Pourquoi un quart des jeunes vivent toujours chez leurs parents à 23 ans ?

Publié le 19 juin 2026

L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) a produit une étude à ce sujet, publiée le 9 juin 2026.

En France, un quart des jeunes ne sont jamais partis de chez leurs parents avant 23 ans. Ces cohabitations au domicile parental au-delà de 23 ans renvoient à des situations contrastées. Certains jeunes font face à une situation de précarité liée à l’absence d’emploi, à l’instabilité de l’emploi ou encore à des revenus issus du travail trop faibles pour accéder à un logement autonome. D’autres restent chez leurs parents le temps de réaliser leurs études supérieures. Enfin, ces cohabitations concernent également des jeunes, principalement des femmes, qui aident des proches, ce qui rendrait nécessaire –notons cet aspect genré- leur présence au domicile familial.

En France, un jeune sur deux part une première fois de chez ses parents avant 19 ans. Toutefois, pour un jeune sur quatre, ce premier départ n’a pas encore eu lieu à 23 ans et à 25 ans, un sur sept n’est encore jamais parti. Le lieu de résidence des parents apparaît déterminant : les jeunes ayant grandi en milieu urbain partent plus tard que les jeunes ruraux. Cela est lié à la fois à la proximité relative de lieux d’études ou de travail, ainsi qu’au coût du logement plus élevé en milieu urbain.

Contrairement à l’idée reçue du maintien prolongé et souhaité au domicile parental, à l’instar de la figure du film Tanguy, l’enquête qualitative menée par l’INJEP à Paris et Marseille, combinée à l’exploitation de l’enquête statistique « Entrée dans la vie adulte (EVA) », donne à voir des jeunes qui reportent le moment du départ pour trois principales raisons : des difficultés d’insertion sur le marché du travail et un manque de ressources financières ; la poursuite des études supérieures à proximité du domicile parental ;  l’aide fournie à un membre de la famille.

Parmi ces raisons, la précarité de l’emploi et les difficultés d’insertion sur le marché du travail forment le principal obstacle à la prise d’autonomie résidentielle. Cela concerne en particulier les jeunes des classes populaires. Différentes situations apparaissent : des jeunes sans emploi, des jeunes en emploi précaire ou des jeunes en emploi stable mais pas suffisamment rémunérateur au regard des prix du marché de l’immobilier.

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