
Le monde va mal, très mal. La montée généralisée des mouvements d’extrême-droite pilotés et soutenus par de puissants influenceurs aux mains de milliardaires qui deviennent maîtres des réseaux sociaux, bousculent de très nombreux pays. Parfois il y a des sursauts qui montrent que tout n’est pas perdu : la victoire de Lula au Brésil, une majorité d’israéliens qui dit non à Netanyahou, même s’il sont en difficulté pour construire une alternative, la victoire aux législatives en Serbie de la Liste étudiante face à celle de l’autocrate Vucic. On espère que les élections américaines seront une défaite pour Trump.
Ici en France, la fin de règne de Macron va se payer très cher s’il n’y a pas une majorité qui se construit pour proposer une alternative politique à l’arrivée du RN aux affaires. L’attentat raciste de Trappes aurait dû provoquer une réaction unanime de la classe politique : « le racisme ne se débat pas, il se combat » https://c.org/fq5Fb7dnhk. La simple minute de silence à l’Assemblée nationale n’était pas à la hauteur de l’événement. Macron a été obligé de proposer un hommage national.
Vis-à-vis du mouvement social et notamment envers les lycéens et les étudiants, la manière dont le gouvernement a proposé un certain nombre de mesures a été stupéfiante. Au lieu d’entamer un dialogue direct avec les représentants des mouvements, le gouvernement a reçu des influenceurs pour les sonder sur ses propositions. Puis il s’est contenté de présenter ses propositions sans demander aux représentants des mouvements en lutte ce qu’ils en pensaient. Encore une fois le macronisme se moque des corps intermédiaires…
Et malheureusement la stratégie de maintien de l’ordre du macronisme est à l’opposé du maintien de l’ordre républicain qui devrait protéger en priorité les personnes qui manifestent, les biens des commerçants et les services publics. Le gouvernement et les préfets sont les uniques responsables de cette situation délétère dont on n’aperçoit pas d’issue positive à court terme. Pourquoi voudriez-vous que les casseurs cessent leurs activités destructrices, puisque le gouvernement leur a laissé le champ libre.
Localement nous saluons les efforts de la métropole et de la ville de Grenoble pour apporter leur soutien aux revendications légitimes de celles et ceux qui manifestent ainsi qu’aux commerçants impactés par les casseurs.
A propos de la manifestation du 24 octobre, la Maire de Grenoble a déclaré : « Les violences sont la conséquence de la dégradation des conditions de vie et de l’abandon de celles et ceux qui en ont le plus besoin. À Grenoble, nous faisons le choix de maintenir des services publics de proximité, parce qu’ils sont le patrimoine de celles et ceux qui n’en ont pas. Mais pendant que la Ville s’efforce de préserver ces solidarités, l’État se désengage de services publics essentiels. Quand on fragilise l’école ou l’accès aux soins, on fragilise la promesse républicaine elle-même. C’est à ces causes qu’il faut s’attaquer. J’appelle le Gouvernement à prendre la mesure de l’urgence sociale et à apporter des réponses politiques concrètes à cette mobilisation sans précédent. C’est par la justice sociale, le dialogue démocratique et le respect des libertés que nous pourrons reconstruire la confiance. »
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