
Depuis de long mois, Laurence Ruffin cherchait un accord de toute la gauche locale pour construire une nouvelle majorité afin de rénover la politique municipale et métropolitaine dans une situation financière très difficile pour ces collectivités. Il est dommage que les désaccords nationaux aient empêché localement une telle unité réclamée par les électeurs comme lors du Nouveau Front Populaire qui a empêché l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir après la dissolution. Mais heureusement il y a toujours des idées nouvelles qui permettent de surmonter les divisions. A Grenoble comme dans de nombreuses autres grandes villes il y a eu des accords « techniques » qui permettent de surmonter ces difficultés.
Il n’y a pas eu d’accord politique entre Laurence Ruffin et Allan Brunon de LFI, juste un accord technique. Le programme de la liste OUI Grenoble reste identique à celui du 1er tour. Le seul changement, ce sont 13 personnes de la liste LFI qui sont incluses dans le bulletin de vote de Laurence Ruffin en position éligible, respectant le résultat du premier tour. Ces 13 candidat.es ne demandent pas de modification du programme de OUI Grenoble. Il s’agit simplement d’un appel très concret aux électrices et électeurs de LFI de voter pour la liste qui comprend leurs candidat-es. LFI ne sera pas dans la majorité municipale, ses élu.es ne seront ni adjoint ni conseiller délégué.
Si la gauche l’emporte, il y aura au conseil municipal, un groupe majoritaire et 2 groupes minoritaires, un de gauche et l’autre de droite et d’extrême droite. Mais il y aura assez d’élu-es OUI Grenoble pour avoir toujours la majorité absolue dans le conseil et les minoritaires sont irréconciliables donc ne devraient pas se rejoindre sur des votes importants. C’est une situation de gestion confortable pour l’équipe de Laurence Ruffin et on peut espérer qu’en cours de mandat l’union politique s’élargisse sur les questions concrètes.
La liste de Romain Gentil (10% au 1er tour), fait un appel à voter pour Laurence Ruffin : « Grenoble doit rester ancrée à gauche, nous restons fidèles à la ligne portée depuis le début de cette campagne : empêcher le retour de Carignon et laisser La France Insoumise dans l’opposition… C’est pourquoi nous invitons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs que nous avons portées, une ville solidaire, écologiste et démocratique, à se mobiliser dimanche pour voter “Oui Grenoble” ».
La liste Grenoble Alpes Collectif (GAC) qui a fait environ 5%, prend position en faveur de Laurence Ruffin avec LFI pour faire barrage à la droite dure, réactionnaire et corrompue.
DE nombreuses personnalités appellent à la défaite de Carignon en votant Ruffin, comme le maire de Pont de Claix.
Le vote pour OUI Grenoble est le vote de toute la gauche et même au-delà, de celles et ceux pour qui l’éthique en politique passe au-dessus des clivages politiques et qui n’acceptent pas de redonner le pouvoir à un corrompu, qui s’est enrichi personnellement grâce à l’utilisation de son mandat de maire donné par les grenobloises et les grenoblois.
La réalité politique issue du 1er tour : les Grenobloises et grenoblois ont voté majoritairement à gauche : 58%, mais éparpillés sur 7 listes, tandis que Carignon a « siphonné » les voix de droite, des macronistes jusqu’à l’extrême droite. Il s’agit maintenant de mobiliser dimanche 22 mars, l’ensemble des électrices et des électeurs de gauche de confirmer leur vote contre le retour de la droite.
Maintenant, revenons aux fondamentaux du vote pour une élection municipale : quelles vont être les mesures prises par la future majorité municipale et métropolitaine dans les semaines et mois qui viennent pour absorber le choc financier imposé par la loi de finance 2026.
