Dossier Crolles 3

Publié le 1 juillet 2008

détail de l’article paru dans Le Rouge & le Vert n°109

Rappel historique

Le site de ST à CrollesL’histoire de l’économie grenobloise est marquée par le fameux triptyque « Université recherche industrie ». L’ordre des termes n’est pas quelconque :
C’est abord la formation universitaire qui irrigue la recherche publique, en premier lieu la recherche académique (fondamentale et appliquée) et ce dans tous les domaines. La diversité des thématiques de recherche a toujours été une caractéristique de la région grenobloise, même si certaines disciplines se sont plus développées que d’autres (exemple la physique avec les grands instruments européens). Grenoble a été en pointe pour les transferts de technologies de la recherche vers l’industrie. Les collectivités locales se sont contentées jusqu’aux années 2000 de permettre le développement des université et l’implantation des laboratoires. L’Etat pilotait la formation et la recherche amont en apportant d’importants crédits de fonctionnement et d’équipement. Grenoble a su, mieux que d’autres agglomérations attirer les financements publics par l’implantation de l’ILL puis de l’ESRF.

La présence du CEA et de son évolution (dénucléarisation) avec le développement du LETI a accéléré les potentialités de R et D dans certains secteurs, notamment la microélectronique.

La rupture

Le financement par les collectivités locales, de Minatec a présenté une rupture avec ce modèle grenoblois. Pour la 1ère fois, les collectivités se sont substituées à l’Etat pour financer massivement des constructions de laboratoires et même une entreprise de location de salles blanches (SEM Minatec).
En soi, la structuration d’un pôle thématique qui regroupe sur le même lieu, des écoles d’ingénieurs, des laboratoires publics et des bâtiments permettant d’abriter des entreprises privées est plutôt une bonne chose. La construction de « clusters » a, en général, de l’efficacité en permettant de favoriser les échanges et les synergies.

L’implantation de Minatec sur le polygone scientifique à coté du LETI s’est accompagnée de la réduction des thématiques de recherche et de formation notamment à l’INPG et au LETI. Une certaine monoculture s’est installée et le label nano est devenu un véritable sésame pour les équipes de recherche et les entreprises pour obtenir des crédits. A tel point que s’est développé sous l’égide de J. Terme (directeur de la technologie du CEA) un discours sur un développement économique qui ne reposait que sur des promesses et bien loin d’une analyse partagée par les acteurs locaux (scientifiques, industriels et politiques).

Une fois accepté par les collectivités locales, cette économie basée sur les promesses ne s’est plus arrêtée. L’implantation de Minatec s’est prolongée par l’opération Alliance (Crolles 2) avec là aussi pour la première fois une aide directe massive des collectivités publiques à des industriels, contrairement à ce qui s’était fait à Crolles 1. La possibilité pour les collectivités locales de financer des entreprises privées n’est apparue que récemment dans la législation (intervention de la région comme pilote), elle a le défaut de mettre en concurrence les collectivités locales pour accueillir les entreprises, favorisant une course à la subvention.
Le deuxième étage de la fusée a été l’ouverture sur les nanos à la biologie (Nanobio), le troisième la création du pôle de compétitivité Minalogic, piloté par les entreprises et pour les entreprises.
Le dernier étage est le projet GIANT, de transformation du polygone en supercampus technologique qui marque la mainmise de la direction du CEA sur les décideurs politiques.

Le nouveau modèle grenoblois « industrie, recherche, université » a choisi le pilotage direct par l’aval de la recherche grenobloise, par les entreprises avec des conséquences très dangereuses à long terme. Lorsque l’on voit certains laboratoires universitaires (par exemple travaillant aussi dans l’instrumentation) avoir de grandes difficultés pour attirer quelques centaines de milliers d’euros pour leurs recherches, alors que le LETI en partenariat étroit avec des entreprises empoche des dizaines de millions d’euros sans coup férir, à terme il s’agit de l’existence même de la recherche académique qui est menacée. Piloter la recherche par le court terme et un danger mortel. Les programmes de recherche fondamentale exigent des programmes à long terme.

