
Lundi 26 janvier, Raymond Avrillier, maire adjoint honoraire de Grenoble, a écrit au vice-président du Conseil d’Etat pour mettre en cause les propos tenus par Arno Klarsfeld lors d’une émission sur CNews samedi 24 janvier ; celui-ci a explicitement suggéré la mise en place de grandes rafles sur le territoire national et que son objectif était « d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière… C’est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF… Regardez ce que fait Trump aux Etats-Unis, il le fait, c’est-à-dire il a décidé une politique, une politique dure d’envoyer des forces qui sont dures aussi et qui commettent parfois des erreurs… »
C’est en outre d’une très grande violence d’expression.
A. Klarsfeld est membre du Conseil d’Etat depuis 2010, nommé au tour extérieur par Sarkozy.
Raymond Avrillier a dénoncé ces propos discriminatoires et a estimé qu’Arno Klarsfeld n’a pas respecté la charte de déontologie de la juridiction administrative, à commencer par le devoir de réserve dans l’expression publique. Il rajoute que « par ailleurs, l’intéressé ayant été membre rapporteur ou membre de formations de jugement dans de nombreux dossiers soumis à la décision du Conseil d’État, dont de nombreux dossiers portant sur les droits et libertés de personnes étrangères, il est donc demandé d’étudier les conséquences de ses déclarations publiques quant à la régularité des décisions dont il est le rapporteur ou auxquelles il participe. »
Le vice-président du conseil d’Etat a immédiatement réagit, mardi 27 janvier, en saisissant la commission supérieure de l’institution pour manquement à la déontologie. Arno Klarsfeld encourt une sanction qui peut aller de l’avertissement jusqu’à la radiation, en passant par le blâme et la suspension temporaire du Conseil d’Etat.
Mots-clefs : justice administrative
