La redistribution diminue de près d’un tiers le taux de pauvreté

Publié le 24 avril 2026

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), met à jour une pluralité de données portant sur la pauvreté avant et après redistribution, le niveau de vie et la composition du revenu des ménages. Ce jeu de données comprend des séries longues de 2012 à 2023 ainsi qu’une actualisation des tableaux des fiches sur la pauvreté et le revenu du panorama de la Drees « Minima sociaux et prestations de solidarité ». Il repose sur l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS) de l’Insee.

Les prestations de solidarité représentent 36 % du revenu disponible des ménages pauvres

En 2023, en France métropolitaine, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec un niveau de vie inférieur à 1 288 euros par mois. Cela correspond à un revenu disponible inférieur à 1 288 euros par mois pour une personne seule et inférieur à 2 704 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Les 40 % de personnes au niveau de vie le plus faible, dites « revenus modestes », ont un niveau de vie inférieur à 1 919 euros par mois.

Les prestations de solidarité représentent au total 36 % du revenu disponible des ménages pauvres : 14 % de minima sociaux, 10 % de prestations familiales, 9 % d’aides au logement, 3 % de prime d’activité et moins de 1 % de contrat d’engagement jeune.

La part des prestations de solidarité dans le revenu disponible diminue fortement avec le niveau de vie, représentant 11 % pour les ménages modestes non pauvres et 2 % pour les ménages au-delà du 4e décile de niveau de vie. À l’inverse, les revenus d’activité et du patrimoine augmentent avec le niveau de vie : ils représentent respectivement 36 % et 4 % du revenu disponible des ménages pauvres, 56 % et 4 % de celui des ménages modestes non pauvres, et 77 % et 14 % pour les ménages au-delà du 4e décile. 

La redistribution diminue de 11 points le taux de pauvreté des enfants et des jeunes de moins de 20 ans

Jointes à la fiscalité directe, les prestations de solidarité diminuent le taux de pauvreté de 6,3 points en 2023 : 15,4 % de la population métropolitaine est pauvre, contre 21,7 % (soit 13,8 millions de personnes) qui le seraient si ces prestations et les impôts directs n’existaient pas. Cela représente une baisse de près d’un tiers du nombre de personnes en situation de pauvreté.

L’effet de la redistribution sur le taux de pauvreté est particulièrement marqué pour les familles monoparentales (-21 points pour celles avec au moins 2 enfants), pour les familles nombreuses (-11 points pour les couples avec 3 enfants), pour les enfants et les jeunes de moins de 20 ans (-11 points), pour les personnes handicapées de 15 ans ou plus (-12 points), pour les chômeurs (-10 points) et pour les adultes inactifs non retraités (-13 points).

Toutefois, ces groupes ayant avant redistribution des taux de pauvreté très nettement supérieurs à la moyenne. Ils ont tous après redistribution, un taux de pauvreté supérieur à celui de l’ensemble de la population. Ainsi, 19 % des membres des couples avec 3 enfants, 22 % des moins de 20 ans et 26 % des personnes handicapées de 15 ans ou plus, sont pauvres après redistribution. La situation est encore plus dégradée pour les membres des familles monoparentales ayant au moins 2 enfants (41 % de personnes pauvres), les chômeurs (36 %) et les adultes inactifs non retraités (37 %).

Moins concernés que la moyenne par la pauvreté avant redistribution, les retraités et les personnes en emploi salarié le sont toujours nettement moins que les autres après redistribution, avec des taux de pauvreté respectivement de 11 % et 7 % en 2023.

La redistribution réduit nettement les inégalités

Jointes à la fiscalité directe, les prestations de solidarité contribuent à réduire fortement les inégalités de niveau de vie entre les plus riches et les plus pauvres. Ainsi, en 2023, les 20 % des individus les plus aisés ont un niveau de vie en moyenne 4,5 fois plus élevé que les 20 % les plus modestes, mais ce rapport serait de 8,3 sans les transferts sociaux et fiscaux. De même, le rapport entre le 9e décile de niveau de vie et le 1er est de 3,5, mais serait de 5,9 sans la redistribution.

La redistribution diminue de près d’un tiers le taux de pauvreté | Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques

Le commentaires sont fermés.


ADES  - Le Rouge et le Vert
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.