Rapport sur les inégalités Mondiales 2026

Publié le 12 décembre 2025

Le 10 décembre 2025, le World Inequality Lab édite son « Rapport sur les inégalités mondiales 2026 » qui est la troisième édition de cette série, après celles de 2018 et 2022. Ces rapports s’appuient sur les travaux de plus de 200 chercheurs et chercheuses du monde entier (dont Thomas Piketty), affilié.e.s au World Inequality Lab et contribuant à la plus grande base de données sur l’évolution historique des inégalités mondiales. Cet effort collectif représente une contribution significative aux discussions mondiales sur les inégalités. L’équipe a contribué à remodeler la façon dont le législateur, les universitaires, les citoyens et les citoyennes comprennent l’ampleur et les causes des inégalités. Elle a également mis en lumière la fracture croissante entre les riches et le reste de la société à l’échelle mondiale, et démontré pourquoi il est urgent de mettre en place une fiscalité équitable à laquelle les plus riches n’échappent pas. «  Le Rapport sur les inégalités mondiales 2026 fournit un cadre permettant de comprendre comment les inégalités économiques, environnementales et politiques s’entrecroisent. Il appelle à une coopération mondiale renouvelée pour s’attaquer à ces divisions à la racine : par une fiscalité progressive, des investissements dans les capacités humaines, une responsabilité climatique liée à la propriété privée du capital et des institutions politiques inclusives capables de rétablir la confiance et la solidarité. »

Leurs conclusions ont alimenté les débats nationaux et internationaux sur les réformes fiscales, l’imposition des patrimoines et la redistribution dans des forums allant des parlements nationaux au G20.

« Ce rapport élargit explore les nouvelles dimensions de l’inégalité qui définissent le XXIè siècle : le climat et le patrimoine, les inégalités hommes–femmes, l’accès inégal au capital humain, les asymétries du système financier mondial et les clivages territoriaux qui redessinent les démocraties. Ensemble, ces thèmes révèlent que l’inégalité aujourd’hui ne se limite pas aux revenus ou au patrimoine ; elle touche tous les domaines de la vie économique et sociale. Les inégalités mondiales en matière d’accès au capital humain restent aujourd’hui considérables, probablement bien plus importantes que la plupart des gens ne l’imaginent.

Les dépenses moyennes d’éducation par enfant en Afrique Sub–Saharienne s’élèvent à seulement 200 € (Parité du Pouvoir d’Achat, PPA), contre 7.400 euros en Europe et 9.000 € en Amérique du Nord & en Océanie : un écart de plus de 1 à 40, soit environ trois fois plus que l’écart de produit intérieur brut (PIB) par habitant. Ces disparités façonnent les chances de réussite à chaque génération, renforçant une géographie des opportunités qui exacerbe et perpétue les hiérarchies mondiales en matière de patrimoine.

Le rapport montre également que les contributions au changement climatique sont loin d’être réparties de manière égale. Alors que le débat public se concentre souvent sur les émissions liées à la consommation, de nouvelles études ont révélé le rôle crucial joué par la propriété du capital dans les inégalités en matière d’émissions. Les 10 % des personnes les plus riches du monde représentent 77 % des émissions mondiales liées à la propriété privée du capital, ce qui souligne à quel point la crise climatique est indissociable de la concentration des patrimoines.

Pour y remédier, il faut procéder à un rééquilibrage ciblé des structures financières et d’investissement qui alimentent à la fois les émissions et les inégalités.

Les inégalités hommes–femmes apparaissent également sous un jour très différent si le travail invisible et non rémunéré est inclus, qui est disproportionnellement effectué par les femmes. En prenant en compte le travail domestique et les tâches de soins non rémunérés, l’écart se creuse considérablement. En moyenne, les femmes ne gagnent que 32 % du salaire horaire des hommes, toutes activités rémunérées et non rémunérées confondues ; contre61%sil’onnetientpascomptedutravaildomestique non rémunéré.

Ces résultats révèlent non seulement une discrimination persistante, mais aussi de profondes inefficacités dans la manière dont les sociétés valorisent et répartissent le travail. Au niveau international, ce rapport montre comment le système financier mondial renforce les inégalités. Les économies riches continuent de bénéficier d’un « privilège exorbitant » : chaque année, environ 1 % du PIB mondial (soit environ trois fois plus que l’aide au développement) est transféré des pays pauvres vers les pays riches sous forme de transferts nets de revenus étrangers liés à des rendements excédentaires persistants et à des paiements d’intérêts moins élevés sur les dettes des pays riches. Inverser cette dynamique est essentiel à toute stratégie crédible en faveur de l’équité mondiale.

Enfin, le rapport met en évidence l’augmentation des divisions territoriales au sein des pays. Dans de nombreuses démocraties avancées, les écarts entre les affiliations politiques des grands centres urbains et des petites villes ont atteint des niveaux jamais vus depuis un siècle. L’inégalité d’accès aux services publics, aux opportunités d’emploi et l’exposition aux chocs commerciaux ont fracturé la cohésion sociale et affaibli les coalitions nécessaires à une réforme redistributive.

Outre une multitude de données inédites, le Rapport sur les inégalités mondiales 2026 fournit un cadre permettant de comprendre comment les inégalités économiques, environnementales et politiques s’entrecroisent. Il appelle à une coopération mondiale renouvelée pour s’attaquer à ces divisions à la racine : par une fiscalité progressive, des investissements dans les capacités humaines, une responsabilité climatique liée à la propriété privée du capital et des institutions politiques inclusives capables de rétablir la confiance et la solidarité…

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