Le moustique tigre : une commune contre l’Etat

Publié le 1 novembre 2019

Ce qui vient de se passer à Montauban montre qu’il ne faut pas céder à la panique en ce qui concerne la lutte contre le moustique tigre et qu’il serait plus intelligent que la coopération entre l’Etat, l’ARS et les communes soit mieux organisée notamment en ce qui concerne les mesures efficaces que devraient prendre tous les habitants pour éviter cette prolifération qui entraine une gêne importante dans la vie quotidienne plus qu’un problème de santé publique. Il n’y a pas de solution miracle car comme le dit le Préfet du Tarn et Garonne, : « une fois implanté le moustique tigre ne peut pas être éradiqué. » N’y aurait-il pas une possibilité d’imposer aux propriétaires et habitants de prendre des mesures efficaces pour éviter cette prolifération qui n’est due qu’à la présence de flaques d’eau stagnantes, mêmes de faible importance, ainsi que le traitement des avaloirs des eaux de pluie par des produits spécifiques respectueux de l’environnement ?

La mairie de Montauban a décidé de lancer une pétition : « Stop aux moustiques à Montauban » :

« Vider les coupelles des pots de fleurs, couvrir les récupérateurs d’eau, entretenir son jardin, porter des vêtements amples, cela ne suffit plus. Il faut vraiment que les collectivités aient les moyens de lutter efficacement contre ces moustiques piqueurs et envahisseurs. Faudra-t-il attendre que ces moustiques transmettent localement des maladies ? Il ne s’agit plus seulement de confort mais de santé publique.
Pourquoi ne pas lancer à nouveau d’ambitieuses et efficaces opérations de démoustication ? Il faut mobiliser une réflexion élargie pour concilier un double objectif : nous protéger sans nous mettre en danger ? »

Dans une lettre à l’ARS et au préfet, la maire de Montauban demande l’éradication du moustique tigre car il y aurait des cas de dengue. « Je ne peux me satisfaire de votre aveu d’impuissance lorsque vous indiquez que le moustique tigre est un moustique qui ne peut être éradiqué : une fois implanté, il colonise le milieu via notamment la multiplication des sites de ponte. Nous devons impérativement essayer de l’éradiquer. »

L’élue demande de traiter l’ensemble de la ville car pour elle l’épidémie de dengue a commencé en laissant croire que les cas de dengue seraient liés entre eux alors qu’ils ont été importés lors de voyages de destinations différentes.

Dans un communiqué du 8 octobre 2019, le Préfet du Tarn et Garonne déclare : “pour éviter les polémiques inutiles, il est rappelé que les moustiques tigres présents sur notre département ne sont pas porteurs d’arboviroses (chikungunya, dengue, zika). Il n’y a pas d’épidémie actuellement en métropole”. En effet, le moustique tigre n’est pas naturellement porteur de ces virus. Il ne le devient qu’après avoir piqué et prélevé du sang à une personne malade durant la courte période de virémie. Dans ces conditions, “la création d’un sentiment anxiogène artificiel ne semble pas une bonne méthode et, par ailleurs, la demande de Madame le maire de procéder à une démoustication générale risquerait d’avoir l’effet inverse à celui recherché”…

Dès que l’Agence Régionale de Santé a été informée, elle a réalisé des enquêtes auprès des patients pour connaître les lieux de séjours durant la période de virémie (présence du virus dans le sang). Des enquêtes ont été menées par l’opérateur de démoustication du conseil départemental sur les lieux repérés afin de déterminer la présence ou non d’Aedes albopictus. La présence du moustique tigre ayant été constatée à différents endroits, et comme le prévoit le plan départemental, des traitements de démoustication ont été diligentés. »

Il ajoute : « un traitement contre les insectes adultes pour diminuer la densité de moustique aurait un effet temporaire. Les larves et les œufs non touchés par ces traitements engendreraient de nouvelles générations de moustiques quelques jours plus tard. Les traitements seraient à renouveler. Or, la répétition de traitements induirait un phénomène de résistance c’est ce qui se passe dans certains départements outre-mer (Guyane, DFA par exemple). Il est donc important de réserver exclusivement l’usage de ces traitements à la prévention de départ d’épidémie.

Le communiqué du préfet du Tarn-et-Garonne du 8 octobre 2019 est à lire ici.

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