A Grenoble on aime l’innovation… à ACTIS aussi

Publié le 13 mai 2013

A Grenoble on aime l’innovation, c’est sans doute ce qui explique le curieux et coûteux dispositif qui se met en place pour la nomination d’un nouveau Directeur Général à ACTIS, l’office d’HLM de la Ville de Grenoble.

Au Conseil d’Administration (C.A.) fin mars, la Présidente annonce que le Directeur général en place, a manifesté sa volonté de quitter l’organisme fin Octobre 2014, et qu’il faudra pourvoir à son remplacement rapidement. Cette information a de quoi surprendre puisqu’il revient au nouveau conseil municipal, en l’occurrence à celui qui sera élu en Mars 2014, de désigner le nouveau Conseil d’Administration qui à son tour nommera le nouveau directeur général, comme il est d’usage en toute démocratie digne de ce nom. Or en mars 2013, c’est un autre choix que la présidente actuelle d’ACTIS a imposé au conseil d’administration.

Après une séance d’autocongratulation, où l’on a mis en exergue le travail exceptionnel réalisé par ACTIS durant ces 5 dernières années, et qu’à ce titre il était urgent d’en garantir la continuité pour les 6 prochaines années, le CA a donc été informé de la mise en place d’un « attelage » inédit pour le remplacement du Directeur général :

  • Recrutement dès Octobre 2013 d’un nouveau Directeur Général. Le directeur en place devient Directeur Général Adjoint chargé pour l’essentiel de représenter ACTIS dans les instances nationales et régionales, ce qu’il fait déjà depuis quelques mois.

Vues d’ailleurs, Paris, Lyon, les difficultés dans les logements sociaux de Grenoble, sont sans doute moins pénibles à traiter. On peut même y vanter les mérites de l’organisme et ses innovations depuis 2008, «  sans aucun précédent  !!! »

Le débat est à peine amorcé au Conseil d’administration de mars, que la Présidente y met immédiatement le « holà », estimant que cette décision relevait de sa seule responsabilité : circulez, y’a plus rien à voir ! A cet instant, beaucoup d’administrateurs ont pu mesurer à quel point la présidente considérait le rôle du C.A. comme quantité négligeable.

Il a fallu la grogne de quelques administrateurs pour qu’une réunion exceptionnelle du CA soit organisée en avril. Enfin, une délibération « très spéciale » a été rédigée et proposée au vote. Cette fois un débat (beaucoup trop long aux yeux de certain-es élu-es de la ville) a eu lieu. Malgré de nouveaux arguments tendant à annuler la décision prise en mars, la délibération a été votée à une courte majorité de 3 voix. Il est rare que les avis soient partagés à ce point. A ACTIS, de très nombreuses délibérations sont approuvées à l’unanimité.

Il reste que l’on peut s’interroger sur les raisons réelles qui ont motivé cette décision :

  • la volonté de placer un copain ? l’avenir le dira peut être…
  • et /ou d’offrir une dernière année d’activité en toute tranquillité ? On avait les retraites-chapeaux, à Actis on invente les pré-retraites « mollo-mollo »…

La prochaine inspection de la Mission Interministérielle au Logement Social portera probablement une grande attention à ce que d’aucuns seraient tentés de qualifier d’emploi «protégé » qui coûtera à ACTIS entre 120 et 150 000 euros. Ce montant aurait sans doute été mieux utilisé au bénéfice des locataires  ou des salarié-es modestes, ou encore à aider les associations de défense des locataires. Serait ce le début d’une innovation ? Dans le futur, d’autres professionnel-les d’ACTIS, pourraient revendiquer ce même dispositif durant quelques mois, permettant à leur successeur de bénéficier de leur savoir et savoir faire. Mais ce qui vaut pour l’un ne vaut pas toujours pour les autres !

En tout état de cause cette décision est contraire aux usages démocratiques. Le nouveau C.A. issu des élections de mars 2014 sera légitime à choisir le nouveau directeur, rien ne justifie un tel bouleversement du calendrier. Et sûrement pas l’argument d’une vacance de poste de quelques mois dû à un recrutement qui serait trop long.

ACTIS est un organisme fragile.  Il est fragile  parce que ses locataires, qui sont les plus touchés par la crise, le sont aussi. Cette seule raison devrait donner une responsabilité supplémentaire à ses dirigeants : ne pas gaspiller l’argent dont l’essentiel provient des loyers payés par les plus modestes…

La majorité municipale est décidément rompue à ce type de méthode, consistant dans tous les organismes à verrouiller le système en place, c’est le cas pour GEG (Gaz Electricité de Grenoble), la Compagnie de Chauffage et ACTIS où l’on installe un nouveau directeur durant un an avec l’ancien. Tout changer dans les derniers mois d’un mandat pour que rien ne change !

La démocratie ne s’use que si on ne s’en sert pas. Et à Grenoble elle est très usée !