Les dangers d’une telle politique

Il y a le pilotage par l’aval qui, aura des conséquence très négatives par un surdéveloppement de recherches dans un secteur très étroit et l’abandon de la diversité dans les recherches publiques.
L’argent public devrait être en priorité dépensé sur des activités non délocalisables, d’intérêt général et permettre une stabilisation d’une économie sur le moyen et long terme sur le territoire. Si on choisit d’aider l’innovation et les transferts de technologie, alors la manière la plus sûre est d’aider à l’émergence de recherches amont d’excellence autour desquelles viendraient s’agglomérer des recherches appliquées et des entreprises voulant se développer sur de nouveaux marchés. Par exemple IBM a des laboratoires de recherche fondamentale très performants (la découverte du microscope à effet tunnel, outil précurseur de nanotechnologies, en est issu). Les crédits publics (Europe, Etat, Région) devraient être en priorité dirigés massivement vers les recherches amont et de manière diversifiée. Ce serait des pôles de compétences construits autour des laboratoires publics à la place des pôles de compétitivité pilotés par les entreprises. Les investissements dans les laboratoires publics et les créations d’emplois seront des actions pérennes, non délocalisables. Bien évidemment les pouvoirs publics doivent privilégier les recherches utiles et ne pas subventionner ou à sévèrement réglementer celles qui représentent des dangers et des risques importants. L’argent public est rare et peut être un outil efficace pour favoriser la recherche dont l’aboutissement serait bénéfique pour l’intérêt général.

Crolles 2 le bilan

Il s’agissait d’un programme de R et D sur 5 ans destiné à muscler les portefeuilles de brevet des entreprises, et permettre aux trois partenaires ST, Freescale (ex Motorola), NXP (ex Philips) d’être parmi les 1ers mondiaux à atteindre la gravure à 32 nm.

Il faut le dire, car personne ne le dit, le programme technique initial n’a pas eu le succès attendu. Il y a eu environ 1 an de retard sur les 65 nm et plus d’un an sur le 45 nm. Le 32 nm n’est pas atteint.
Au début, les collectivités pour justifier leurs apports financiers ont développé la théorie du ruissellement de Crolles 2 sur l’ensemble des activités économiques. Ceci a été remis en cause par différentes études, notamment l’étude confiée au LEPII de l’UPMF de juin 2005. Le ruissellement se limite aux secteurs de l’électronique, de l’électrotechnique et des technologies de l’information et de la communication, il n’y a que « des effets modestes de diffusion dans les autres secteurs industriels et de services. »

Devant cette faiblesse de l’irrigation, le discours des collectivités change. Elles expliquent qu’il s’agit d’une bonne opération financière puisque leurs subventions sont largement remboursées par les retours de Taxe professionnelle.

Une étude récente de l’OFiPoPu montre que ceci aussi est inexact et de loin. Les subventions des collectivités ayant atteint presque 200 M€ (aide à la R et D et à la construction de l’usine) et Crolles 2 n’a versé que 100 M€ de TP aux collectivités locales jusqu’en 2007. De plus il faudrait diminuer ce retour de TP de la totalité des coûts induits pour les collectivités par l’implantation de Crolles 2. L’équilibre financier pourrait être atteint dans les années à venir seulement si les collectivités ne se mettent pas à verser des nouvelles subventions pour Crolles 3 et pour Crolles 4…

L’adjointe chargée de ce dossier a déclaré le 19 mai 2008 au conseil municipal, que les reversements de TP à Grenoble par la péréquation départementale (2 M€ par an) était tout bénéfice pour la ville. C’est oublier que cette péréquation est fondée sur le fait que de nombreux salariés de Crolles habitent Grenoble. Les accueillir coûte à la collectivité, il n’y a donc rien de gratuit.

