
C’est bien 54 milliards d’économies que propose le projet de loi de finances 2027 déposé au conseil des ministres du 1er octobre 2026. Au moment où la machine économique française se grippe, le gouvernement amplifie une récession. Les revenus des ménages baissent, la consommation, qui est un des moteurs de l’économie, stagne ou baisse, tout est fait pour accélérer la crise. Comme l’indique le baromètre du secours populaire, les indicateurs de précarité témoignent d’une fragilisation croissante des personnes et des familles. En France, un quart de la population (26 %) se déclare en situation de fragilité économique, un chiffre en hausse de pas moins de 6 points en un an.
Les collectivités locales sont sur le front de l’action sociale (départements, CCAS…), leur retirer des moyens c’est contribuer à fragiliser encore plus la société et les services publics sont des remparts contre l’exclusion sociale.
Dans le budget 2027 il aurait fallu trouver des recettes auprès de celles et ceux qui peuvent payer afin d’avoir un budget de relance économique qui n’augmente pas la dette.
L’attaque contre les collectivités locales qui ont la responsabilité première d’investir fortement, va accélérer la récession. Le projet de budget prévoit des économies forcées de 5,4 milliards d’euros auxquelles s’ajoutent la hausse des cotisations retraites des employeurs territoriaux (1,2 milliards d’euros), d’où une ponction d’environ 7 milliards d’euros.
Le fameux Dilico disparait mais est remplacé par une contribution progressive des collectivités locales à l’effort budgétaire (CPEB) qui se montera à 2,5 milliards qui ne sera pas remboursée (contrairement au Dilico), les communes devant en payer 1,9 milliards d’euros, répartis à 69% sur les communes qui ont les plus grandes ressources… Les remboursements des Dilico antérieurs seront étalés sur 5 ans au lieu de 3 ! Les régions y seront exemptées, mais contribueront à l’effort par divers procédés et s’acquitter de 880 millions d’euros.
Concernant les investissements, le FCTVA (qui rapportait 8,1 milliards d’euros) va comporter deux taux, le taux actuel de 16,4% et un taux réduit de 11,4%. Seules les « dépenses vertes » resteront au taux maximum, le gouvernement estime faire une économie de 2,1 milliards d’euros. Ces baisses de recettes d’investissement entraineront une limitation des investissements ou une augmentation de la dette des collectivités.
