Les tarifs de la Compagnie de Chauffage en débat

Publié le 9 septembre 2011

Les semaines qui viennent vont être cruciales pour la fixation de nouveaux tarifs du chauffage urbain par le vote d’un nouvel avenant à la concession par les communes délégantes. En effet, la direction de la Compagnie de Chauffage soucieuse de faire d’importants profits pour rémunérer directement ou indirectement ses actionnaires se bat pour éviter une diminution trop forte des tarifs.

Par ailleurs, au cours des derniers mois, les maires des communes se sont trouvés confrontés aux sollicitations de plus en plus virulentes du collectif “Pour un chauffage urbain juste et solidaire” : ce collectif qui regroupe de nombreuses copropriétés et associations de locataires, dénonce, au nom des usagers, des tarifs ne répondant pas aux exigences d’un service public digne de ce nom.

Le 30 août dernier, des salariés de la CCIAG (dont des membres du comité de direction) ont signé un courrier pour faire pression sur les maires des communes délégantes et les membres du Conseil d’Administration de la SEM.

Ce courrier adressé au maire de Grenoble (et curieusement à en tête officiel de la CCIAG : serait il piloté par la direction ?), attaque l’ADES, l’OFiPoPu et les copropriétés qui se mobilisent. Extraits :

“Depuis plusieurs années la COMPAGNIE DE CHAUFFAGE subit des attaques devenant de plus en plus violentes et insupportables. Elle est aujourd’hui la cible de vives critiques, directes ou indirectes auprès des Municipalités, formulées principalement par l’ADES, l’OFIPOPU et quelques copropriétés …”

Ces salariés s’inquiètent de l’avenir :

“A présent tout est remis en question. Les salariés et leurs familles ressentent un profond malaise puisque publiquement agressés par quelques mécontents. La CCIAG est une entreprise citoyenne qui allie performance économique et respect environnemental…”

“L’annonce faite dans le DL du 01/07/2011 par l’intermédiaire de votre premier adjoint… d’un nouvel avenant de baisse de tarif… ne peut qu’hypothéquer notre développement, décourager les efforts de productivité portés par les salariés et ralentir l’amélioration de notre situation financière…”

Ils admettent tout de même que la baisse des tarifs pourrait se justifier :

“Dans le cadre de notre mission de service Public, nous pouvons comprendre l’intérêt pour nos usagers d’une révision du tarif afin de revenir à un résultat d’exploitation inférieur, tout en permettant de garantir le développement de notre entreprise. Toutefois, nous tenons à vous alerter de l’inquiétude des salariés qui, si nécessaire, sauront se mobiliser très fortement et légitimement.”

Cette lettre contient de nombreuses contre vérités, nous y reviendrons prochainement.

Mais pourquoi une telle missive de la CCIAG ?

La Ville de Grenoble a missionné le cabinet Pöyry du groupe ACTI conseil pour faire une proposition de modification tarifaire. Cette expertise est faite sans associer les autres communes concédantes du chauffage urbain. Le 30 août, le cabinet propose une diminution d’environ 8 % des tarifs en vigueur, ce qui est très insuffisant au regard des marges excessives faites sur le dos des usagers. Mais la direction de la CCIAG propose une baisse de moins de 5 % (rappelons que le directeur général est salarié des actionnaires privés).

Il y a donc un bras de fer qui pourrait s’engager entre d’une part, certaines communes, sensibles aux revendications des usagers du chauffage urbain, et d’autre part la CCIAG et le maire de Grenoble.

La mobilisation pour un service public juste et solidaire ne s’arrêtera pas à cet épisode. Le principal est d’obtenir une baisse importante du tarif afin d’alléger les factures des usagers dont les charges ont explosé ces dernières années. La baisse signifiera la reconnaissance du bien fondé des critiques faites aux tarifs et donnera des arguments pour permettre aux usagers de se voir rembourser le trop perçu.

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Un commentaire sur “Les tarifs de la Compagnie de Chauffage en débat”

  1. […] Dans un article précédent nous indiquions qu’un courrier de salariés de la Compagnie de Chauffage (CCIAG) avait été envoyé aux maires des communes concédantes pour faire pression. Ce courrier très maladroit a été mal reçu par certaines communes. Rédigé sur papier à en tête officiel de la CCIAG, il avait donc la bénédiction de la direction, d’autant plus qu’il reprenait in extenso des phrases de la direction prononcées lors d’un récent conseil d’administration. […]