Comment choisir ses pâtes quand 80 % sont contaminées au cadmium ?

Publié le 4 septembre 2026

80 % des pâtes testées contiennent du cadmium, révèle une enquête de 60 Millions de consommateurs. Alors, comment faire pour éviter de manger ce métal lourd et hautement toxique ? La réponse n’est pas simple.

« Un enfant d’une douzaine d’années pesant 40 kg et consommant cinq portions de 60 g de pâtes sèches par semaine ingérerait environ 21 microgrammes de cadmium, soit plus d’un cinquième de la dose hebdomadaire tolérable retenue par l’autorité européenne », relève 60 millions de consommateurs. Or, ils absorbent par ailleurs ce métal toxique dans d’autres aliments du quotidien, comme le pain et les pommes de terre, surtout, mais aussi le riz, les biscuits salés ou sucrés et le chocolat.

Les effets néfastes sur la santé sont multiples : atteintes osseuses comme l’ostéoporose, maladies rénales, cancers de la prostate ou du sein, maladies cardiovasculaires. « Il n’y a pas de dose en dessous de laquelle le risque n’est pas augmenté, estime Pierre Souvet, médecin cardiologue et cofondateur de l’association Santé Environnement France. Moins on consomme de cadmium, mieux c’est pour éviter des infarctus ou des insuffisances cardiaques induits par cette exposition environnementale, souvent sous-estimée. »

Alors, comment choisir les pâtes les moins néfastes ?

Un article du média Reporterre fait le point.

En voici quelques extraits

« Privilégier la bio. Le conseil numéro 1 du médecin est d’opter pour une alimentation bio dans la mesure du possible. D’ailleurs, tous contaminants testés confondus — métaux lourds, comme le cadmium, ou pesticides —, les deux marques de spaghetti les mieux notées par 60 Millions de consommateurs sont issues de l’agriculture biologique : les Priméal et Jardin bio (Léa Nature) semi-complètes.

Mais la bio n’est pas un gage infaillible de moindre teneur en cadmium : les spaghetti Bio Village de Leclerc figurent parmi les mauvais élèves. Même si les agriculteurs bio utilisent moins d’engrais phosphatés, riches en cadmium, il est parfois naturellement présent dans les sols ou hérité de l’usage passé de leurs terres par l’agriculture conventionnelle, puisqu’il y reste des années.

Néanmoins, la bio permet généralement de limiter la casse. En janvier, une autre étude, réalisée par l’UFC-Que choisir, avait montré que les pâtes blanches bio testées contenaient deux fois moins de cadmium que les non-labellisées. Au-delà des pâtes, les cultures bio présentent une concentration en cadmium inférieure de 48 % en moyenne aux cultures conventionnelles.

Éviter le blé d’origine française. Les niveaux de ce métal toxique mesurés chez les Français sont bien plus importants que ceux observés dans les autres pays européens et nord-américains, selon une étude de Santé publique France. Une des explications réside dans l’importante utilisation d’engrais phosphatés dans l’agriculture, en particulier en provenance du Maroc. Les marques qui mettent en avant l’utilisation de blé français sur leurs paquets, comme Lustucru, Panzani et Alpina Savoie, sont donc susceptibles d’en contenir davantage…

Diversifier son alimentation

Pas vraiment de solution miracle, donc, pour les inconditionnels des pâtes. Toutefois, il existe des alternatives. Aujourd’hui, un Français consomme en moyenne une portion de pâtes de 100 g tous les quatre jours environ : l’idée serait de diminuer la cadence en prenant conscience de la contamination au cadmium dans les produits à base de blé. « Mais pas pour les remplacer par des patates, met en garde le médecin. Les légumineuses concentrent très peu de cadmium, tout comme le fromage et les œufs. Mieux vaut privilégier des laitages et des fruits pour le goûter, par exemple. »

D’autant que, pour limiter les effets nocifs du cadmium, il insiste sur l’importance de veiller à ne pas manquer de calcium, de zinc ou de fer, cette dernière carence étant particulièrement fréquente chez les personnes menstruées, notamment du fait de leurs règles. Ces trois minéraux aident en effet à lutter contre la toxicité du cadmium.

Ainsi, si l’alimentation est la principale voie d’exposition au cadmium, elle peut aussi servir de bouclier. En attendant des mesures ambitieuses de réduction de l’usage des engrais phosphatés : le gouvernement s’est contenté d’annoncer en mars un léger abaissement, très progressif, des limites maximales de cadmium dans les engrais minéraux phosphatés épandus sur les sols agricoles. »

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