Encore des expulsions violentes

Publié le 9 décembre 2011

On peut être pour ou contre les actions du collectif « La Patate Chaude », il reste que les méthodes employées par la police de Guéant-Sarkozy sont inadmissibles et devraient être condamnées de la plus nette manière par le maire de Grenoble, les élus et les habitants. Il s’agit ni plus ni moins que d’une politique ouvertement xénophobe.

Voici un récit édifiant de la manière dont sont traités les migrants d’origine rom par la police dans notre Ville.

« Vendredi 2 décembre dans la matinée, un départ de feu accidentel nécessite l’intervention des pompiers dans une maison rue Germain, occupée par des demandeurs d’asile appartenant à la minorité rom de l’ex Yougoslavie. Vers 10h30 les pompiers viennent éteindre le début d’incendie et arrivent rapidement à le maîtriser.

Quelques minutes plus tard, la police nationale arrive. Elle ordonne aux habitants de sortir et de se regrouper devant la maison.

Ils prétendent alors faire un « recensement » et prennent les noms des familles. Vers 14 h 30, des ouvriers arrivent, ainsi qu’un camion « Point P» chargés de parpaings dans le but de murer la maison.

Vers 15 h30, les premiers fourgons de police emmènent les familles à l’Hôtel de Police avec leurs affaires.

Les policiers prétendent leur proposer ensuite un hébergement en hôtel.

Après contrôle de leur situation administrative, les personnes ressortent du commissariat, entre 17 h00 et 20h 00, au compte-gouttes, chacun comptant au fur et à mesure qui de sa famille manque à l’appel.

Les policiers viennent rechercher à l’extérieur une jeune mère de famille qu’ils avaient relâchée, son bébé de moins d’un an dans les bras. Son autre enfant, qui a trois ans, s’accroche à elle en pleurant. Les policiers tentent alors de séparer l’enfant de sa mère mais n’y parviennent pas, grâce à l’intervention de plusieurs personnes. La situation cristallise néanmoins la colère des personnes présentes, qui protestent, abasourdies par cet acharnement.

Vers 20h30, un fourgon sort de l’Hôtel de Police, emmenant au Centre de Rétention Administrative de Lyon-St Exupéry la jeune femme en question et ses deux enfants, sous le regard de son mari qui, lui, a été libéré.

Un père de quatre enfants est aussi emmené sous le regard de sa femme et de ses enfants.

Un jeune homme enfin fait partie du convoi. Ses parents et son frère le regardent partir en larmes.

Le Conseil Général, appelé à de nombreuses reprises par des militants de la patate chaude répète qu’un hébergement d’urgence ouvrira lundi sans proposer d’aide. Le CCAS consent à financer deux chambres d’hôtel pour deux familles ayant des enfants en bas âge, laissant le soin aux familles de s’y rendre seules avec leurs bagages et laissant donc le soin aux militants présents de les emmener dans leur propre véhicule.

Dans la soirée, une partie des familles, ne sachant pas où dormir et faire dormir leurs enfants, prend la décision de se rendre à Fontaine, au Drac Ouest désaffecté, où ils pensent poser leur affaires et se reposer pour la nuit, à l’abri de la pluie.

Une voiture de police, s’arrête à hauteur des personnes qui allaient attendre le camion de la Croix Rouge, prévenue par le 115 qui apportait à boire et à manger. Ils seront rapidement rejoints par 3 autres voitures de police dont l’une avec des chiens, pour faire sortir les personnes encore à l’intérieur de l’enceinte du Drac Ouest  « pour des raisons de sécurité » disent-ils.

Celles-ci resteront 4 heures à attendre dehors. Ne sachant plus trop quoi faire les policiers font déplacer la capitaine de veille. Celle-ci est prête à ne pas évacuer si un élu de la ville prenait la responsabilité de leur présence. Les élus accompagnés du directeur Pôle Développement Urbain Durable de la ville de Fontaine, ont refusé cela, tout autant que de trouver une solution d’hébergement au moins pour la nuit, argumentant que c’était du ressort du CCAS de Grenoble, puisque la rue Germain en dépend, et non de celui de Fontaine.

A 0h30, les policiers exigent des familles qu’elles reprennent le dernier tramway en direction de Grenoble. La police suggère aux familles de se rendre au souterrain de la gare, et un policier informe le conducteur du tramway de cette décision unilatérale.

Les familles se rendent finalement dans une maison vide où certains anciens habitants de la rue Germain se sont déjà réfugiés, et tous s’y entassent, préférant ça plutôt que dormir dehors. Les lieux ne sont pas immenses, mais ils accueillent alors environ la moitié des anciens habitants de la maison de la rue Germain, soit une soixantaine de personnes. Samedi 3 décembre en fin d’après-midi, la police pénètre dans la maison, et sans raison apparente, ils aspergent les lieux de gaz lacrymogène.”

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