. Les dispositions contest\u00e9es modifient non pas les conventions en cours mais le cadre l\u00e9gal applicable \u00e0 ces conventions. L\u2019application imm\u00e9diate de cette modification ne pouvait \u00eatre analys\u00e9e comme m\u00e9connaissant le droit au maintien des conventions l\u00e9galement form\u00e9es. Ce second grief a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les locataires de trois soci\u00e9t\u00e9s d\u2019HLM ont assign\u00e9 leur bailleur en remboursement de charges li\u00e9es au chauffage urbain au motif qu\u2019elles leur avaient \u00e9t\u00e9 ind\u00fbment factur\u00e9es. \u00c0 cette occasion, ils ont soulev\u00e9 trois Questions Prioritaires de Constitutionnalit\u00e9 portant sur l\u2019article L. 442-3 du Code de la Construction et de l\u2019Habitation (CCH). 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