Le 17 octobre 1961 à Paris, il y a 65 ans.

Publié le 9 octobre 2026

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers de travailleurs algériens et leurs familles ont manifesté pacifiquement à Paris pour le droit à l’indépendance de l’Algérie, pour leur droit à l’égalité et à la dignité, contre le couvre-feu raciste qui leur était imposé.

Alors que la manifestation était pacifique, la répression s’est abattue sur les manifestants avec une grande violence : des milliers d’arrestations, des centaines de morts ou disparus. Le préfet de police de Paris qui conduisait les opérations était Maurice Papon, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour des actes commis entre 1942 et 1944.

Maurice Papon n’est pas le seul à porter la responsabilité de ce massacre, le sommet de l’État est aussi en cause.

Le Ministre de l’intérieur, Roger Frey, et le premier ministre, Michel Debré étaient forcément informés. Nous savons aujourd’hui que Charles de Gaulle, alors président de la République, était au courant.

Au nom de la raison d’État, le silence sur cette tragédie fut organisé par le pouvoir de l’époque et a perduré. C’est grâce à l’action de citoyens, historiens, écrivains, associations, grâce au foisonnement d’initiatives militantes, que la vérité a pu émerger.

Manifestons à 18 h place Edmond Arnaud le 17 octobre 2026, pour :

  • exiger la reconnaissance officielle des massacres du 17 octobre comme crimed’État;
  • réclamer l’ouverture des archives de la Guerre d’Algérie et de la colonisation auxchercheurs français et étrangers, sans restrictions, ni exclusives;
  • refuser les discours xénophobes, racistes, colonialistes.

Pour pouvoir construire sur des bases solides des relations de coopération porteuses d’avenir de part et d’autre de la Méditerranée, il est nécessaire de regarder en face ce que fut la colonisation en Algérie et ailleurs, et reconnaître l’ampleur des crimes coloniaux qui ont été commis.

L’État français doit reconnaître sa responsabilité dans ce massacre commis en plein cœur de Paris.

Nous sommes extrêmement inquiets de la montée de la menace néofasciste en France. Les discours xénophobes, nostalgiques de l’Algérie française et des dominations coloniales, alimentent les discriminations contre les personnes racisées, la stigmatisation des migrants et le soupçon permanent contre les femmes et les hommes de confession musulmane. Nous constatons qu’une partie de la droite n’hésite pas à reprendre tout ou partie de ces discours.

Le 28 mars 2024, l’Assemblée nationale française a approuvé une résolution portant sur « la reconnaissance et la condamnation du massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris ». Le 8 octobre 2025, un projet de loi a été déposé à l’Assemblée Nationale demandant la reconnaissance publique de « la responsabilité pleine et entière de l’État français dans les massacres du 17 octobre 1961, en tant que crime d’État ». Nous soutenons pleinement les demandes que le 17 octobre 1961 soit reconnu comme un crime d’État et devienne une journée de commémoration officielle.

Respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Le refus d’entendre le rejet de la colonisation par le peuple algérien et sa volonté de maîtriser son destin a conduit à une guerre cruelle, avec des centaines de milliers de morts, et bien plus de familles endeuillées

Cette leçon vaut pour le temps présent. La France doit veiller au respect du droit international et cequ’il implique : la protection des populations, le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,la fin des régimes coloniaux partout dans le monde.

Nous affirmons notre pleine solidarité avec le peuple palestinien qui subit, victime de la part du pouvoirisraélien d’une agression d’une violence inouïe, une privation délibérée de nourriture et d’eau, desdéplacements de force de la population, des destructions massives des infrastructures et deshabitations, une destruction intentionnelle du patrimoine culturel palestinien. On compte actuellementau moins 70 000 morts victimes de l’offensive israélienne, essentiellement des civils : un génocide esten cours, et les États doivent agir pour y mettre fin. À l’exemple de l’Espagne, la France doit imposerun embargo total sur les armes à destination d’Israël et interdire les produits venant des coloniesisraéliennes en infraction avec le droit international. Nous sommes solidaires de l’ensemble des peuplesde la région (Liban, Iran, Syrie) agressés par Israël avec l’appui des États-Unis, agressions qui sont descrimes de guerre et des violations du droit international

Solidarité avec les combats démocratiques du peuple algérien

Le 17 octobre 1961, c’est aussi une manifestation pour une Algérie indépendante, démocratique,respectant les libertés fondamentales. Rendre hommage aux manifestantes et manifestants du 17octobre 1961, c’est aussi être solidaire des combats démocratiques du peuple algérien.

La proclamation du 1er novembre 1954 donnait comme but à l’indépendance « le respect de toutes leslibertés fondamentales sans distinction de race ni de confession ».

Depuis le début du Hirak en Algérie, mars 2019, on a compté plusieurs milliers d’incarcérations. Tousceux qui ont accompagné le Hirak sont visés, des avocats, des journalistes, des professeurs, dessyndicalistes, des militants politiques, … À ce jour, plus de 200 personnes sont encore emprisonnéespour avoir exprimé leur opinion et exercé leurs droits fondamentaux, des centaines de citoyens sontpoursuivis pour de simples opinions exprimées sur les réseaux sociaux.

Nous demandons la libération immédiate et sans condition des prisonniers d’opinion en Algérie, le respect du droit d’informer et de manifester pacifiquement. Nous sommes préoccupés par le sort des journalistes détenus arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, notamment, Abdelwakil Blamm et Hassan Bouras. Nous demandons la libération de Christophe Gleizes, injustement condamné à 7 ans de prison.

Appel à l’initiative de Algérie au cœur, Amal, Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et deleurs Amis (ANPNPA), Association de Solidarité des Algériens de l’Isère (ASALI), Comité de soutien auxréfugiés algériens (CSRA), Coup de Soleil Auvergne – Rhône-Alpes, La Libre Pensée, Mouvement de la Paix –Isère, Réseau de lutte contre le fascisme Isère.

Mots-clefs : , , , ,

Le commentaires sont fermés.


ADES  - Le Rouge et le Vert
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.