Enfin, le ministre de l’intérieur daigne venir à Grenoble

Publié le 28 septembre 2018

Au Conseil municipal du 24 septembre une très large majorité des élus a voté un vœu en direction du gouvernement et des parlementaires qui résume des demandes importantes faites pour prendre en compte le développement de la violence dans l’agglomération.

« La Ville de Grenoble doit lutter contre le fléau de la violence et de la délinquance organisée avec un engagement fort et massif de l’Etat. Après en avoir délibéré le conseil municipal décide de : demander avec insistance et urgence que le gouvernement :

  • Engage la mise en œuvre de la Police de Sécurité du Quotidien sur Grenoble et son agglomération (Echirolles et Saint-Martin d’hères).
  • Renforce et pérennise des moyens d’investigation supplémentaires par des effectifs supplémentaires et pérennes au sein de la Police Judiciaire et des services spécialisés.
  • Renforce les moyens de la justice pour lutter spécifiquement contre les trafics et leurs acteurs.
  • Accorde aux policières et policiers de la zone police de Grenoble, la prime zone difficile, ce qui la rendra plus attractive.
  • Accélère la publication du décret d’application permettant l’équipement des policières et policiers municipaux en caméras mobile »

Le ministre de l’intérieur a entendu certaines des demandes et a enfin promis un renforcement des effectifs et une coopération renforcée entre les polices nationales et municipales. Il faudra vérifier dans les faits la réalisation des différentes promesses faites.

Revenons tout de même sur ce qui s’est passé depuis plus d’un an et un développement honteux de prises de positions purement politiciennes.

Il y a plus d’un an les maires de Grenoble, Saint Martin d’Hères et Echirolles déposaient un dossier demandant la mise en place d’une Police de Sécurité du Quotidien (PSQ) dans les trois communes qui étaient agressées de manière considérable par les maffias de la drogue. En février 2018 le gouvernement écarte cette demande tout en promettant une rencontre rapide avec les maires qui avaient déposé un dossier. Plus rien ne se passe, le ministre vient visiter le Vercors cet été mais ne daigne toujours pas répondre aux maires qui reformulent leur demande et il apparait rapidement que cette situation est orchestrée politiquement par le ministre de l’intérieur et les députés de la majorité qui pensent que la détérioration de la sécurité dans l’agglomération leur profitera pour les prochaines élections et ne font que jeter de l’huile sur le feu. Ils viennent de se rendre compte que cette politique du pire risque de se retourner contre eux. Le refus du ministre de coopérer avec les maires devient contreproductif mettant en évidence que le gouvernement s’intéresse plus aux élections qu’à s’occuper réellement de la sécurité qui est pourtant de sa responsabilité. On le voit encore lorsque le ministre annonce à une députée d’En Marche qu’il viendra le 28 à Grenoble, avant même d’en avertir le préfet et les maires… Tout cela est très politicien. Le ministre n’a plus la tête à Paris et à son ministère puisqu’il commence dès maintenant sa campagne électorale à Lyon ; il va falloir qu’il revienne vite aux réalités auxquelles il doit apporter des réponses concrètes.

Les maires vont enfin pouvoir montrer la réalité de la situation au ministre et à lui indiquer tous les efforts qu’ils font en fonction de leurs compétences et de leurs moyens et d’insister sur le manque évident de moyens de la police nationale qui a vu ses effectifs diminuer au cours du temps. Ils ont déclaré : « nous nous félicitons que les demandes de rencontres communes, renouvelées depuis plusieurs mois, soient à présent suivies d’effet. Nous souhaitons que ce déplacement… soit l’occasion pour le Ministre d’apprécier la qualité de service de nos polices municipales, et qu’il permette de répondre aux besoins du bassin de vie en matière de sécurité publique : renforts d’effectifs, Police de sécurité du quotidien, allocation de la prime “zone difficile” aux agents de la Police Nationale, etc. Ainsi, ce déplacement sera une belle réussite pour le territoire et ses habitants. »

Les maires pourraient aussi rappeler au ministre les promesses du candidat Macron, de dépénalisation du cannabis et la mise en place d’amendes contre les dealers et les consommateurs. Cette dépénalisation désengorgera la justice qui pourra se consacrer beaucoup mieux à la poursuite des organisateurs des maffias et rendra les punitions beaucoup plus efficaces car immédiates et au porte-monnaie des dealers et des consommateurs. Mettre des amendes est immédiat, la répression sera beaucoup plus efficace et obligera au déplacement plus fréquent des lieux de distribution et diminuera le contrôle des maffias sur certains territoires.

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