On nous explique aussi que si on ne subventionne pas, il n’y aura pas d’implantation. Or l’exemple de Crolles 1 est là pour démontrer le contraire et les grands clusters internationaux sont certes intéressés par des subventions, mais le plus important est la qualité de l’environnement en recherche, la possibilité de recruter en nombre des spécialistes correctement formés par des écoles ou universités de qualité, et un tissu industriel existant. Il faut aussi rappeler que la coopération entre Philips et ST date de 1992, que le LETI avait déjà passé des accords avec Motorola, donc la proposition d’Alliance à Crolles était logique et la suite de programmes en cours. L’argent de collectivités locales n’a pas été déterminant dans la décision finale.

Crolles 3 ou nano 2012

Manif anti MinatecLes choses sont loin d’être claires. Le Conseil général et La Métro ont décidé du principe de leur intervention sur ce projet sans avoir aucun détail sur l’opération ! La ville de Grenoble s’apprête à faire de même si l’on en croit le discours de l’adjointe lors du CM du 19 mai 2008.
En fait il ne s’agit pas d’une nouvelle usine mais la poursuite de l’usine Crolles 2 pour étendre sa capacité de production. De ce point de vue l’appellation Crolles 3 est fallacieuse.

Ce que l’on sait :
Après la fin de l’Alliance (Crolles 2), ST a décidé de passer un partenariat avec IBM, dont on ne connaît pas les détails, notamment financiers et en terme d’emplois et de propriété industrielle.
Qu’est ce qui va se passer exactement à Crolles ?
Il y aura une équipe d’IBM qui va s’installer à Crolles (pas plus d’une dizaine de chercheurs) et ST installera une équipe chez IBM. Crolles pourra accueillir sur le site de production des tranches de 300 mm, les membres de l’IBM CMOS Technology Alliance, mais se trouvera aussi pour cela en concurrence avec des centres de production où sont implantés des membres de cette alliance et qui sont actuellement en avance sur Crolles (notamment Dresde avec Infineon et AMD). Il y a déjà 7 usines en Europe qui fabriquent sur les tranches de 300 mm. Il serait temps que l’Europe prenne des décisions en matière de stratégie industrielle sur ce secteur.
Les analystes attirent l’attention sur le danger de créer des investissements de production surdimensionnés dont la rentabilité ne serait pas assurée. Tout surinvestissement en production peut être financièrement mortel, cela s’est vu au moment du crash de la bulle internet où il y a eu des licenciements massifs dans la microélecronique. C’est moins le cas pour la R et D dont les retombées sont en général utilisables si elle est diversifiée, car c’est un enrichissement qui prépare l’avenir.

L’accord avec IBM est la confirmation du changement de stratégie de ST, avec l’abandon de la R et D sur le cœur des technologies de gravure à Crolles et sa spécialisation sur les produits dérivés ; pour le cœur des technologies ce sera avec IBM aux US, mais comment sera partagée la propriété industrielle ?

