Projet Neyrpic, le commissaire enquêteur prend son temps

Publié le 26 janvier 2018

L’enquête publique sur le projet de centre commercial Neyrpic à Saint Martin d’Hères s’est terminée le 22 décembre 2017 à 19 h. Normalement, le commissaire enquêteur aurait dû rendre son rapport et ses conclusions dans un délai de 30 jours à compter de la fin de l’enquête soit le 22 janvier 2018. La loi lui permet de demander un délai supplémentaire au maire de Saint Martin d’Hères, après avis du responsable du projet (article L123-15 du code de l’environnement), ce qu’il a dû faire, mais rien n’est indiqué sur le site de la mairie de Saint Martin d’Hères.

Profitons de cette actualité pour faire un rapide rappel historique sur ce qu’a été NEYRPIC avant d’être une friche industrielle. Le nom de Neyrpic, emblème de la Houille Blanche, symbolisait un fleuron de l’industrie grenobloise.

L’entreprise Neyrpic, fabriquant de grands équipements hydrauliques, se crée dans les années 1860. Fondée par André Neyret et Casimir Brenier sous le nom Neyret-Beylier, c’est une entreprise grenobloise de fabrication de téléphériques qui va s’orienter peu à peu vers les grands équipements hydrauliques, en associant des technologies françaises et suisses. En effet en 1917, sous l’impulsion des pouvoirs publics, se crée une filiale commune pour les transferts de technologie entre les entreprises Neyret-Beylier et Piccard-Pictet (Industriel suisse producteur de pompes et de turbines hydrauliques).

Entre 1919 et 1925, l’entreprise équipe les deux tiers de la puissance électrique française. Elle s’affirme après 1945 comme le leader mondial de l’équipement hydroélectrique, employant plus de 5000 personnes au début des années 1960. En 1962, les “Ateliers Neyret-Beylier et Piccard-Pictet” prennent le nom de Neyrpic, par contraction de leurs quatre noms. En 1967 l’entreprise est revendue à Alstom, aujourd’hui spoliée par Général Electric après leur fusion de 2015.

En attendant de pouvoir analyser le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur, il est intéressant de prendre connaissance de l’étude de Procos (Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé) qui confirme l’absence de dynamisme du commerce spécialisé durant l’année 2017 au niveau national. Cette situation confirme la fragilité de l’ensemble de commerces, c’est pourquoi le projet Neyrpic devrait être revu, sinon il va entrainer des déséquilibres dans l’ensemble de l’agglomération notamment dans les zones proches de l’aire de chalandise du projet. Souhaitons que le commissaire enquêteur qui prend son temps, examine cela de manière approfondie et critique.

Dans son communiqué de presse du 18 janvier 2018, « Procos fait le bilan de l’activité du commerce spécialisé en 2017 et annonce la création de l’Observatoire de la fréquentation des commerces, en partenariat avec Stackr.

C’est l’occasion de faire le point sur une année au ralenti en matière de chiffres d’affaires, de fréquentation et de création de nouvelles surfaces commerciales.

L’année 2017 se termine sur une activité légèrement négative (- 0,2 % par rapport à 2016) à surface comparable. Les contreperformances du mois d’octobre (- 12,7 %) n’ont pas permis, malgré un regain d’activité en novembre, de terminer l’année en positif d’autant que le mois de décembre a, à nouveau, accusé une baisse de performance (- 1,4 %). L’année 2017 est donc stable par rapport à 2016 (respectivement – 0,2 % et + 0,2 %).

Les centres commerciaux et les moyennes surfaces de périphérie résistent mieux (entre – 0,3 % et + 0,2 %) alors que les rues de centres-villes enregistrent une baisse d’activité à -1,2 %. »

Pour lire le communiqué de Procos, cliquez ici.

 

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