
Le pôle éducation de l’IPP (Institut des Politiques Publiques) publie une nouvelle note sur le sujet des inégalités de genre à l’école.
Cette note s’appuie sur l’étude statistique des bulletins scolaires remis à plus de 600 000 lycéens de terminale scientifique au cours de la période 2013-2017. Elle révèle des différences dans les appréciations selon le genre de l’élève.
Résultats clés
Le recours à un vocabulaire genré est plus prononcé dans les matières scientifiques débouchant sur des filières où les hommes sont surreprésentés (mathématiques, physique-chimie), et moins marqué dans les matières littéraires (philosophie, langues vivantes) ou dans les disciplines scientifiques à prédominance féminine (sciences de la vie et de la terre).
En mathématiques, par exemple, le vocabulaire des appréciations scolaires permet de prédire le sexe de 6,5 élèves sur 10 en moyenne, alors qu’un vocabulaire neutre prédirait le sexe de 5 élèves sur 10 (prédiction aléatoire).
Pour cette matière, les trois quarts des termes genrés sont relatifs au comportement : les filles sont encouragées pour leurs efforts et leur sérieux, tandis que l’immaturité des garçons est soulignée.
Le quart restant qualifie les compétences : à niveau scolaire égal, les enseignants insistent davantage sur les lacunes des filles et les aptitudes des garçons, en ligne avec les stéréotypes de genre en sciences.
À l’inverse, dans les matières à prédominance féminine, les termes relatifs aux compétences sont utilisés de manière indifférenciée entre les filles et les garçons.
Les enseignants employant un vocabulaire plus genré améliorent légèrement la performance en mathématiques au baccalauréat (gain de 0,8 rang sur 100 pour les filles, et de 0,4 rang sur 100 pour les garçons) mais n’influencent pas les trajectoires dans le supérieur.
Mots-clefs : droits des femmes, Education, inégalités
