Projet de loi de finances 2027, une présentation en fonctionnement et investissement

Publié le 9 octobre 2026

Pour les élu-es locaux qui sont habitués à construire leurs budgets annuels, la lecture du projet de budget de l’Etat sous la forme des sections de fonctionnement et d’investissement, est un choc terrible.

La loi impose aux collectivités une gestion rigoureuse avec l’obligation d’avoir des budgets à l’équilibre et notamment en fonctionnementetd’avoir une épargne brute positive (différence entre recettes et dépenses) pour pouvoir investir sans trop s’endetter et ainsi rembourser le capital de la dette par des ressources propres et non par de nouveaux emprunts.

Or l’Etat fait tout l’inverse depuis de longues années. Pour 2027, le fonctionnement sera en déficit de plus de 120 milliards d’euros. Alors qu’il devrait yavoir une épargne brute d’environ 200 milliards d’euros pour rembourser les annuités des anciens emprunts !!!

En 2027 l’Etat sera obligé d’emprunter 340 milliards pour rembourser les anciens emprunts (190 milliards), financer le déficit de fonctionnement (120 milliards) et les coûts des investissements (environ 30 milliards).

Voir le tableau ci-après et le document officiel, page 342 du projet de loi de finances et les documents annexés pour 2027

Présentation résumée de la PLF 2027 en sections de fonctionnement et d’investissement (en milliards d’euros) :

Fonctionnement   
Charges514,5Produits392,7
Dépenses fonctionnement courant68Recettes non fiscales16
Personnel162,6Recettes fiscales375,7
Autres charges (interventions)137,1Autres produits1
Reversements sur recettes Europe et collectivités74  
Intérêts de la dette72,9Déficit fonctionnement121,9
    
Investissement   
Emplois342,6Ressources342,6
Déficit fonctionnement121,9  
Dépenses investissement33,8Nouveaux emprunts340
Remboursement emprunts et divers193,4Divers2,6

En conséquence, la dette de l’Etat augmentera en 2027 de 150 milliards (340-190) soit 5% du PIB.

Comparaison avec les budgets des collectivités locales ici.

Le tableau ci-dessous montre comment les collectivités locales dans leur ensemble gèrent correctement leurs budgets et assurent la très grande majorité des investissements publics (78,5 Mds à comparer aux 30 Mds de l’Etat) avec une dette très raisonnable qui représente seulement 80% des recettes de fonctionnement, alors que celle de l’Etat représente presque 10 fois ses recettes de fonctionnement.

L’épargne brute des collectivités représente 15,5% des recettes de fonctionnement.

En conséquence, la dette de l’Etat augmentera en 2027 de 150 milliards (340-190) soit 5% du PIB.

Pour les collectivités locales, la justice financière intervient à partir du moment où la réalisation du budget indique un déficit global de plus de 5 % des recettes de fonctionnement et les élu-es peuvent être alors rendu-es inéligibles s’ils persistent dans une mauvaise gestion.

N’oublions pas que les gouvernements Macron ont baissé les recettes fiscales de plus de 60 milliards d’euros sans créer de choc économique positif, bien au contraire. Favoriser les riches au nom d’un ruissellement sur toute la population est la dernière arnaque du macronisme. Jamais les grandes entreprises n’ont autant versé de dividendes.

Le rapport de la Cour des comptes du 9 juillet 2024 écrit « Des baisses d’impôts et de cotisations depuis six ans qui ont contribué à la dégradation du déficit public et modifié la structure des recettes des différentes administrations publiques. La période 2018-2023 a été marquée par d’importantes baisses d’impôts, dont l’impact est estimé à 62 milliards d’euros en 2023, soit 2,2 pts de PIB ».

On comprend alors les colères des élu-es locaux devant une telle situation délirante dramatiquement dégradée par les nombreux gouvernements successifs. Point d’orgue par Macron qui a diminué fortement les recettes fiscales (dont la suppression de la taxe d’habitation, un beau cadeau pour les plus riches et la classe moyenne : 20 milliards d’euros).

Voir : Ponctions sur les budgets locaux : les réactions des associations d’élus, vent debout, se multiplient. Au surlendemain de la présentation du projet de budget par le gouvernement, les associations d’élus ou celles qui agissent dans le champ des collectivités, comme l’Unccas (Union nationale des centres communaux d’action sociale) ou le Gart (Groupement des autorités responsables de transport), continuent de réagir. L’AMF (Association de maires de France) dénonce, pour sa part, « un reniement sans vergogne de la parole de l’État ».

Alternatives économiques s’interroge : Budget 2027 : qui va payer l’austérité imposée par le gouvernement ?

« Le gouvernement prétend faire « partager l’effort budgétaire ». Mais entre ponctions sur la Sécu, gel des prestations sociales ou maintien des privilèges fiscaux, il ne ressert en réalité que de vieilles recettes.

 Si certaines dispositions épargnent effectivement les plus pauvres, comme celles visant les retraites, il ne fait pas contribuer chacun à la hauteur de ses moyens.

Outre quelques exceptions (pensions de retraite inférieures à 1 260 euros, minimum vieillesse et RSA), les prestations sociales (aides au logement, allocations familiales, prime d’activité…) seront gelées, ce qui pèsera relativement plus sur les plus précaires.

Le gouvernement met aussi un gros coup de frein général sur les dépenses de la Sécurité sociale. En effet, il prévoit de ramener le déficit de la Sécu – en fait, celui des régimes de base des cinq branches maladie, vieillesse, accidents du travail et maladies professionnelles, autonomie et famille – de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 en 2027. Cela malgré une conjoncture morose et des évolutions structurelles (vieillissement de la population et explosion des maladies chroniques) qui tirent les dépenses à la hausse… »

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