La politique de maintien de l’ordre du gouvernement mise en cause

Publié le 15 mars 2019

De plus en plus de prises de position contre la doctrine actuelle du maintien de l’ordre et de l’utilisation des LBD (Lanceur de Balle de Défense) s’expriment en France et à l’étranger. Il apparait que la politique française du maintien de l’ordre a décidé d’exercer une violence mûrement calculée pour punir plutôt que pour prévenir. Les comportements très violents de petits groupes cherchant à casser systématiquement tout ce qu’ils peuvent n’excusent pas la nouvelle doctrine appliquée. Et ce ne sont pas les policiers qui sont les premiers responsables mais le gouvernement qui a sciemment fait le choix de ce type de répression qui met en cause le droit de manifestation.

Ce qui s’est passé dans le quartier Mistral à Grenoble, avec la poursuite du scooter avec les deux jeunes sans casques montre que les précautions claires qui avaient été édictée par les gouvernements précédents n’ont pas été suivies. En effet, comme l’indiquait un député lors d’une question écrite au gouvernement en février 2014 : « après le drame de Villiers-le-bel de 2007 des notes internes et une circulaire demandent aux forces de l’ordre de ne pas engager de course poursuite avec ces deux roues pour ne pas risquer un éventuel accident… » Le ministre de l’intérieur répond : « l’interception et la verbalisation des fauteurs de troubles peut être différée pour des raisons de sécurité, après constatation de l’infraction. »

La poursuite organisée à Mistral n’a pas suivi ces recommandations et les conséquences ont été beaucoup trop importantes : mort des deux jeunes et émeutes qui ont suivies.

Des journalistes de Médiapart qui sont allés enquêter le 8 mars à Mistral se sont vus mettre en joue par un policier avec un LBD ; certains policiers perdent leurs nerfs et cela conduit à de situation très dangereuses et inacceptables.

De nombreuses demandes d’interdiction d’utilisation des LBD se font jour : le défenseur des droits puis des experts de l’ONU dénoncent des restrictions graves aux droits des manifestants :

« Les restrictions imposées aux droits ont également entraîné un nombre élevé d’interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d’armes dites « non-létales » telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou “flashballs”,


Et tout récemment des ophtalmologistes dénoncent une « épidémie » de blessures à l’œil liée à l’usage des LBD, arme potentiellement létale et responsable de très nombreuses blessures graves :

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