
Un article du Monde du 2 juillet 2026 revient sur les difficultés et les retards importants dans le chantier du tunnel Lyon-Turin.
Ce qui relance les questions autour des impacts financiers et environnementaux de ce gigantesque projet. L’opérateur TELT (Tunnel Euralpin Lyon Turin) promet qu’il tiendra les délais et ne mettra pas en péril les réserves d’eau souterraine. Mais cette position est battue en brèche par un ingénieur présent dans les équipes de travaux du côté français du tunnel et par une étude sur l’impact sur les réserves d’eau qui sont gravement atteintes par le percement du tunnel.
« Le chantier rencontre un sérieux problème dans le creusement d’une de ses deux galeries principales. Le tunnelier, installé dans le tunnel de base nord, n’a progressé que de 244 mètres en 273 jours, soit une moyenne quotidienne de moins d’un mètre. Au cours de la dernière semaine du mois de mai, cette machine n’a avancé que d’un seul mètre, alors qu’il était prévu un rythme de croisière de 12 mètres par jour, selon des rapports techniques consultés par Le Monde.
Baptisé Viviana, l’engin de 180 mètres, doté d’une tête rotative de dix mètres de diamètre, a été initialement conçu pour percer 9 kilomètres de galerie dans un délai de trois ans. Depuis sa mise en service, en septembre 2025, le tunnelier n’a effectué que 3 % du creusement prévu. « Les retards s’accumulent. A ce rythme-là, il faut compter au moins deux années supplémentaires de travaux, à condition de surmonter les obstacles techniques », affirme, sous le couvert de l’anonymat, un ingénieur présent dans les équipes de travaux, du côté français du projet. Pour ce professionnel expérimenté, l’obstacle dans le tunnel de base risque de repousser encore la date de l’achèvement de l’ouvrage, espéré au 31 décembre 2033, et augmenter son coût, évalué, à ce stade, à 11 milliards d’euros…
« Ce tunnelier connait un souci majeur. La roche de nature schisteuse est constituée de vides, ce qui grippe la machine. Ce type de tunnelier est prévu pour avancer dans un enrochement homogène » explique ingénieur expérimenté…
Un autre souci se profile sur la voie du chantier Lyon-Turin. Une nouvelle étude hydrogéologique va être versée dans la procédure qui oppose Vivre et agir en Maurienne et la préfecture de Savoie. L’association environnementale conteste l’arrêté préfectoral qui avait levé les périmètres de protection autour des points de captage d’eau de la vallée, prévus par la loi sur l’eau de 2002, pour permettre les forages du chantier Lyon-Turin. Selon cette expertise, le chantier provoque la baisse de 50 à 100 mètres du niveau d’immenses réserves aquifères multi centenaires. Un impact beaucoup plus important que celui décrit par les études préalables menée en 2006 par l’opérateur Lyon-Turin Ferroviaire. »
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