Communiqué du 24 juillet 2007 de ST annonçant l’accord avec IBM

Genève (Suisse) et Armonk (New York), le 24 juillet 2007 – STMicroelectronics (NYSE : STM) et IBM (NYSE : IBM) annoncent ce jour la signature d’un accord de coopération portant sur le développement de procédés technologiques de fabrication de prochaine génération – les « recettes» utilisées pour le développement et la fabrication des semi-conducteurs.
Cet accord couvre le développement de procédés technologiques CMOS (Complementary metal-oxyde-semiconductor) en géométrie 32 nanomètres (nm) et 22 nm, ainsi que les techniques de conception et la recherche avancée adaptées à la fabrication de tranches de silicium en 300 millimètres. De plus, cet accord englobe à la fois la technologie CMOS de base et les technologies dérivées à valeur ajoutée pour des systèmes sur puce (SoC) et positionne les deux sociétés à la pointe du développement technologique. Ce nouvel accord entre IBM et ST comprendra également une collaboration sur les plates-formes et le développement de blocs de propriété intellectuelle (IP) afin d’accélérer la conception de systèmes sur puce réalisés dans ces technologies.
Dans le cadre de cet accord, chacune des sociétés va mettre en place une équipe de développement technologique sur le site de son partenaire. En ce qui concerne le développement de la technologie CMOS de base, ST mettra en place une équipe de R&D dans le centre de R&D microélectronique d’IBM implanté à East Fishkill et Albany, dans l’état de New York. Pour sa part, IBM constituera une équipe de R&D au sein de l’unité de R&D et de fabrication de tranches 300 mm de ST à Crolles (Isère), où les deux partenaires développeront conjointement différentes technologies dérivées à valeur ajoutée, telles que les mémoires embarquées et les dispositifs analogiques/RF. Ces technologies peuvent être généralement utilisées pour les marchés grand public et des serveurs informatiques ainsi que dans les applications de télécommunication sans fil, telles que les téléphones cellulaires et les systèmes GPS.
STMicroelectronics va rejoindre un groupe de partenaires, constitué de sociétés spécialisées dans la fabrication, le développement et les technologies microélectroniques qui collaborent en vue de répondre à la complexité de conception et assurer le développement de procédés avancés nécessaires pour fabriquer des semi-conducteurs plus performants, compacts, rapides et au moindre coût. Les partenaires membres de ce réseau constitué de six sociétés, connu sous le nom de « IBM CMOS Technology Alliance », bénéficient d’un accès plus rapide à la technologie développée, participent à la définition de cette technologie, aux moyens de recherche et développement en commun pour la résolution de problèmes et de la possibilité d’accéder à une base de fabrication commune.

De façon similaire, IBM et ST œuvreront ensemble à l’élargissement du réseau sur le site de production de tranches 300 mm de ST situé en France afin d’accueillir d’autres membres de « IBM CMOS Technology Alliance » qui souhaitent prendre part au développement des technologies dérivées à valeur ajoutée pour systèmes sur puce.
En participant à des écosystèmes ouverts qui partagent leurs ressources entre les membres, les entreprises partenaires de ces alliances technologiques bénéficient d’une accélération en termes d’innovation et d’une baisse des coûts associés qui découlent de la mise en commun de la propriété intellectuelle et des moyens de R&D de chacun. À mesure que ces alliances se développent, les avantages tirés de ces relations collaboratives augmentent de façon exponentielle, dans la mesure où un plus grand nombre de partenaires permet la mobilisation de davantage de ressources pour relever les défis liés à la conception et la fabrication de semi-conducteurs plus performants, plus rapides et moins onéreux.
« ST a pris la décision stratégique de concentrer une plus grande partie de ses ressources de R&D au développement de technologies dérivées à forte valeur ajoutée qui capitalisent sur notre très grand savoir-faire en technologies orientées-systèmes », déclare Laurent Bosson, Vice-Président Exécutif – Technologie et Fabrication « Front-End », STMicroelectronics. « Compte tenu de l’impressionnant palmarès d’IBM dans le développement de technologies microélectroniques avancées, nous sommes convaincus que cette collaboration apportera aux deux sociétés le niveau approprié d’expertise et les solutions techniques nécessaires pour relever et surmonter les défis stratégiques, et assurer la mise sur le marché de produits compétitifs ».
« L’arrivée de STMicroelectronics au sein de l’alliance technologique d’IBM conforte notre capacité à relever les défis techniques et économiques de l’industrie des semi-conducteurs liés au développement des technologies avancées », déclare John Kelly III, Senior Vice President, IBM Research. « Notre expertise commune et les travaux menés en collaboration avec ST permettront d’améliorer les activités de développement technologique tout en assurant des délais de mise sur le marché plus rapides et un avantage technologique pour nos clients ».
Les procédés technologiques développés conjointement seront progressivement fabriqués en volume sur le site de production de tranches 300 mm de ST à Crolles (Isère), ainsi que dans les sites 300 mm des fabricants de la Plate-Forme Commune, dont fait partie IBM.
À plus long terme, IBM, le CEA-LETI (Grenoble) et ST envisagent de collaborer sur des sujets avancés pour les prochains nœuds technologiques en s’appuyant sur le succès de la collaboration établie de longue date entre l’organisme publique de recherche technologique CEA-LETI et ST.

