L’avenir de la plateforme chimique du sud-grenoblois

Publié le 13 février 2026

Le 13 mai 2025, le Tribunal de Commerce de Lyon a prononcé la liquidation de VENCOREX France et a validé l’offre de reprise partielle du concurrent chinois WANHUA, sur un périmètre extrêmement limité. Le reste des actifs de VENCOREX France a été placé en liquidation.

Des salariés et des industriels locaux ont porté, dès la phase de redressement judiciaire, un projet de reprise de VENCOREX sous forme de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), avec le soutien de la Métropole et de plusieurs communes ; le projet de SCIC n’a pas abouti, il a été remplacé par EXALIA.

Le 28 novembre 2025, une offre de reprise des actifs en cours de liquidation a été déposée par plusieurs entreprises, dont la holding qui va héberger l’entreprise EXALIA. Sous réserve de la décision des magistrats en charge de ce dossier, la reprise de la quasi-totalité des équipements et terrains concernés par la liquidation de VENCOREX par EXALIA permettrait de consolider l’avenir industriel de la plateforme chimique.

Lors du conseil métropolitain du 6 février 2026 il a été décidé d’apporter une aide remboursable à ce projet d’un montant de 3 M€, qui vise à réactiver d’ici fin 2027 la filière sel-chlore de la plateforme chimique et à développer à moyen terme de nouveaux débouchés autour d’une chimie fortement décarbonée.

L’investissement total de ce projet est estimé à plus de 80 millions d’euros. Le projet estime pouvoir générer dans sa première phase environ 100 emplois directs. A l’horizon 2030, plus de 250 salariés sont attendus sur le site.

Ce projet s’accompagne de la reprise de l’entreprise Chloralp qui exploite la mine de sel de Hauterives, interconnectée par saumoduc à la plateforme de Pont-de-Claix. La reprise de cette société par ORIO Holding (dirigée par Olivier Six), qui porte les différentes entités du projet, est indispensable à la réussite du projet EXALIA.

« Le projet de développement présenté par l’entreprise EXALIA est cependant conditionné à l’existence de débouchés à partir de début 2028. A ce stade, il apparaît clairement que la fermeture de l’outil de production de VENCOREX a créé un manque de production régionale du chlore et de la soude. Les industriels de la région, qui ont besoin de ces composés chimiques, sont désormais obligés de les faire venir d’autres plateformes françaises ou européennes. Les coûts de transport du chlore et de la soude étant très élevés, au regard de la dangerosité des produits, une offre régionale nécessairement plus compétitive devrait trouver son marché. Cette analyse est partagée par les industriels du chlore et par les services de l’État. Comme tout projet économique, ce dernier présente un risque et l’entreprise pourrait, dans les années à venir, être confrontée à des difficultés économiques si les conditions de réalisation du projet ne sont plus remplies.

Le projet EXALIA n’est pas la seule offre d’acquisition présentée lors de cette phase de liquidation. En effet, l’industriel WANHUA, qui a repris une part des activités de VENCOREX, a également un projet de développement industriel sur le site de Pont-de-Claix, notamment pour pérenniser son implantation en Europe via sa filiale PDC CHEMICALS. L’entreprise WANHUA ambitionne de développer son activité de production actuelle, mais pourrait également être amenée à investir massivement sur un projet de production de matières premières pour des batteries électriques. De même, l’entreprise SUEZ envisage d’accroître sa présence sur site.

Ces deux projets, même s’ils ne rentrent pas dans le cadre du soutien apporté par la Métropole, démontrent que d’autres industriels majeurs de la chimie croient aux potentiels de développement de la plateforme chimique de Pont-de-Claix. Par ailleurs, les différents projets se renforcent mutuellement. En effet, plus le nombre d’acteurs présents sur site est important et plus les charges d’exploitation sont faibles, ouvrant la voie à l’arrivée de nouvelles activités qui elles-mêmes contribueront à la réindustrialisation du site et à sa pérennité.

Le projet EXALIA nécessite un engagement financier de la part de l’État et des collectivités locales. A ce stade, un soutien public à hauteur d’environ 40 millions d’euros est prévu.

Sont sollicités 7 millions d’euros auprès de la Région Auvergne Rhône-Alpes, 7 millions d’euros par l’ADEME et potentiellement 10 millions d’euros de Certificats d’Économie d’Énergie supplémentaires, 5 à 10 millions d’euros de Prêt Nouvelle Industrie par Bpifrance, qui pourrait aussi activer la Garantie Projet Stratégique, et 5 millions d’euros de la Banque des territoires.

Enfin, 3 millions d’euros sont prévus par la Métropole…

Comme tout projet économique, ce projet présente un risque d’échec. En cas de dépôt de bilan dans les années couvertes par la convention relative à cette avance remboursable, la Métropole pourrait voir l’avance accordée ne pas être remboursée en totalité.

Le soutien de la Métropole au projet EXALIA est indispensable pour permettre le démarrage de l’activité de l’entreprise. Cette aide sera également une des premières versées ; les délais d’instructions des autres financeurs étant plus longs, elle permettra d’amorcer le projet rapidement… »

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