Politique politicienne

Publié le 3 mai 2019

Lors de sa conférence de presse, le Président de la République a fait beaucoup de déclarations générales mais très peu de proposition précises. Rien sur la grande pauvreté et quasiment rien pour la transition écologique et énergétique. Depuis le début du mandat, les personnes les plus pauvres ont été maltraitées puisqu’elles ne payent ni de taxe d’habitation ni d’impôts sur les revenus et donc leur pouvoir d’achat très faible n’est pas revalorisé. Et à l’autre bout les plus riches n’auront pas d’efforts à faire. Mais le plus inquiétant c’est sa déclaration sur les impôts : « Il me semble que la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice fiscale n’est pas d’augmenter les impôts de tel ou tel, mais plutôt de baisser les impôts pour un maximum de nos concitoyens, en particulier pour celles et ceux qui travaillent ». Désolé, mais notre Constitution (dont il devrait être le gardien) ne dit pas celamais « pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » Donc les impôts qui couvrent une partie des dépenses de l’administration devraient être calculés, notamment en fonction du reste à vivre des ménages (différences entre revenu et dépenses incompressibles, logement, nourriture, transports, santé), ce qui n’est pas du tout le cas. Donc « la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice fiscale » est de revoir l’ensemble du système fiscal pour le rendre conforme à la Constitution et prévoir un impôt négatif pour les ménages qui ont un reste à vivre négatif (inférieur à une valeur définie suivant la composition du ménage). La baisse des impôts proposée n’est que démagogie surtout à partir du moment où l’ISF n’est pas rétabli… Encore de la politique politicienne.


Décidemment la tête de liste en marche aux européennes fait très fort. Après sa perte de mémoire sur sa participation à une liste où apparaissait l’extrême droite lors de sa scolarité à Science Po Paris, elle dérape le 29 avril 2019 sur France Culture comme l’indique « Marianne » en rappelant son arrivée à la direction de l’ENA : « Disons les choses : je n’ai pas été accueillie avec des fleurs, en n’étant pas ancienne de l’ENA, femme de moins de cinquante ans, j’avais l’impression d’être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l’ENA“. » Les choses sont effectivement dites ! Marianne rappelle que « “Romanichelle”, donc, rien de moins. Un terme péjoratif désignant un membre de la communauté tsigane ou rom… Ballot, pour une candidate qui, dans la même émission, dénonce par ailleurs “la montée des nationalismes en Europe”, prenant en exemple le “recul des libertés” et la montée de l’antisémitisme dans la Hongrie de Victor Orban. Or, devinez qui fait aussi l’objet d’une stigmatisation dans ce même pays ? La communauté rom ! ». Et quelques jours auparavant dans sa publication”L’Europe en BD“, elle banalise l’homophobie en faisant dire à un enfant : “Moi, je suis Polonais. Eh bien, deux garçons qui se marient, en Pologne, même pas en rêve !“. On savait que Macron voulait chasser à droite, il a bien choisi sa candidate.


Une association grenobloise s’offusque de se voir poursuivie pour régler une dette de 167 euros par le trésor public et crie que « pour la mairie, un opposant est un ennemi ». Cette association a été sanctionnée par le tribunal administratif et doit payer à la Ville une somme de 617 €. Mais l’association n’a remboursé que 500 €, et donc l’administration du trésor lui réclame les 167 € qui manquent. L’association qui se déclare opposante à la mairie oublie qu’il y a dans notre droit républicain la règle de la séparation de l’ordonnateur (l’exécutif municipal) et du comptable public : c’est le trésorier public qui, une fois qu’il a reçu l’acte judiciaire, doit prendre toutes les mesures pour récupérer la somme due à la caisse publique et la mairie, l’exécutif et les services municipaux, n’ont plus rien à y voir. Utiliser une dette de 167 euros à la caisse publique décidée par le tribunal administratif pour faire le buzz ne fait pas très… associé au service public.

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