Décès de Maurice Fournier

Publié le 30 juin 2012

“C’est d’ailleurs là le rôle des élus, d’être à l’écoute des habitants”

C’est un pilier des Unions de Quartier et du CLUQ qui disparait. M. Fournier a été durant 15 ans le président de l’Union de quartier Arago-Jean-Macé, Martyrs. Pour lui rendre hommage, nous reproduisons l’interview qu’il nous avait donné en mars 2009 où il exposait sa vision de l’avenir de son quartier :

“IL Y A DANS CE QUARTIER UNE DYNAMIQUE PARTICULIÈRE QUE L’ON NE RETROUVE PAS AILLEURS. COMMENT L’EXPLIQUEZ-VOUS MALGRÉ LES MUTATIONS ACTUELLES ?

MAURICE FOURNIER : Ce quartier s’appuie sur une base solide de cité ouvrière, avec un esprit de solidarité naturelle, où les gens se connaissent bien et puis les projets du type rocade Nord, Giant… ont interpellé d’autres habitants qui se sont sentis directement concernés comme ceux de la cité des Martyrs qui s’interrogent sur le devenir de leurs logements. Quand on pense rocade Nord, avec un viaduc qui enjambe un quartier à près de 15 m de haut, ça mobilise également d’autres personnes et, du coup, on assiste à un renouvellement de l’équipe de l’UQ dont la majorité des membres aujourd’hui sont en activité professionnelle. Une base ancienne solide plus un vrai renouvellement et tout le monde se passionne pour la vie du quartier.

VOTRE PROJET, DONC CELUI DES HABITANTS, CONSTITUE ENCORE UNE PARTICULARITÉ PUISQUE VOUS PARLEZ « D’ÉCO-QUARTIER ».

M. F : Oui effectivement, à l’image de ce qui s’est fait à Bedzed en Grande-Bretagne ou à Fribourg en Allemagne. Nous refusons de faire de ce quartier un dortoir. Son isolement que l’on peut déplorer, peut être une grande chance avec une autonomie, disons villageoise, et une grande ouverture pour accueillir la ville, par une zone de loisirs, des équipements sportifs.

Nous disposons déjà d’un parc de skate, d’un terrain de boules, d’un court de tennis, d’une salle polyvalente en instance de reconstruction. Nous devons créer une place centrale qui permettra aux gens de se retrouver, et à partir de cette place, des dessertes locales à mobilités douces, des zones vertes, des immeubles économes en énergie, des commerces à vocation écologique, un marché de produits issus de l’agriculture biologique et de proximité. Il faut absolument qu’il y ait des activités artisanales, des emplois, pour que la vie existe en journée.

Ce quartier doit être apaisé mais actif. Il est un maillon entre la ville et la presqu’île scientifique, la gare est également un atout malgré la frontière de la voie ferrée.

VOTRE PROJET EST-IL COMPATIBLE AVEC CEUX DE LA MAIRIE ? ET S’IL Y AVAIT CONTRADICTION COMMENT ENVISAGEZ-VOUS LA SUITE ?

M. F. : Tous ces grands projets, rocade, Giant… sont à échéances relativement lointaines puisque, au mieux, les perspectives sont à 2015-2020. Or, dans notre quartier nous avons pratiquement 50% de terrains en friche et les échéances de reconstruction doivent, elles, être vues à deux ans. C’est très proche, voilà pourquoi il nous a paru urgent d’avancer des propositions. Reste à savoir si elles peuvent s’harmoniser avec notamment le projet Vasconi d’urbanisation de la presqu’île.

… Il faut échanger, discuter, faire valoir nos idées. Je pense que la ville en tant que porteur de la préoccupation des habitants peut fournir des éléments de médiation ou de réflexion entre les deux projets s’il y a opposition. Mais vous savez, nous ne sommes pas très forts nous les unions de quartiers, nous vivons avec nos rêves et essayons d’obtenir le maximum d’écoute des uns et des autres. C’est d’ailleurs là le rôle des élus, d’être à l’écoute des habitants. Et puis de tels projets dépassent largement le cadre de la ville, c’est un projet d’agglomération voire régional, donc il faut trouver les interlocuteurs. De toute façon le court terme doit être en adéquation avec le long et moyen terme, on ne peut pas faire quelque chose de totalement étranger.”

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