
Les conséquences de la dissolution décidée en 2024 par le Président de la République ne sont toujours pas terminées. Avant même que Macron nomme le 4ème Premier ministre après la dissolution, tout montre que son mandat se termine politiquement vu qu’il est maintenant attaqué dans son propre camp. Le sauvetage opéré par Lecornu va-t-il fonctionner ?
Emmanuel Macron a systématiquement nié la réalité politique du pays depuis son deuxième mandat où il a été réélu pour faire barrage à l’extrême droite, sans apporter un contenu politique précis, mais avec un engagement clair qu’il prenait en compte la diversité des électrices et électeurs qui l’ont élu.
Mais cet engagement a vite été oublié et il a poursuivi son idée de fracturer les oppositions en pensant que la gauche qui se déchirait serait laminée en cas d’élections législatives, d’où la dissolution.
Heureusement la gauche, toute la gauche, a eu un réflexe salutaire en créant le Nouveau Front Populaire qui a eu un grand succès puisqu’avec une très forte participation, l’ensemble des élu-es du NFP était le groupe le plus important de l’Assemblée nationale. Encore une fois l’unité de la gauche, toute la gauche, est toujours très mobilisatrice. Cette réalité devrait être prise en compte par tous les partis et surtout les candidat-es pour l’élection présidentielle de 2027, ce qui n’est plus le cas.
Au lieu de reconnaitre cette réalité politique Macron en prenant tout son temps a fait appel à Michel Barnier comme Premier ministre, actant la dérive à droite ; échec. Il se fait imposer François Bayrou dont le passage ne restera pas dans les mémoires vu sa préparation budgétaire qui répétait les mantras de Macron : politique de l’offre et surtout ne pas toucher aux plus riches. Enfin Sébastien Lecornu qui a fait un passage ultra rapide, mais qui eu l’avantage de montrer que le roi Macron était nu et attaqué dans son propre camp. Il restait comme solutions : soit la démission du Président, soit une nouvelle dissolution qui risquait de ne rien changer fondamentalement, où l’acceptation d’une cohabitation.
La mission confiée à S. Lecornu pour trouver des solutions à la crise en 48 heures chrono, s’est fondée sur une réalité très ténue qu’il pourrait y avoir une majorité à l’Assemblée nationale pour ne pas censurer un gouvernement, si certaines décisions étaient prises comme la suspension de l’application de la loi sur les retraites et la nécessité d’une certaine justice fiscale, c’est-à-dire que le président accepterait de revenir sur ses fondamentaux politiques. Est-ce vraiment crédible ?
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