Qui a ruiné Grenoble : la corruption (suite et pas fin)

Publié le 9 septembre 2016

corrompuIl n’est pas un jour sans que l’ancien maire corrompu, M. Carignon, ne s’étende dans les médias pour vanter la période pendant laquelle il a été maire (1983 – 1995) en essayant de faire croire que tout se passait bien et que ce passé heureux a disparu par l’arrivée des municipalités suivantes. Mais il ne suffit pas d’affirmer pour être dans le vrai.

Nous rappellerons au fil des semaines qu’elles ont été les malversations qui restent imprimées dans de très nombreuses réalisations de cette époque et que les Grenoblois ont lourdement payées.

Les Grenoblois ont payé cette période au prix fort et n’ont toujours pas fini de payer la fuite en avant de ce maire corrompu. Ce dernier expliquait que le creusement de la dette était la conséquence d’un effort inédit d’investissements. Il s’agit bien entendu d’un gros mensonge car la moyenne annuelle des dépenses d’équipement n’a été que de 35 M€, ce qui n’a rien d’exceptionnel. De 1983 à 1995 la dette a augmenté d’environ 150 millions d’euros (passant d’environ 100 millions à 250 millions d’euros), mais sur ces 150 M€, les 2/3 sont dus à une augmentation frénétique des dépenses de fonctionnement, donc il n’y avait plus d’épargne et les investissements étaient payés principalement par le recours à l’emprunt. Pour s’en persuader il suffit de calculer la perte d’épargne nette de 1983 à 1995 qui dépasse les 100 M€.

La population de Grenoble se renouvelle fortement et donc trop de Grenoblois ne savent pas exactement ce qui s’est passé entre 1983 et 1995 à Grenoble et quelles ont été les décisions de justice qui ont mis en cause très gravement M. Carignon en matière d’illégalités, de malversations comptables et de détournements d’argent public pour ses intérêts personnels, ceux de ses proches, et au bénéfice des intérêts privés de patrons.

De très nombreux articles de journaux ont décrit ce qui se passait à Grenoble. Le travail le plus abouti a été le livre de Raymond Avrillier et de Philippe Descamps « Le système Carignon » (1995, La Découverte), malheureusement épuisé mais qu’on trouve en bibliothèque ou aux archives municipales. L’ADES a fait en 2003 une brochure de 80 pages intitulée « Un corrompu de retour aux affaires » qui est un résumé des nombreuses malversations qu’ont subi les habitants et la ville, avec les références sur lesquelles les affirmations s’appuient.

Voici les titres des chapitres de cette brochure de l’ADES qui résument bien la réalité de cette époque :

Entre 1983 et 1995 à Grenoble pour les affairistes, les copains, les coquins et les grands groupes privés, c’était le bon temps !

Entre 1983 et 1995, pour les Grenoblois, c’était le temps des vaches maigres !

Entre 1983 et 1995, c’est un clan de délinquants qui règne sur la ville, l’agglomération puis le département

Un menteur. Un manipulateur aux méthodes louches et musclées. Des amitiés à l’extrême droite…

Vous pouvez télécharger cette brochure par ce lien.

Très édifiant également, voici ce que dit la cour d’Appel de Lyon du 9 juillet 1996 dans ses conclusions : « Attendu qu’Alain Carignon, élu du peuple depuis vingt ans, a bénéficié de la confiance d’une part de ses concitoyens et d’autre part des plus hautes autorités de l’Etat qui l’ont appelé, à deux reprises, à occuper des fonctions ministérielles ; que les éminentes tâches, qui lui ont ainsi été dévolues, auraient dû le conduire à avoir un comportement au-dessus de tout soupçon ; qu’au lieu de cela il n’a pas hésité à trahir la confiance que ses électeurs lui manifestaient, en monnayant le pouvoir de maire qu’il tenait du suffrage universel, afin de bénéficier d’avantages matériels qui se sont élevés à 19 073 150 francs et de satisfaire ses ambitions personnelles ; qu’il a ainsi commis l’acte le plus grave qui puisse être reproché à un élu ; qu’un tel comportement est de nature à fragiliser les institutions démocratiques et à faire perdre aux citoyens la confiance qu’ils doivent avoir en des hommes qu’ils ont choisis pour exercer le pouvoir politique… »

Et il se permet encore d’abaisser le niveau de débat dans la vie publique grenobloise, alors que les électeurs l’ont sanctionné ! Le travail de mémoire, faute de peine d’inégibilité pour les élus condamnés pour des faits liés à leur mandat, est alors indispensable !

Voir ci-dessous les titres de chapitre de l’ouvrage « Le système Carignon » (qui, à l’époque a été censuré par Le Dauphiné Libéré).

