Découverte d’un gibet du XVIe siècle à Grenoble !

Publié le 19 décembre 2025

Une découverte rarissime à Grenoble : des archéologues de l’ Inrap ont mis à jour sous l’Esplanade, actuellement en travaux, un gibet du 16e siècle, qui était destiné à exposer les cadavres des condamnés pour crime de lèse-majesté. L’édifice était constitué de 8 piliers de près de 5 m de haut et se trouvait à proximité du port de la Roche à l’entrée de la ville. Des sources textuelles médiévales parlent d’un autre gibet existant à une autre entrée de la ville dans le secteur de la source St-Jean.
Plusieurs des condamnés sont déjà connus grâce aux archives judiciaires. Ceux qui ont été exposés étaient essentiellement des rebelles à l’autorité du roi – notamment des protestants, comme Charles Du Puy Montbrun chef des huguenots du Dauphiné jusqu’à sa décapitation (place aux Herbes) et son exhibition à ce gibet en 1575.

Sur ordre du roi, son procès est même rayé des registres du greffe deux ans après sa mort. La paix de 1576 le réhabilita mais toute trace en fut totalement effacée par arrêt du même parlement du 17 février 1648. La damnatio memoriae infligée aux rebelles huguenots s’est ainsi accompagnée d’effacement de l’histoire de la ville du gibet du port de la Roche ! C’était sans compter sur les archéologues et des archivistes du 21e siècle qui ont retrouvé les plans de la construction, ainsi que les devis du chantier.

« Inhumer de cette manière un supplicié revenait à prolonger dans la mort la peine prononcée de son vivant », explique l’archéologue Nicolas Minvielle-Larousse.

Contrairement à une idée tenace, la répression de la religion réformée fut impitoyable à Grenoble, des condamnations à mort seront encore prononcées en 1766 contre les pasteurs Rozan et Berenger (par contumace). En raison de l’interdiction « de faire aucun exercice de religion autre que de ladite religion catholique et de s’assembler pour cet effet en aucun lieu & sous quelque prétexte que ce puisse être » sous peine de galères pour les hommes, d’enfermement pour les femmes et de mort pour les prédicants et pasteurs. Une terreur qui dura donc jusqu’à la veille de la Révolution !

Dès lors il n’est pas surprenant que des personnages historiques comme Ferdinand Buisson, grande figure du protestantisme libéral (exilé à en Suisse sous le 2nd Empire et qui fut en lien avec Aristide Rey et Isaure Perier membres de la Ière Internationale) aient pris une part active à la rédaction de la loi de Séparation du 9 décembre 1905, loi garantissant la liberté de conscience et de culte.

Voir sur le site de l’Inrap.

Mots-clefs : , ,

Le commentaires sont fermés.


ADES  - Le Rouge et le Vert
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.