La proposition de la liste OUI Grenoble souhaite le maintien et le développement de l’ensemble des actions de la ville qui sont favorables à la vie quotidienne de la population. Face à la liste de droite et d’extrême droite, il faut maintenir au mieux le fonctionnement de tous les services publics, les subventions aux associations et les moyens de travail des agentes et des agents de la collectivité. La liste Carignon propose de faire de très importantes économies de fonctionnement, conformément à la stratégie de la ville maigre, qu’il avait mis en place quand il était maire. Il affiche 80 M€ d’économies sur le périmètre ville et Métropole, ce qui signifie au bas mot 1300 postes d’agents communaux supprimés ! Sans le préciser bien sûr, mais concrètement ça signifierait supprimer le périscolaire, fermer des Maisons des Habitants, bibliothèques, réduire les effectifs à la propreté urbaine alors qu’il prétend que la ville est hyper sale ? Vu son niveau de démagogie Carignon mérite vraiment son appellation de Trump grenoblois !
Pour ce qui est de l’investissement il y aura des choix à faire car la ville et la Métro ne pourront pas continuer à un tel niveau d’investissement, donc il y aura une nouvelle discussion sur les investissements d’avenir prioritaires.
Voici ce qu’indique le communiqué de OUI Grenoble du 17 mars 2026 :
« Dimanche soir, les Grenobloises et les Grenoblois ont porté la gauche désunie en tête des élections municipales avec 58% des voix. Le bloc de droite a quant à lui totalisé 42% des scrutins. Alain Carignon, à la tête d’une liste patchwork rassemblant depuis la macronie jusqu’à la droite extrême, est arrivé en tête du premier tour avec une courte avance, lui laissant espérer un troisième mandat en cas de désunion du camp progressiste.
Cette situation est celle de nombreuses communes de France. Mais, placés face au risque de victoire de listes de droite ou d’extrême-droite, les différents partis de gauche ont réussi à dépasser leurs divergences pour réaliser des unions capables de remporter les seconds tours à venir. Quelle que soit la couleur de la tête de liste, de grandes villes comme Lyon, Toulouse, Nantes, Limoges, Besançon ou Brest sont parvenues à des accords de fusion de listes.
À Grenoble, nous avons souhaité entamer les mêmes démarches pour battre la droite réactionnaire. Ainsi, arrivés en tête de toute la gauche, et en cohérence avec les résultats électoraux, nous avons ouvert la discussion avec LFI et, bien que le résultat ne leur permettait pas de se maintenir, avons tendu la main à Place Publique. Nous remercions les autres mouvements qui nous soutiennent dans cette démarche.
La négociation avec LFI a abouti sur la base d’une fusion technique, pour battre la droite. C’est une solution qui permet la représentation des électrices et électeurs de LFI, mais qui nous garantit, à nous Oui Grenoble, de garder une majorité pour porter notre projet initial, et ainsi assurer la bonne gouvernance de la ville.
Fait rare en France, LFI a accepté cet accord tripartite.
La liste Place Publique ne pouvait pas se maintenir au second tour. Malgré tout, nous leur avons fait une proposition initiale d’intégrer la liste fusionnée avec 2 places, puis amélioré cette proposition en intégrant une troisième place. Notre échéance était fixée à minuit afin de pouvoir imprimer dans les temps nos bulletins de vote. Nous n’avons reçu aucun retour de la part de Romain Gentil dans les délais qui nous incombaient.
Dans l’esprit du Nouveau Front Populaire, nous ferons front avec 14 partis de gauche, pour continuer à faire vivre la Grenoble que nous aimons : la ville de toutes les révolutions et de toutes les résistances, une ville solidaire, émancipatrice, antiraciste, ouverte sur le monde.
Dimanche prochain, nous ferons face à un projet politique aux antipodes de celui que nous portons. Seul candidat à un troisième mandat, Alain Carignon porte une approche réactionnaire, autoritaire, affairiste, climatosceptique, antiféministe et raciste contraire aux valeurs portées par Grenoble, ville Compagnon de la Libération.
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui veulent garder Grenoble à gauche à se mobiliser massivement pour faire gagner l’union de la gauche écologiste et citoyenne !
Et tous·tes les Grenoblois·es à se mobiliser pour un front contre le retour de l’ex-maire corrompu. »
Mots-clefs : élections, grenoble, municipales 2026