Sommaire de l’ouvrage « Le système Carignon »

Prologue. Un ministre en prison
Toujours communiquer
Le pari de la comparution personnelle
Un dossier « accablant »
« Je ne renoncerai pas à la vie publique » 

I. GRENOBLE AU TEMPS DE LA COMMUNICATION.

LA CONQUÊTE DU POUVOIR
  1.  L'élection surprise d'un militant obstiné .
La surprise de mars 1983
La politique avant les études
Premiers pas dans l'ombre des grands
La chambre de commerce, bastion de la reconquête
La cure d'opposition
  1.  Les succès et la méthode
Une conquête éclair
« Une OPA de la chambre de commerce »
Des professionnels de la communication
Marketing, sondage et téléphone
Les sous-marins VERTS
La « mère kabyle » de Dubedout
Du bon usage de la rumeur
  1.  L'héritage et la restauration
Le retour de la droite chez elle
Casser le mythe grenoblois
La restauration
Le mouvement du 22 mars
Opération commando à la maison de la culture
La récupération
  1.  Le château, le féodal et son fief
Les nouveaux féodaux
Maison commune ou domaine privé
Le premier cercle
Le deuxième cercle
Le patron et les patrons
La cour du prince
L'arrangement de la cuvette
L'endroit des médailles
  1.  Carte de presse n°26421
La presse en bateau
« Ayez la presse avec vous »
L'impartialité du Dauphiné libéré
Les années Hersant
Le « Daubé »
Un Paris-Match local
Le pluralisme introuvable
De la séduction aux insultes
Malaise au Dauphiné libéré
Le Dauphiné se libère
  1.  Le vert vous va si bien .
Le ministère du possible
Grenoble, ville pilote
Un ministère à risques
Vaujany, la montagne meurtrie
Alain et les quarante mesures
Négociations
Les hommes verts
Une autoroute au coeur des Alpes
  1.  La morale n'est pas la vertu
L'émancipation parisienne
« L'ouverture à l'envers »
VIE
Les rénovateurs
Front anti-front ou ami-juges ?
Étranges fréquentations
Manipulation de l'extrême droite ?
Provocation à la discrimination
  1.  La Communication à défaut de la Culture
La croisade du GATT
« Édouard m'a tuer »
Remise au pas du service public
Surveiller les « salopards »
Une nomination contestée 

II. UNE CHUTE SI LONGTEMPS RETARDÉE

LA NAISSANCE DES « AFFAIRES »
  1.  Les eaux troubles d'Aquapole
Le premier grand dossier Carignon
L'invention de la « concession contrôlée »
Un surcoût exorbitant
L'impuissance du contrôle de légalité
Un permis de construire antidaté?
Contrôles à retardement
Le partage des eaux
  1.  Dauphiné News, une campagne transparente
Le Concorde d'Alain Carignon
Le « canard » et la « taupe »
Bon à tirer (BAT)
Les « coups » et les coûts
L'ardoise
  1.  Une eau naturellement pure
Naturellement votre
La surprise du bicentenaire
L'eau de Grenoble sera… « Lyonnaise »
Les recours et le retour
La corbeille de mariage
Des notes d'eau salées
  1. La main invisible et les grands groupes
La sortie du tunnel
Intermédiaires de confiance
La nouvelle donne
La prescription
« Alain Carignon vous dit tout »
La « ville maigre »
Un bilan au dépôt
Le trou
  1.  La ruine de la maison Rivier
Un promoteur chargé de la promotion du maire
La nébuleuse Rivier au centre du cyclone
Le rachat du groupe Rivier
Bourachot porte plainte contre Rivier
Un maillon du réseau Carignon
Le feu .au château
Le dossier Rivier jamais refermé
L’épilogue Maillard et Duclos
  1.  L’opacité de l’Opale
2% pour la mairie
Un premier rapport administratif accablant
Le second rapport administratif confirme
Qui paye1a note
Les locataires déboutés
L'enterrement judiciaire
Classement d' offices
Refus d' exhumation
  1.  ASG, cadeaux de Noël pour les élus
Françoise Paramelle porte plainte
Le « doublage » de l'association
Ordonnateurs et comptables
« Comptables de fait »
Appel devant la Cour des comptes
Prescription et non-lieu
Les « négligences » de Spectacles à Grenoble
  1.  Quand les affaires deviennent chroniques
Comptes taxis et comptes de campagne
Pétrone, un suicide
Marc Braillon, la chute d'un mécène
La Silicon Valley terre de mafia ?
La colère du procureur général 

III. GRENOBLE, LE MYTHE BRISÉ

  1.  De la dénégation à la prison
Enquêtes sur un renflouement
L'information devient judiciaire
Le juge et le ministre
Whip
L'appartement, le personnel et les fausses factures
Les voyages
Le déjeuner, le pacte et les témoins
Un climat de fin de règne
  1.  L'implosion d'un système
Les confessions de Guy Névache
Révélations sur le « système »
La bonne entente du BTP
Un entrepreneur se rebiffe
Le sourire de Jean-Guy Cupillard
Le trésorier du RPR en prison

Conclusion

Chronologie

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