
Le 25 mars 2026, le tribunal des activités économiques de Lyon (ex-tribunal de commerce) a rejeté le projet industriel Exalia qui reprenait les actifs restant de Vencorex, au profit de la cession des terrains et du démantèlement de l’usine. Pourtant ce projet avait trouvé les financements nécessaires, était soutenu par l’Etat et les collectivités locales en particulier la Métro.
La raison évoquée par le tribunal est « une incapacité technique et financière à gérer un site Seveso ». Une partie des terrains avait été cédée à Suez et PDC Chemicals et la proposition d’un ferrailleur drômois All Metal avait été acceptée, ce qui bloque Exalia qui utilisait une partie des installations existantes.
Les porteurs du projet vont faire un recours auprès du Procureur de la République de Lyon.
« Le ferrailleur aura trois ans pour démanteler l’usine et revendre des pièces, précise Séverine Dejoux, ex-déléguée CGT de Vencorex et porteuse du projet. Sauf que dans trois ans, le site sera devenu une friche inutilisable. Aujourd’hui, il nous est dit que l’on préfère démanteler plutôt que donner sa chance à un projet qui n’avait pourtant jamais été remis en question ».
Pour la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet qui était en Isère le 26 mars : « C’est une honte, c’est le symbole de la casse organisée de notre industrie, Vencorex c’est 450 emplois directs, plus de 5000 emplois indirects, depuis sa fermeture les plans de licenciement s’enchaînent sur la plateforme chimique notamment, les salariés ont réussi à déplacer des montagnes et à réunir autour de leurs projets des élus, des entrepreneurs, la BPI qui pour une fois avait sorti le carnet de chèques, et le tribunal de commerce privilégie des liquidateurs plutôt qu’un projet industriel solide »
La députée de la circonscription, Cyrielle Chatelain, a réagi immédiatement en condamnant cette décision de non reprise du projet Exalia : « Le projet Exalia portait l’ambition de préserver les savoir-faire, maintenir une activité stratégique sur le territooire et la création de 1000 emplois dans les cinq prochaines années. Aujourd’hui, abandonner cette solution revient à tourner le dos aux salariés, à leurs familles et à l’avenir industriel du territoire… Nous ne devons pas renoncer à continuer de défendre notre industrie locale et celles et ceux qui la font vivre. »
