Le gouvernement doit entendre les revendications sociales

Publié le 30 octobre 2026

Un communiqué du 27 octobre 2026 de plusieurs partis de gauche de l’Isère (Génération.s, Les Ecologistes, PCF, PS, L’Après et Debout) appelant le gouvernement à entendre les revendications sociales et démocratiques exprimées dans les mobilisations citoyennes et à y répondre concrètement, au lieu de privilégier une logique de répression et de maintien de l’ordre comme unique réponse politique.

En octobre 2026, nous avons manifesté, à plusieurs reprises, en Isère, aux côtés de dizaines de milliers de citoyennes et de citoyens. Nous étions des centaines de milliers, partout en France, pour réclamer plus de justice sociale, pour soutenir les lycéens, étudiants et personnels de l’Éducation afin d’obtenir les moyens d’étudier dans de bonnes conditions, ainsi que pour soutenir le mouvement des gilets jaunes qui n’ont jamais obtenu de réponses à hauteur de leurs revendications, au contraire les injustices sociales qui n’ont fait que croître.

Ces mobilisations ont connu un succès indiscutable, le Président Macron et le gouvernement doivent maintenant répondre aux attentes légitimes des manifestants.

En parallèle à ces manifestations, la colère sociale qui couve depuis longtemps a conduit à une explosion de violences sans précédent. Grenoble en a été, comme d’autres grandes villes, le théâtre. Nous dénonçons fermement ces violences et les saccages de bâtiments ainsi que des équipements collectifs en exprimant notre soutien envers celles et ceux qui en ont souffert, physiquement ou moralement. Les auteurs doivent être sanctionnés, nous attendons de la justice qu’elle fasse respecter l’État de droit.

Si nous ne pouvons cautionner de telles violences, nous dénonçons aussi et avec force les violences subies par des manifestantes et des manifestants qui ont été empêchés de participer sereinement aux manifestations. Ces violences sont d’un autre ordre. A Grenoble et ailleurs, des femmes et des hommes ont été aspergés de gaz lacrymogène en tentant de rejoindre des points de rassemblement, d’autres ont été verbalisés, d’autres encore frappés sans raisons par des forces de l’ordre, forces de l’ordre sans doute épuisées par l’incohérence des injonctions venues d’en haut qui leur ont été données. Comment accepter que des femmes et des hommes puissent revenir blessés ou mutilés ? Il est inacceptable, dans une démocratie, que le droit de manifester en sécurité ne soit pas respecté. Nous attendons des explications.

Nous nous joignons à la demande d’amnistie des lycéennes et des lycéens injustement condamnés lors de ces manifestations.

En outre, le traitement médiatique qui vise à mettre systématiquement en avant les saccages et les violences n’est pas à la hauteur du débat que méritent les citoyens. Il n’est pas acceptable, dans une démocratie, que des partis politiques soit accusés à tort d’être responsables au prétexte qu’ils sont des opposants à la politique du gouvernement.

Lors de son allocution télévisée le 18 octobre, le Président Macron a indiqué que rien n’explique ces violences. Or, il est du devoir d’un Président de la République de trouver des explications afin de faire en sorte que de tels évènements ne se reproduisent pas. Expliquer ne signifie ni justifier, ni donner raison. Il nous semble que des explications pourraient être trouvées si nous mesurions réellement l’effet des écarts croissants de richesse, si nous luttions réellement pour faire diminuer les situations d’extrême pauvreté en France. Chaque individu, où qu’il soit, d’où qu’il vienne doit se sentir respecté. Il est du devoir d’un Président d’assurer un climat de paix pour toutes et tous. Le Président de la République et son gouvernement ont failli.

Il y a parfois de vraies divergences entre nos partis ou mouvements. Mais nous tenons, au travers de ce communiqué, à parler d’une seule voix avec la volonté de faire bloc lorsqu’il s’agit de défendre les droits fondamentaux que sont la liberté de manifester et le droit à une éducation digne pour tous. Nous sommes déterminés à faire bloc face à la montée du fascisme et à la montée du racisme. Le racisme tue, nous en avons eu l’horrible démonstration dans l’attentat terroriste d’extrême-droite à Trappes.

Nous exigeons du Président de la République qu’il se montre enfin à la hauteur de la gravité de la situation et qu’il prenne des décisions pour garantir, d’une part la liberté de manifester mais aussi pour répondre à la colère du peuple français.

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