Les détails financiers relatifs à cette transaction n’ont pas été dévoilés.

Suite à cet accord, le ministère de l’industrie dans un communiqué de février 2008 lance l’opération soutien à Crolles pour 2008-2012

27 février 2008 – STMicroelectronics – Programme de développement des sites de Crolles et de Grenoble pour la période 2008-2012

La société franco-italienne STMicroelectronics est un leader mondial des semi-conducteurs à destination de secteurs aussi divers que la téléphonie mobile, le multimédia, l”automobile ou l”informatique. Les circuits que conçoit et produit STMicroelectronics jouent ainsi un rôle stratégique pour l”innovation de branches industrielles majeures, en France et en Europe. Grâce à l”ensemble de ses implantations françaises, STMicroelectronics est un acteur-clé de la recherche, du développement et de la production dans le domaine technologique de pointe que constitue la nanoélectronique.
En particulier, STMicroelectronics contribue de manière décisive à la dynamique du pôle de compétitivité de Crolles – Grenoble, reconnu au niveau mondial pour son expertise dans les nanotechnologies. L’entreprise participe ainsi, avec le soutien financier de l’État et des collectivités territoriales concernées, au renforcement de ce bassin d’emplois qui s’est spécialisé dès les années 1970 sur des activités à haute valeur ajoutée.
La société STMicroelectronics a présenté à l’État, en juillet dernier, un nouveau programme de développement sur les sites de Crolles et de Grenoble pour la période 2008-2012, incluant une demande de subventions pour STMicroelectronics et l’ensemble des partenaires du programme. Un examen en détail par les services compétents du ministre de l’Économie, des finances et de l’emploi des informations transmises dans ce cadre par STMicroelectronics a permis de valider dans l’ensemble le programme technique et la cohérence globale des moyens présentés par l’entreprise à l’appui de cette demande.
Sous réserve des engagements que STMicroelectronics sera prêt à souscrire ainsi que de la réponse qu’apporteront les collectivités locales, l’État est prêt à tenir son rôle pour le maintien d’un écosystème d’exception autour de Crolles-Grenoble dans le secteur de la nanoélectronique.
L’État souhaite donc que des négociations puissent être rapidement finalisées avec l’entreprise et les collectivités locales concernées, sur le montant (qui prendra en compte le bénéfice de l’amélioration du dispositif du crédit impôt recherche depuis le 1er janvier 2008) et les conditions du soutien qui pourra être apporté ainsi que sur les engagements qui devront être fournis en contrepartie par l’entreprise. L’État a demandé au représentant de l’État sur place, le Préfet de l’Isère, de formaliser les négociations avec les collectivités territoriales concernées, afin de parvenir au plus vite à un accord sur les engagements réciproques de l’ensemble des parties.
L’État attache la plus grande importance au renforcement des partenariats que STMicroelectronics pourra conclure avec les acteurs du secteur susceptibles de renforcer sa stratégie intégrée de recherche et de production, ainsi que la place de la France et de l’Europe dans ces technologies stratégiques, ce qui constitue un élément essentiel pour déterminer la contribution de l’État. De même, les engagements de l’entreprise en termes de capacité de production du site constitueront un élément clé.
En toute hypothèse le montant et les conditions du soutien ainsi que les engagements réciproques des parties seront soumis à l’approbation des autorités communautaires.

Donc il s’agirait d’une nouvelle convention avec ST seule qui développerait ses partenariats. Il n’y aurait pas de contractualisation avec IBM, contrairement à ce que peuvent laisser penser les délibérations du CGI et de la Métro, ni avec le CEA. Mais ceci est à vérifier, le communiqué du ministère n’étant pas clair sur ce point.

Des collectivités bien légères ou bien naïves

Elles donnent leur accord de principe sans connaître réellement les tenants des stratégies des firmes engagées dans ces R et D.

