Le consentement des Français au financement des dépenses de défense

Publié le 3 juillet 2026

L’IPP (Institut des Politiques Publiques) publie le 30 juin les résultats d’une étude sur le consentement des français au financement des dépenses de défense, signée Martial Foucault, professeur des universités à Sciences Po Paris et directeur de l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire (IRSEM), Pierre Boyer, Professeur à l’École polytechnique-CREST, directeur adjoint de l’IPP et directeur du programme de l’IPP « Démocratie et Institutions » et Jonathan Garson (CREST).

Cette étude, qui s’appuie sur l’analyse approfondie de l’enquête du Conseil des prélèvements obligatoires (2025), s’intéresse aux préférences des françaises et français en matière de dépenses de défense lorsqu’ils sont mis en situation de procéder à des arbitrages fiscaux.

Le Parlement s’apprête à voter une hausse importante des crédits pour les armées. Les modalités de financement de cette hausse font l’objet de premiers débats et se poursuivront très probablement à l’automne lors de l’examen parlementaire du PLF 2027. Cette note ambitionne d’apporter, dans cette perspective, un éclairage sur les préférences des citoyens et contribuables.

« Le réarmement engagé en Europe à la suite du retour de la guerre sur le continent pose une question rarement étudiée : comment financer un effort de défense durable dans des États déjà confrontés à de fortes contraintes budgétaires ? En France, l’atteinte des objectifs fixés par le sommet de l’OTAN de juin 2025 (3,5% du PIB consacré aux dépenses militaires et 5% de dépenses de sécurité d’ici 2035) implique de nouveaux arbitrages entre fiscalité, dette et autres dépenses publiques. Plutôt que d’interroger les Français sur leurs préférences en matière de dépenses de défense sans contraintes, cette note analyse leurs choix lorsqu’ils sont soumis à des arbitrages fiscaux.

À partir d’une enquête originale, nous examinons dans quelle mesure les citoyens acceptent un effort supplémentaire en faveur de la défense lorsqu’ils sont explicitement confrontés à des conséquences budgétaires et fiscales. Nos résultats montrent que le consentement au financement de la défense dépend autant de la perception du risque de conflit que du rapport des citoyens à l’impôt et à l’action publique.

  • Les citoyens sont davantage disposés à soutenir les dépenses militaires lorsqu’ils perçoivent l’environnement international comme dangereux et adhèrent au principe civique de l’impôt.
  • Le soutien à la défense est particulièrement faible chez les répondants exprimant un sentiment d’injustice fiscale ou d’insatisfaction vis-à-vis de la dépense publique.
  • Les caractéristiques socio-démographiques des répondants (revenu, âge, genre, niveau d’éducation) ainsi que les préférences politiques ne jouent pas un rôle déterminant et robuste dans le soutien aux dépenses militaires.
  • Une majorité des répondants souhaitent que l’augmentation prévue des dépenses militaires soit financée par une réduction des autres dépenses publiques.
  • Parmi les répondants favorables à une hausse des prélèvements pour financer la défense, les impôts sur le patrimoine et sur les sociétés recueillent le plus de soutien.
  • Finalement, la menace crée le soutien à la défense mais la fiscalité et la confiance dans l’État déterminent les modalités de son financement… »

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