Pour avoir voulu protéger le 1er mai, des agents victimes de représailles

Publié le 29 mai 2026

C’est le titre d’un communiqué du 28 mai 2026 de la députée de la 2ème circonscription de l’Isère, Cyrielle Chatelain, s’adressant au Ministre du Travail et à Mme la Préfète de l’Isère de signifier de nouveau à la DDETS 38 (Direction Départementale de l’Emploi du Travail et des Solidarités) la nécessité de respecter la loi et la convention OIT 81 (Organisation internationale du Travail) garantissant l’indépendance d’action de l’inspection du travail.

« Ce mercredi 27 mai, à l’appel de plusieurs syndicats, les agent·es de l’inspection du travail manifestaient devant l’Hôtel de police de Grenoble, en soutien à deux de leurs collègues, pris pour cible après des tensions avec la DDETS 38.

L’objet de la convocation : des accusations d’harcèlement moral à l’encontre d’une cheffe de service, plainte ancienne qui ressort « opportunément » après la polémique sur le 1er mai. Seul problème, et après 3 heures d’audition par la police, le dossier est entièrement vide, comme le souligne leur avocate.

Alors qu’est-il réellement reproché à ces agents ?

En avril dernier, à l’approche du 1er mai Les agents de la DDETS 38 se sont heurtés à la forte opposition de leur direction, qui les a empêchés de faire respecter la loi.

En effet, les agents de l’inspection du travail ont tenté de communiquer par voie postale auprès des employeurs et des salarié·es de l’Isère, pour rappeler le cadre légal en vigueur, n’autorisant pas le travail le 1er mai. Cette communication devait être suivie de contrôles le 1er mai pour s’assurer que les droits des salariés étaient bien respectés. Suite aux annonces du gouvernement Lecornu voulant supprimer le 1er mai pour certaines professions, les agents craignant des abus, se sont organisés et cela en dépit de l’obstruction manifeste de leur direction.

Quand deux de ces agents, qui ont simplement cherché à faire appliquer la loi, se retrouvent aujourd’hui visés par des procédures disciplinaires sans fondement, il est difficile de ne pas y voir des mesures de représailles.

Le rôle des agents de l’inspection du travail est de s’assurer que les droits des salarié·es tout comme les devoirs des employeurs soient respectés. C’est exactement en ce sens que les agent·es mis en cause ont rempli leur mission.

Je demande au Ministre du Travail et à Mme la Préfète SEGUIN de signifier de nouveau à la DDETS la nécessité de respecter la loi et la convention OIT 81 garantissant l’indépendance d’action de l’inspection du travail.

De rappeler qu’en aucun cas, remplir ses missions, faire respecter le cadre légal, quelques soient les annonces de communication d’un gouvernement, ne saurait constituer un motif de sanctions disciplinaires ou de poursuites pénales pour des agents d’inspection du travail par ailleurs surchargés de travail vu la coupe sévère dans leurs effectifs (-500 postes sous Macron).

L’intervention de Mr Lecornu soutenant au téléphone un boulanger ayant fait travailler ses salariés le 1er mai en Isère, fait relevé par l’inspection du travail, ne peut en aucun cas justifier ces mesures de rétorsion contre des agents qui n’ont fait que leur travail. »

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