Combien comptons-nous d’ancêtres immigrés ?

Publié le 19 juin 2026

Le Centre d’observation de la société publie le 8 juin 2026 une note sur cette question. Un peu de vocabulaire : « immigré », personne née étrangère à l’étranger, et « étranger », personne de nationalité étrangère mais qui peut être née en France.

20 % des personnes vivant en France – environ 13 millions d’individus – sont immigrées ou ont au moins un parent immigré, selon les données 2019-2020, Ined-Insee. Ce chiffre de 20 % comprend d’abord 9,2 % d’immigrés : nés à l’étranger, ils sont venus s’installer durablement dans notre pays1. Il comprend aussi 12 % de descendants directs d’immigrés nés en France : 6 % de la population ayant deux parents immigrés et autant un seul parent immigré. Ces descendants ont principalement des parents issus du Maghreb (4 %), d’Italie, d’Espagne et du Portugal (3,1 %). 1,4 % d’entre eux viennent d’autres pays d’Afrique, 1,3 % d’autres pays de l’Union européenne et 1,2 % d’Asie.

Les statistiques de l’Insee ne permettent pas d’en dire plus pour l’ensemble de la population. Selon l’enquête Trajectoires et origines (Ined-Insee), un tiers des personnes âgées de 18 à 59 ans ont des origines immigrées : soit directement (13 %), soit au moins un parent immigré (11 %), soit au moins un grand-parent immigré (10 %). Plus on remonte le fil du temps, plus la part de la population ayant un ancêtre étranger augmente. Rares sont les Français et Françaises dont tous les ancêtres sont nés en France : nous sommes quasiment tous des enfants d’immigrés.

Ces données éclairent l’impact sociologique, économique et culturel au long cours des migrations. La France est une terre d’accueil depuis le XIIIe siècle. À partir du milieu du XIXe siècle, les flux s’amplifient pour combler les besoins en main-d’œuvre, car la natalité française est assez faible par rapport aux autres pays. Les travailleurs venus de Pologne, de Belgique, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, puis des anciennes colonies ont quitté leur pays pour fuir la misère et faire fonctionner la machine économique française. L’immense majorité est restée en France, s’y est mariée, et a eu des enfants.

Pour autant, il faut aussi s’interroger sur la signification de l’expression « descendant d’immigrés ». Cette notion regroupe aussi bien des jeunes immigrés qui viennent d’arriver en France, que des personnes très âgées dont les grands-parents ont immigré dans la première moitié du XXe siècle. Leur lien avec l’immigration n’a pas grand-chose à voir. En conséquence, il convient de l’utiliser en toute connaissance de cause.

On peut d’ailleurs lire ces chiffres autrement : pour moitié, les descendants d’immigrés ont un parent qui n’est pas issu de l’immigration. Que leur reste-t-il d’immigré au fond ? La moitié des petits-enfants d’immigrés n’ont qu’un seul parent immigré : le lien est encore plus distant. Beaucoup n’ont plus beaucoup de relation avec la culture d’origine de leurs ascendants, n’en connaissent pas la langue par exemple. Par ailleurs, si 63 % des immigrés vivant en couple ont un conjoint issu de l’immigration, c’est seulement le cas de 15 % de leurs descendants. Ces données montrent surtout comment au fil de notre histoire les populations se mêlent et s’enrichissent de cela.…

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