
En l’absence d’un investissement suffisant de la part de l’Etat en matière d’hébergement d’urgence, la Ville de Grenoble et son CCAS ont continué d’héberger et de mettre à l’abri des ménages occupant des écoles grenobloises. 15 familles étaient concernées au début de l’été.
Le territoire français fait face à une crise du logement et une crise de l’hébergement sans précédent qui affecte fortement les plus précaires. A Grenoble, malgré les actions mises en œuvre, le nombre de ménages privés de domicile personnel reste très important. Parmi eux, la part des familles avec enfants augmente.
La Ville de Grenoble est ainsi confrontée à une grande urgence sociale, caractérisée par une augmentation de 60% des demandes de domiciliation – un moyen d’avoir une adresse administrative – ces trois dernières années. En mai 2025, le CCAS gère ainsi plus de 3400 boîtes aux lettres couvrant 4 800 personnes (dont 1400 mineur-es), soit autant de personnes privées de logement personnel. Parmi eux, 75% ne bénéficient d’aucune solution d’hébergement : ils sont contraints de se faire héberger chez des tiers ou vivent à la rue, en habitats de fortune, squats, bidonvilles et pour certaines, dans des écoles municipales.
Alors que l’hébergement d’urgence relève de la compétence de l’État, ce dernier a acté la stabilisation du nombre de places d’hébergement à un niveau inférieur au nombre de places financées pendant la période de crise sanitaire. Ainsi, les demandes de plus en plus nombreuses d’hébergement d’urgence ne sont pas satisfaites du fait des capacités existantes. Ceci entraîne des conséquences multiples et tangibles : saturation des 178 places d’hébergement d’urgence financées par l’État et gérées par le CCAS, ainsi que celle des 320, bientôt 340, places d’hébergement financées par la Ville et gérées par le CCAS.
C’est dans ce contexte que plusieurs écoles grenobloises ont abrité plus de 150 personnes (enfants et parents) mises à l’abri par des collectifs citoyens au cours de l’année scolaire 2024-2025. La Ville a toléré cette occupation pour la 3ème année scolaire consécutive, afin de préserver les enfants d’une atteinte grave à leurs droits et de conditions à la rue extrêmement précaires. Cette tolérance ne doit pas se substituer à l’hébergement d’urgence dont l’Etat a la charge. L’augmentation de l’occupation des écoles (qui se traduit par un doublement des familles abritées en 3 ans) est une source de préoccupation pour la Ville, soucieuse de d’assurer l’équilibre entre préservation du service public de l’éducation et dignité des familles mises à l’abri.
Pendant l’cette année scolaire 24/25, 40 ménages (soit 152 personnes) ont été abrités, à des moments différents, dans les écoles.
Tout au long de l’année un travail important d’orientation des familles sur les dispositifs de l’Etat et du CCAS a été mené. 15 de ces familles présentes dans les écoles ont ainsi été orientées vers des dispositifs d’hébergement.
Toutefois, quelques jours avant les vacances scolaires, 18 familles occupaient encore 9 écoles. Il était donc devenu impératif de trouver des solutions afin d’orienter ces personnes vers des solutions d’hébergement, malgré la saturation des dispositifs.
Après plusieurs semaines de travail, des « solutions » sont en passe d’être trouvées.
L’État devrait proposer des solutions à 3 familles via les dispositifs réservés aux demandeur-ses d’asile, le CCAS quant à lui va prendre en charge les 15 autres familles et les orienter progressivement soit vers des dispositifs d’hébergement qu’il gère, soit vers des dispositifs temporaires (auberge de jeunesse, mobil-home en camping, hôtels, etc.) cet été, le temps de tenter de trouver des solutions plus pérennes à l’automne en lien avec les partenaires.
Mots-clefs : écoles, grenoble, hébergement