Les missions de service public de La Poste vont être encore amputées

Publié le 20 février 2026

L’Association des maires de France (AMF) s’insurge contre la diminution importante des financements par le budget de l’Etat de 2026, des 4 missions de service public de la Poste rappelées par le contrat de présence postale de 2008 : le service universel postal, une mission d’accessibilité bancaire, le transport et la distribution de la presse et la contribution à l’aménagement et au développement du territoire.  Une présence postale qui représente 17 000 points de contact sur toute la France.

La loi de finance pour 2026, si elle est validée par le Conseil constitutionnel pour cette partie, prévoit une coupe de 44 millions d’euros pour la mission d’aménagement du territoire que La Poste prend en charge, et un total de 122 millions d’euros pour l’ensemble des quatre missions de service public.

Voici des précisions données par « Localtis info » du 16 février 2026.

« … Ce contrat prévoit une enveloppe de 174 millions d’euros pour cette quatrième mission de service public, intégrée dans le fonds postal national de péréquation territoriale, qui provient des abattements appliqués à la fiscalité locale (taxe foncière, cotisation foncière des entreprises et cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) due par La Poste et d’une dotation budgétaire votée annuellement par le Parlement, en conséquence de la suppression de la recette de la CVAE. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit de faire passer la dotation budgétaire de l’Etat pour cette mission de 120 à 76 millions d’euros. Par ailleurs, le rendement de l’abattement de fiscalité locale serait de 46 millions d’euros, également en baisse, au regard des 54 millions d’euros attendus, en raison de la poursuite de la baisse de la CVAE. Le fonds postal national de péréquation territoriale passerait ainsi de 174 à 122 millions d’euros. Plus globalement, l’ensemble des missions de service public perdrait 122 millions d’euros de compensations par rapport à ce qui est prévu dans le contrat d’entreprise et le contrat de présence postale en cours : 70 millions d’euros au titre du service universel postal, 8 millions d’euros au titre de la distribution de la presse et donc 44 millions au titre de l’aménagement du territoire.

La Poste n’a pas à payer et les collectivités participent déjà

Des baisses inquiétantes sachant que le coût des missions de service public de La Poste est déjà largement sous-compensé. La mission d’aménagement du territoire a été évaluée à 322 millions d’euros pour l’année 2023 par l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep). Et en comptant les autres missions, « le tout est estimé à 2 milliards d’euros et n’est compensé qu’à hauteur d’un milliard. Nous sommes très inquiets, l’Etat se désengage d’un contrat que lui-même a signé, précise Marielle Muret-Baudoin, (vice-présidente de l’Observatoire national de la présence postale de l’Association des maires de France) La Poste n’a pas à payer et les collectivités participent déjà en mettant à disposition des bureaux et sans compensation à la juste hauteur. La situation commence à se tendre ». Les financements de la mission servent en effet à payer les agences postales et relais commerçants (compensation financière pour les salaires des personnels et pour l’aménagement des points de contact), permettant à l’entreprise de maintenir les 17.000 points de contact.

Faut-il adapter le réseau ?

« Certes, le courrier baisse depuis dix ans, mais nous avons encore besoin des services de La Poste. Nous avons des territoires qui ont des typologies différentes. Est-ce qu’il faut adapter le réseau ? Nous sommes ouverts à toute discussion mais il faut garder la présence de l’Etat via La Poste dans nos territoires », assure Marielle Muret-Baudoin. Une mission d’information relative aux services publics de La Poste en vue d’une nouvelle loi postale a été confiée aux députés Jacques Oberti et Jean-René Cazeneuve (commission des finances). « Si l’Etat estime que le nombre de points de contact doit être revu, il décide », explique Marielle Muret-Baudoin. En février 2025, la Cour des comptes avait pour sa part estimé qu’il fallait adapter les missions de service public de La Poste (réduire la fréquence de distribution et le nombre de bureaux de poste) tout en les compensant à hauteur du déficit comptable qui en résulte… »

Voila comment des mesures apparemment techniques dégradent durablement les services publics, atteignant ainsi les populations éloignées et fragiles.

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