Du positif pour les Missions locales : l’accompagnement global reconnu

Publié le 15 janvier 2016

MissionLocaleGrenobleAu moment où l’ancien président de la mission locale de Grenoble (adjoint PS de M. Destot) a comparu devant le tribunal correctionnel pour des faits d’escroquerie et d’abus de confiance par la captation personnelle d’argent destiné à aider les jeunes à s’insérer professionnellement (voir l’article à ce sujet), l’Etat reconnait aux missions locales une fonction d’accompagnement global des jeunes de 16 à 25, qui sont en situation de « décrochage »

Le code du travail (L 5314-2) précise les missions de service public des missions locales :

« Les missions locales pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, dans le cadre de leur mission de service public pour l’emploi, ont pour objet d’aider les jeunes de seize à vingt-cinq ans révolus à résoudre l’ensemble des problèmes que pose leur insertion professionnelle et sociale en assurant des fonctions d’accueil, d’information, d’orientation et d’accompagnement à l’accès à la formation professionnelle initiale ou continue, ou à un emploi. »

Une nouvelle convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) entre l’Etat et les missions locales couvre la période 2015-2018, elle reconnaît l’offre d’accompagnement global de ces structures en faveur des jeunes, que ce soit en matière d’orientation, de formation, d’emploi, de santé, de logement ou encore de mobilité, tout cela autour d’un “projet de territoire”. Il ne s’agit donc plus d’un simple dispositif d’insertion. Tout cela est bel et beau, mais malheureusement les moyens ne suivront pas.

Dans le cadre de la loi de finances pour 2016, les missions locales ont obtenu une petite rallonge sur la dotation de l’Etat (2 millions d’euros), et ont réussi à limiter la baisse envisagée sur les crédits destinés à l’accompagnement des jeunes en emplois d’avenir, crédits qui devaient passer de 30 millions d’euros à 15 millions ! Les crédits seront finalement de 25 millions d’euros donc en diminution.

L’Union nationale des missions locales (UNML), qui a participé à l’élaboration de la nouvelle CPO avec l’Association nationale des directeurs de mission locale (ANDML) et l’Association professionnelle des équipes d’animation régionale (Apar) donne son point de vue :

« Les dialogues de gestion et la contractualisation entre les Missions Locales et l’Etat menés en lien étroit avec les Régions, s’inscrivent dans une nouvelle dynamique qui va contribuer progressivement à décloisonner les dispositifs d’accompagnement des jeunes, reposant sur les principes suivants :

  • sortir d’une logique de dispositifs cloisonnés pour parvenir à une logique de cadre unique de parcours d’accompagnement contractualisé pour tous les jeunes en demande d’insertion,
  • intégrer les outils de la politique de l’emploi dans ce parcours, qu’il s’agisse de dispositifs existants, des modalités d’accompagnement ou d’actions ponctuelles menées par les Missions Locales,
  • partir des projets et des attentes exprimés par les jeunes et les employeurs du territoire pour construire et adapter les réponses à leur apporter,
  • se doter d’outils de pilotage afin, d’une part, de suivre l’offre d’accompagnement global assuré par les Missions Locales comme les dispositifs, en les structurant autour des différentes séquences du parcours vers et dans l’emploi et d’autre part, de poursuivre le travail de contextualisation de l’activité et d’analyse des effets des actions des Missions locales.

L’UNML a participé en concertation avec l’ANDML et l’APAR à la réflexion engagée depuis plus d’un an par l’Etat sur la modification en profondeur de la contractualisation et des dialogues de gestion, avec un décloisonnement des dispositifs d’accompagnement des jeunes visant à :

  • rendre plus lisibles les actions menées par les Missions locales pour et avec les jeunes comme les entreprises,
  • tenir compte de la globalité des fonctions des Missions Locales tant en matière d’accompagnement socioprofessionnel des jeunes, de services aux entreprises que d’observation et d’ingénierie de projet,
  • permettre aux Missions Locales de sortir du financement par dispositif afin de mieux prendre en compte les attentes et les projets des jeunes dans l’élaboration de leur parcours vers l’autonomie et l’emploi.

En outre, sur proposition de l’UNML, l’instruction prévoit que « le représentant de l’Etat impulse une concertation interinstitutionnelle et interministérielle, dans le respect du principe de libre administration des collectivités territoriales, en encourageant notamment la tenue de conférences ou de comités de l’ensemble des financeurs ».

Ainsi, l’UNML rappelle, comme en 2012, que l’implication des Présidents de Mission Locale est déterminante dans la conduite des dialogues de gestion avec les représentants de l’Etat, mais aussi des Régions, pour être dans une négociation équilibrée des objectifs de la contractualisation. »

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