La nouvelle situation politique à la Métro

Publié le 8 mai 2026

Après la réunion du conseil métropolitain du 30 avril, le président Guillaume Lissy va prochainement arrêter les délégations aux vice-président-es (VP), puis nommer des conseillers délégués. Lors de la prochaine réunion du conseil, seront élus les autres membres du bureau et décidées les nominations dans les très nombreux satellites de la Métro.

Guillaume Lissy entend mettre en place une nouvelle méthode de gestion. Face à l’absence de bloc politique majoritaire, le nouveau président privilégie la recherche de compromis projet par projet afin de garantir le fonctionnement de la Métro et d’assurer une stabilité durable pour les agents et les communes membres.

Le président a déclaré à la radio Ici Isère : « Mon ambition c’est de mettre tout le monde autour de la table, moi je suis un homme de gauche, je l’assume, on connaît mes valeurs, on connaît mes convictions, on connaît mon chemin, on connaît l’idéal que je poursuis, le travail ça va être de se mettre autour de la table et d’essayer de trouver des compromisIl faut qu’on travaille sur notre mode de gouvernance, la manière dont on se respecte, dont on se parle, la manière dont on travaille ensemble, dont on décide, la manière dont on fait territoire.« 

Les 110 conseiller-es communautaires vont choisir leur appartenance à des groupes politiques. On y verra peut-être un peu plus clair sur la réalité politique du conseil métropolitain.

Un groupe de droite (qui se présente comme « centriste ») s’est constitué de 11 élu-es présidé par E. Chalas (opposition Grenoble) et qui a 2 Vices-Présidents (Thoviste majorité de Fontaine et Hugelé maire de Seyssins), ce qui engendre des tensions dans le groupe de droite à Grenoble; certains carignonistes admettant mal de voir d’autres droitistes soutenir à la Métro un exécutif légèrement dominé par la gauche. Le restant (5) des carignonistes grenoblois forment un groupe présidé par Th. Aldeguer.

A gauche, aussi, cet accord politique transpartisan a du mal à passer.

Les élu-es qui se revendiquent clairement de la gauche ne sont que 54, soit deux de moins que la majorité (56/110) : 46 soutenant publiquement Guillaume Lissy dès sa déclaration de candidature. Ajoutons à ceux-ci les 8 de La France Insoumise, il pourrait y en avoir quelques-uns un peu fluctuants notamment dans des petites communes. Contrairement à ce que pensait les élus LFI, ils n’avaient pas la capacité de faire ou défaire une candidature à la présidence. La majorité de gauche à la Métro était désunie, et la crainte, après l’élection de Guillaume Lissy c’était de se retrouver avec des élections de vice-président-es obtenues par « tirs aux pigeons » et donc un établissement public métropolitain difficile à mener, notamment sur les questions budgétaires et fiscales, cruciales.

L’avenir dira si cette ouverture à des élu-es de droite (centristes et LR) est vivable. L’attribution des délégations sera à ce titre très importante pour montrer quel est le véritable équilibre dans l’exécutif.

Le président a dans sa main toujours la possibilité de retirer une délégation à un VP qui ne voudrait pas voter le budget, c’est une certaine assurance à avoir une majorité pour voter les budgets.

Dans l’assemblée Métro, au-delà des 54 élu-es de gauche, 29 élu-es se déclarent de petites communes (dont 2 ont été élus contre une liste de droite), 8 macronistes (de droite), 17 élu-es de droite (dont 7 de l’opposition grenobloise) et deux d’extrême droite.

Dans 19 communes se présentait une liste unique au 1er tour lors des élections municipales, se revendiquant en grande majorité d’appartenance au bloc des petites communes avec une position affirmée apolitique (donc plutôt au centre droit).

Il y a donc une grande diversité politique et un certain flou dans cette assemblée délibérante.

Juste avant le début de la séance du 30 avril, les élu-es d’union de la gauche et des écologistes (Ecologistes, PS, PCF et citoyens de gauche) ont décidé à la majorité (mais pas à l’unanimité) de ne pas poursuivre l’accord technique avec LFI et d’accepter une moitié de VP de gauche ayant soutenu Guillaume Lissy et le reste à répartir entre petites communes, centristes et droite. L’accord seulement technique avec LFI ne pouvait pas fonctionner contrairement à Grenoble où il y a une majorité de gauche sans LFI. A la Métro pour avoir une large majorité politique à gauche, il aurait fallu avoir un vrai accord politique avec LFI, mais c’était refusé des deux côtés.

Sur le papier il y a une majorité de gauche dans l’assemblée délibérante, mais les rapports internes à la gauche sont actuellement un obstacle à pouvoir imposer une vraie politique de gauche et cela ne se calmera pas tout de suite du fait du démarrage de la préparation de l’élection présidentielle.

Il est possible qu’un certain immobilisme gagne la gestion de la métropole, sauf en ce qui concerne les finances dont la situation va imposer d’agir pour équilibrer les budgets dès la fin de 2026. Mais cela n’est pas rassurant sur la capacité du président et des élus de gauche et écologistes de déterminer une ligne politique claire, ancrée du côté de l’écologie et de la solidarité. Dans ce contexte la question clé du rôle de la Métropole comme outil de solidarité territoriale à travers les dotations et le soutien financier aux communes, avec une situation d’inégalités très fortes entre communes pointée par l’ADES depuis longtemps risque fort de passer à la trappe. Pourtant cette question est fondamentale et la traiter permettrait d’ailleurs de sortir des postures politiciennes « petites communes contre Grenoble » qui ont fait tant de dégâts dans le mandat précédent. En effet, comme le montre le tableau des Dotations de Solidarité Communautaire dans l’article de l’ADES, de nombreuses petites communes ne sont pas mieux loties que Grenoble.

On voit bien que le système électoral mis en place pour les intercommunalités ne fonctionne pas, puisqu’à aucun moment il n’y a une obligation à présenter un programme pour l’intercommunalité lors de l’élection. Tout est laissé aux arrangements post-électoraux ce qui fait le délice de certains élus de petites communes. Il faudrait que le gouvernement avance enfin, comme promis par différents présidents, pour trancher et qu’il y ait deux élections directes mais séparées, municipale et communautaire.

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