Pétition : Non au retour du projet d’autoroute « A51 » !

Publié le 30 mai 2013

La liste des Grands Projets Inutiles Imposés s’agrandira-t-elle avec le retour du projet de l’autoroute A51 pour relier Grenoble à Sisteron ? Actuellement une commission « Mobilité 21 » est chargée par le gouvernement de réviser, à la baisse, le Schéma National des Infrastructures de Transports (SNIT), pour les années à venir. Seuls les projets figurant au sein de ce SNIT pourront être réalisés. Des élus dont M. André Vallini, président du Conseil Général de l’Isère, et Mme Karine Berger, députée des Hautes Alpes, mettent tout en œuvre, avec le soutien de groupes économiques et politiques, pour que le projet d’autoroute A51, rejeté lors du Grenelle de l’environnement, y soit introduit.

Il faut s’y opposer en signant la pétition sur internet.

Rappel de la situation :

Du côté de Grenoble : son agglomération connaît de graves problèmes d’encombrements automobiles et de pollution atmosphérique. Elle est desservie par plusieurs autoroutes, dont au sud le tronçon déjà réalisé de l’A51.

Du côté de Gap : des élus revendiquent d’être intégrés dans un axe autoroutier avec pour argument l’enclavement de leur ville.

Entre les deux : des zones de montagne avec des richesses agricoles et des espaces naturels remarquables (entre le Parc National des Ecrins et le Parc Régional du Vercors) : Trièves, Beaumont, Champsaur, Dévoluy, Buech, traversées par deux grandes voies routières (RD1075 et RN85) et la voie ferrée Grenoble – Veynes – Gap.

La partie existante de l’A51 a été déclarée “tronçon autonome” par le Conseil d’Etat. Elle ne peut donc pas justifier en soi la poursuite de l’autoroute.

Nous remettons en cause ce projet sur tous les plans :

  • Sur le plan financier, ce projet mènerait à une impasse. Ce dernier tronçon serait très coûteux à réaliser (2, 5 milliards estimés) en raison du terrain (nombreux viaducs et tunnels).
  • Sur le plan de sa rentabilité : cette autoroute drainerait une faible fréquentation :
    • long trajet dans une zone de montagne peu peuplée.
    • peu attractif pour les locaux et les touristes, au vu du péage qui serait très cher.
    • peu attractif pour les camions, ce parcours n’étant pas concurrentiel avec celui de la vallée du Rhône.
  • Sur le plan juridique et économique : la faible fréquentation d’un tronçon très cher mettrait rapidement en faillite l’exploitant privé, qui reporterait le financement vers le public (collectivités territoriales, Etat?) au détriment des contribuables.
  • Sur le plan de l’environnement : à l’heure où les extensions urbaines artificialisent les espaces naturels et agricoles au rythme d’un département tous les 7 ans, ce serait un pas de plus dans leur destruction, alors même que l’Europe a mis la France sur la sellette par rapport à leur protection. Ce serait aussi une atteinte irrémédiable à l’atout touristique des régions traversées, et aggraverait les problèmes de pollution des vallées alpines.
  • Sur le plan énergétique : à l’heure du débat sur la transition énergétique et de l’engagement à réduire nos émissions de Gaz à Effet de Serre, les solutions se tournent vers l’aménagement des axes routiers existants et l’amélioration des services de transports en commun (train, autocars).
  • Sur le plan de l’emploi : à l’heure où le chômage bat des records, il y a mieux à faire, notamment dans les aménagements précités réalisables plus rapidement, et dans la rénovation et l’isolation thermique des bâtiments, créatrices d’emplois locaux.

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