Un bel exemple d’escroquerie intellectuelle, l’article de The Lancet sur l’hydroxychloroquine

Publié le 12 juin 2020

Le 22 mai 2020, la revue scientifique internationale The Lancet publiait une étude suggérant une inefficacité et même une nocivité de l’hydroxychloroquine pour soigner les malades du coronavirus.

Immédiatement les médias s’en sont emparés et malgré des réactions et interrogations de certains scientifiques sur la qualité de l’étude qui leur paraissait très discutable, les responsables des services de santé et l’OMS ont bloqué les essais en cours sur les effets de ce médicament sur le Covid-19.

Dès le 23 mai, face à la pression médiatique, le ministre de la Santé, Olivier Véran, annonce qu’il demande un avis sur ce sujet au HCSP (Haut conseil en santé publique). Ce dernier répond le lendemain s’appuyant notamment sur l’article de The Lancet en déclarant: « Le groupe de travail a conclu de manière collégiale à l’absence d’étude clinique suffisamment robuste démontrant l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le Covid-19 quelle que soit la gravité de l’infection… Le HCSP recommande : de ne pas utiliser l’hydroxychloroquine (seule ou associée à un macrolide) dans le traitement du Covid-19 ».

Heureusement des critiques de scientifiques concernant l’article de The Lancet se développent obligeant certains des auteurs de l’article à retirer leur signature contraignant l’éditeur à retirer la publication. Il s’avère au fur et à mesure des critiques adressées à l’article qu’il s’agit d’une manipulation qui profite à des intérêts privés.

Par exemple dès le 26 mai Laurent Mucchielli sociologue, directeur de recherches au CNRS, écrit un article sur Médiapart : « Fin de partie » pour l’hydroxychloroquine ? Une escroquerie intellectuelle : Durant le week-end de l’Ascension, la quasi-totalité des journalistes se sont jetés sur un article de la revue The Lancet, pour lui faire dire ce que les auteurs de cette étude espéraient : l’hydroxychloroquine est un poison. Traduction en langage People dominant : le prof. Raoult est un dangereux charlatan. Ce traitement médiatique est honteux. Et cette étude est une escroquerie intellectuelle. » et il dénonce la dissimulation de conflits d’intérêts des auteurs de l’étude : “Nous ne connaissons pas ses auteurs. Mais nous pouvons néanmoins, faire deux derniers constats qui éclairent notre compréhension de cette affaire. D’abord, la dissimulation d’une partie de leurs conflits d’intérêt potentiels par les auteurs de l’article. Ensuite, la triste banalité de ces filouteries, manipulations de données et autres fraudes dans la recherche médicale contemporaine.”

Concernant le premier point, il s’avère que les quatre auteurs de l’étude du Lancet s’efforcent de dissimuler des liens avec le laboratoire américain Gilead, principal adversaire de l’IHU de Marseille car ce dernier concurrence directement son très cher médicament (le Remdesivir).

Concernant le second point, il suffit de lire les propos édifiants de Richard Horton dans le Lancet en avril 2015 car il n’est autre que le propre rédacteur en chef de cette revue depuis 25 ans. Son diagnostic est que le corps scientifique médical est gravement malade : « une grande partie de la littérature scientifique, peut-être la moitié, est peut-être tout simplement fausse. Affligée par des études portant sur des échantillons de petite taille, des effets minuscules, des analyses exploratoires non valables et des conflits d’intérêts flagrants, ainsi que par une obsession à poursuivre des tendances à la mode d’importance douteuse, la science a pris un virage vers l’obscurité… »

Et L. Mucchielli de conclure son article : “Il est plus qu’urgent d’en finir avec la sacralisation de la Science derrière laquelle trop de personnes dissimulent tant bien que mal leurs intérêts ou leurs opinions personnelles, ne se donnant jamais la peine de poser la question toute simple qui doit (malheureusement) initier de nos jours toute discussion sérieuse sur une publication médicale : à qui profite le résultat annoncé ?”

Pour lire un article qui fait un point détaillé de cette escroquerie scientifique qui laissera des traces voir ici.

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