
22.000 personnes le 17 octobre c’est la plus importante manifestation populaire et pacifique depuis 2002 à Grenoble, une démonstration de la profondeur de la crise sociale. Depuis le début du mouvement citoyen, qui s’est avéré la semaine passée très puissant et unanime, le gouvernement, englué dans la préparation du budget de l’État et de la sécurité sociale, privilégie le pourrissement de celui-ci et refuse la construction d’un dialogue minimal : rien pour répondre aux revendications de la jeunesse et des lycées, pourtant légitimes, étudiées et rapportées depuis longtemps, comme l’indique l’article dans Le Monde du 18 octobre.
L’accumulation des vexations multiples, aux conflits non réglés a fait monter les colères et beaucoup de personnes se sentent méprisées et les alertes étaient multiples sur la dégradation du climat social : « Mobilisation du 17 octobre : les colères sont déclarées », titrait le 16 octobre Alternatives économiques. « Entre les appels des organisations lycéennes, ceux des gilets jaunes et des syndicats contre la vie chère, la mobilisation du 17 octobre s’annonce à haut risque pour le gouvernement. De quoi provoquer un effet boule de neige ? » Mobilisation du 17 octobre : les colères sont déclarées | Alternatives économiques
Une démocratie ne devrait pas répondre aux colères légitimes par la répression, cela ne fait qu’attiser la violence.
L’abandon de la police de proximité par N. Sarkozy a été le début de la profonde détérioration du service public de sécurité intérieure et de ses revirements de doctrine en matière de maintien de l’ordre. Sous les divers gouvernements de Macron, tous les mouvements sociaux ont été maltraités politiquement ; ils ont été analysés et commentés comme une incapacité à changer, à admettre le monde « comme il va ». Les diverses luttes sociales et écologiques, gilets jaunes, Sainte Soline par exemple ont subi une répression policière inacceptable. Par ailleurs l’ensemble des corps intermédiaires, politiques ou sociaux et même le Parlement ont été ignorés, maltraités, notamment sur les retraites, la fiscalité ou pour ce qui concerne les budgets des collectivités locales.
C’est fort de café d’entendre après coup, après ces mois et ces années d’ignorance des nécessités, le président de la République demander benoitement que tout le monde s’assoie autour d’une table tout en promouvant des couvre-feux.
Quant on remplace la négociation par la répression il ne faut pas s’étonner que la violence réponde à la violence. La doctrine macroniste du maintien de l’ordre est un échec total, d’une stratégie voulue de défaut du maintien de l’ordre, notamment face aux casseurs et pilleurs vu que cela s’est passé de la même manière uniformément partout en France. Les policiers-policières méritent mieux que des ordres insensés face à des revendications sociales de jeunes ou moins jeunes. Leur métier est d’assurer la sécurité, il y a d’autres moyens que le seul surarmement….
L’histoire politique nous montre que les désordres à l’ordre public se terminent en général par la victoire de la droite dure ou de l’extrême droite aux élections qui suivent. La surdité du pouvoir et son incapacité à discuter réellement des enjeux écologiques et sociaux produit une politique désastreuse et pourrait faire les choux gras du Rassemblement National.
Raison de plus pour en appeler à l’union de toutes les gauches dès le premier tour de l’élection présidentielle ou au moins pour les élections législatives, sinon ce serait l’arrivée de l’extrême droite qui cumulerait exécutif et législatif… ce serait alors la mise à bas de notre État de droit, les libertés publiques en commençant par l’attaque contre les étrangers.
L’unité à gauche reste toujours le but à rechercher, il n’y a pas et il ne doit pas y avoir de gauche irréconciliable, sinon c’est nier les leçons de l’histoire.
Mots-clefs : ADES, démocratie
