Moins de brun, plus de vert : la nécessaire redirection des dépenses locales

Publié le 20 février 2026

Une nouvelle étude d’I4CE (Institut de l’Économie pour le Climat) du 13 février 2026. Les collectivités locales jouent un rôle central dans la réalisation de la transition bas-carbone. Porteuses des deux tiers de l’investissement public civil, elles interviennent dans des secteurs cruciaux qui structurent durablement les trajectoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

D’après le Panorama des financements climat des collectivités locales (I4CE, La Banque Postale, 2024), les collectivités devraient investir près de 19 milliards d’euros par an à horizon 2030 pour atteindre les objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), soit plus du double des investissements climat qu’elles réalisent actuellement. Pour financer cet effort, les collectivités disposent de quatre principaux leviers budgétaires : le recours à la dette, la mobilisation de leurs ressources propres à travers la trésorerie et la fiscalité locale, les dotations et subventions de l’État et enfin la redirection de leurs dépenses. Ce dernier levier renvoie à la capacité qu’auraient les collectivités à dépenser plus pour la transition énergétique par en diminuant d’autres dépenses qu’elles auraient conduites si elles n’en avaient pas conscience, ou qu’elles conduisaient par le passé.

Dans un contexte marqué par un renforcement de la contribution des collectivités au redressement de finances publiques et le resserrement des dotations en provenance de l’État, le levier de la redirection apparaît comme un levier de financement essentiel pour accélérer les investissements climat des collectivités.

La publication analyse de manière approfondie le potentiel de la redirection des dépenses défavorables comme levier de financement de la transition bas-carbone. Elle poursuit trois objectifs :

  • réaliser une estimation quantitative des dépenses défavorables au climat des collectivités locales et proposer une trajectoire prospective à horizon 2035 ;
  • analyser les dynamiques de redirection à l’œuvre en étudiant les processus d’arbitrage et de décision des collectivités, sur la base d’une enquête qualitative ;
  • identifier les freins et leviers susceptibles d’accélérer la redirection.

Que signifie « la redirection » dans les travaux d’I4CE ? La redirection des dépenses défavorables correspond à deux mouvements concomitants au sein des budgets des collectivités : d’un côté, la réduction des dépenses défavorables à l’atténuation du changement climatique et, de l’autre, l’augmentation des investissements qui y sont favorables. Cette redirection repose sur trois mécanismes distincts, qui peuvent être mobilisés simultanément ou non par les collectivités :

  • la priorisation d’investissements climat dans les arbitrages budgétaires ;
  • le renoncement à certains projets jugés incompatibles avec les objectifs climatiques ;
  • la substitution progressive d’équipements carbonés par des alternatives décarbonées lorsque celles-ci sont disponibles.

Les collectivités locales ont déjà amorcé une dynamique de redirection des dépenses défavorables. Les dépenses d’investissement défavorables au climat des collectivités sont estimées à 5,6 milliards d’euros en 2024, soit une baisse de 25 % en volume depuis 2014. La diminution est d’autant plus forte en proportion des dépenses d’équipement totales des collectivités, toutes politiques confondues. Les dépenses défavorables liées aux achats de biens ont diminué de 19 % notamment grâce à la diminution des acquisitions de bus, cars et véhicules légers thermiques.

À l’inverse, certaines dépenses « brunes » demeurent dynamiques, comme l’acquisition de véhicules utilitaires thermiques ou la construction neuve artificialisante. Par ailleurs, les collectivités locales ont contenu de manière significative l’augmentation de leurs dépenses énergétiques fossiles malgré la hausse des prix grâce à des actions de réduction des consommations. Sur la même période, les investissements des collectivités en faveur du climat ont quant à eux progressé de 20 % en volume pour atteindre près de 8 milliards d’euros en 2024.

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