Mots-clefs : ,

2 commentaires sur “A Grenoble on aime l’innovation… à ACTIS aussi”

  1. Grenoble News dit :

    #grenoble A Grenoble on aime l’innovation… à ACTIS aussi « ADES http://t.co/uTH1jhsTY2

  2. admin dit :

    DROIT DE REPONSE DEMANDE A L’ADES PAR LA PRESIDENTE D’ACTIS

    L’article « A Grenoble on aime l’innovation… à Actis aussi » met en cause la probité de sa Présidente et du Conseil d’administration, ainsi que la conscience professionnelle et l’investissement de son Directeur Général. Il jette le discrédit sur cet organisme public de l’habitat social qui compte 289 salariés, 11000 logements sociaux dans l’agglomération et en Isère.

    Le DG en poste actuellement qui a été recruté en 2003, par l’ex Présidente, m’a informé de sa décision de faire valoir ses droits au départ en octobre 2014 . C’est le Conseil d’administration qui valide le recrutement du Directeur Général. il s’agit de recruter un professionnel de haut niveau, qui relève d’un statut national, qui précise ses missions, ses compétences, ses responsabilités et sa rémunération. .L’exercice de cette fonction n’est pas soumis aux aléas des échéances politiques. A Grenoble, le DG aura donc, en application de son statut exercé sa fonction sur deux mandats électoraux, sous deux présidences, ses compétences étant reconnues par deux Conseils d’administration différents.

    A mon initiative, le CA (composé de 24 membres, dont les élus de la ville de Grenoble – y compris celle du groupe Ecologie et Solidarité – ne représentent que 20 % ) s’est posé le problème de ce départ annoncé. Je ne sais pas si « vu de Paris ou de Lyon » la gestion d’un tel organisme apparaît « moins pénible à traiter », mais ce que je sais, c’est qu’Actis, est partie prenante de l’objectif des 25 %, avec ses 45 % de logements sociaux en ZUS, il est confronté à une montée des impayés, à une insécurité croissante depuis 2010. Même « vu de Paris », le démarrage de la réhabilitation de la Villeneuve, dès l’automne 2013, est un des chantiers les plus énormes (600 logements à terme), les plus complexes, les plus lourds financièrement pour les finances publiques et pour les fonds propres (75 OOO euros par logement dont 30 000 sur fonds propres) qu’Actis ait eu à assumer comme maître d’ouvrage.

    J’ai donc proposé au CA d’étudier deux hypothèses, dont aucune n’est complètement satisfaisante compte-tenu des dates des élections municipales de 2014. Première hypothèse : le CA ne se préoccupe pas de cette échéance d’octobre 2014 et le DG actuel assume sa responsabilité jusqu’à son départ. L’inconvénient de ce choix est de reporter la prise de fonction du nouveau DG à fin 2014 début 2015, temps nécessaire incompressible au recrutement d’un candidat expérimenté soumis à 3 mois de préavis dans son précédent emploi. . Le CA a rejeté majoritairement cette hypothèse, qui crée une vacance du poste, , retarde l’élaboration du plan stratégique de patrimoine, pièce essentielle de la gouvernance…. .
    La seconde hypothèse préconise l’arrivée d’un nouveau DG en janvier 2014, et de mettre à profit ce temps pour faciliter le passage de relais, le nouveau DG prenant son poste accompagné par le DG actuel, nommé Directeur général adjoint (DGA). Il faut ne pas connaître la charge d’un DG pour laisser entendre que cette solution découlerait d’un arrangement, consenti pour je ne sais quelle « pré-retraite mollo-mollo ». Le DGA assumera en outre la continuité des actions dans un certain nombre de domaine définis par le CA . L’inconvénient du coût généré sera largement compensé par les gains d’efficacité, l’entreprise ayant dans la même période à se mettre au diapason des lois Duflot, notamment sur l’intercommunalité, votées à l’automne 2013. L’ ex- présidente d’Actis, a d’ailleurs illustré la complexité du sujet en déclarant lors du premier CA qu’elle n’était pas opposée à cette démarche et en votant contre, lors d’un second saisit d’une délibération. .
    Votre article avec ses insinuations malveillantes (“la volonté de placer un copain ? et ou d’offrir une dernière année d’activité en toute tranquillité ? on avait les retraites-chapeaux, à Actis on invente les pré-retraites mollo-mollo ».) il s’agit de salir pour nuire . Outre le caractère politicien d’un tel article, c’est surtout un mauvais coup porté, au logement social et au premier organisme public de l’habitat social de l’agglomération.

    Monique Vuaillat Présidente d’Actis …

    PS : N’acceptant pas qu’Actis soit ainsi pris en otage de démarches politiciennes liées à la proximité d’une campagne électorale,, j’ai informé le CA du 11 juin 2013 que je ne procéderais pas au recrutement d’un nouveau DG et que je ne porterais pas la responsabilité des conséquences de la vacuité de la Direction Générale ainsi créée pendant plusieurs mois.