Les contreparties seraient bien moins importantes que pour Crolles 2 -seulement 650 emplois de créés contre 1540 pour Alliance- et des investissements nouveaux bien inférieurs -750 M$ car il y a le rachat pour 500 M$ des équipements de NXP et Freescale-, pour subventionner de la R et D d’un montant équivalent (1000 M€ à Crolles et 635 à Grenoble). Avec le pari que l’augmentation de la capacité de production de 2800 plaques de silicium par semaine à 4500 en 2010 (qui était déjà prévue) permettra d’écouler sur le marché mondial cette nouvelle production. Or actuellement la production à Crolles 2 est plus chère qu’à Taiwan.

Des promesses non tenue

Pendant la campagne électorale des municipales, M. Destot a promis beaucoup de bonnes choses en voici quelques unes :
Il s’est engagé à :

  • “contrôler et valoriser l’utilisation de l’investissement public et ses bénéfices en termes de pérennisation et création d’emplois
  • associer les habitants, les salariés au développement scientifique, attribuer à tous les grands projets des moyens dédiés à l’information et aux débats publics »
  • « agir au niveau local, pour renforcer les politiques publiques dans trois directions :
    • favoriser les créations d’emplois, par la diffusion de l’innovation jusqu’aux PME et le soutien à une économie diversifiée, c’est-à-dire aux industries traditionnelles, aux services, aux commerces et à l’artisanat, à l’économie sociale et solidaire,
    • utiliser tous les outils publics, en poursuivant notre politique de renforcement des services publics et en aidant l’activité par les investissements publics, avec des clauses d’insertion multipliées,
    • développer les politiques d’insertion, à la fois en aidant davantage les personnes et en associant plus étroitement les entreprises par des opérations spécifiques à l’exemple de « 100 jeunes, 100 chances » menée par Schneider Electric”

« En contrepartie des aides publiques qui leur sont accordées (comme dans tous les pays aujourd’hui), les grandes entreprises et les pôles de recherche ont une responsabilité de dissémination des résultats et d’entraînement de tout le tissu des PME, le plus créateur d’emplois in fine, mais aussi le maillon le plus fragile de la chaîne économique, en France de manière générale, et à Grenoble également. Ces PME, de 50 à quelques milliers d’employés ont besoin d’une action de soutien poursuivie et amplifiée, sur tous les plans : transfert de technologie et aide à l’innovation, aide à la croissance aussi bien pour la recherche de capitaux que de locaux adaptés, développement à l’export… etc. Cette action de soutien aux PME constituera un fil rouge de notre démarche. »

« Comment gagner les moyens de nos ambitions
D’abord une conviction forte : vouloir faire seul signifierait une limitation absurde de nos marges de manoeuvre. Il faut jouer le jeu des partenariats, avec l’Etat et les autres collectivités, avec le secteur associatif et le secteur privé. L’argent public doit être affecté aux missions de service public, sans disperser compétences et priorités »

La participation des collectivités locales au nouveau programme à Crolles, décidée dans la précipitation, sans mise en débat public du dossier, tourne le dos à ces promesses et tout continuera comme avant.

A suivre.

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4 commentaires sur “Dossier Crolles 3”

  1. […] Crolles 3, c’est reparti […]

  2. Anonyme dit :

    Bonjour,
    Je suis en charge de monter un dossier pour le projet de financement Nano2012 (ou Crolles 3). ST utilise une partie pour financer les ingénieurs déjà en place (40% de leur montant sera financé) alors qu’ils ne contribue pas directement à un effort de recherche amont. Ils travaillent pour le développement de produit souvent produit dans les fab en Asie…
    Le reste de l’enveloppe est attribuer à des projets coopératifs (université/ST) mais très orientés vers la demande client.
    Affaire à suivre…

  3. хостинг dit :

    tres intiresno, merci

  4. […] par de soit disant socialistes) de verser d’importantes subventions à ST dans le cadre de la convention Nano 2012. Les élus écologistes ont été les seuls à s’opposer à ce type d’accord car l’argent […]