Le collectif « Pas de bébés à la consigne » se mobilise contre les prochaines ordonnances

Publié le 19 avril 2019

Une place en crèche coûte cher, plus de 15 000 euros par an pour des crèches gérées par des associations à plus de 18 000 euros par an pour des crèches gérées par des collectivités ou des CCAS (chiffres 2015 moyennes).

Pour les familles à faible revenu, seules les crèches sont accessibles financièrement car le tarif dépend des revenus. Les autres modes d’accueil sont trop chers.

Voir à ce sujet les études de l’IGAS et de la CNAF.

Si 60% du coût est financé par la CAF et les familles, le reste doit être financé par les communes ou les intercommunalités. Les réductions des moyens financiers des communes impactent donc directement la création de places de crèche, voir menacent leur existence.

Grenoble a renoncé à créer des places de crèche par manque d’argent, et les places actuelles, que ce soit CCAS ou associatives, ont un avenir compliqué sans augmentation de la dotation du CCAS ou de la dotation aux crèches associatives. En effet 70% des coûts d’une place de crèche est constituée directement des salaires des professionnels qui s’occupent des enfants, ces salaires, proches du SMIC pour la majorité des postes, augmentent quasiment automatiquement chaque année en suivant l’augmentation du SMIC.

D’où l’idée du gouvernement de ne plus exiger les mêmes diplômes pour réduire le coût des places. Le collectif « Pas de bébés à la consigne » se mobilise.

En 2016 le ministère de la famille avait commandé un rapport sur « le développement du jeune enfant, les modes d’accueil et la formation des professionnels » qui fait la synthèse des connaissances sur le développement de l’enfant avant 3 ans et montre que l’enfant de moins de 3 ans a des compétences extraordinaires et des besoins bien spécifiques

Un cadre national pour l’accueil du jeune enfant, publié en 2017 par le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, énonce 10 grands principes pour grandir en toute confiance, montrant l’importance de la qualité donc de la formation des professionnels qui travaillent auprès des enfants.

Depuis 2009, le collectif « Pas de Bébés à la consigne » regroupe des associations professionnelles et syndicats de la petite enfance, du secteur social et de l’Éducation nationale, associations de parents d’élèves et familiales Il est né pour protester contre les décrets de Nadine Morano, à l’époque secrétaire d’État à la Famille et à l’accueil de la petite enfance. La déclaration commune de fondation du collectif s’intitule : « Pas de bébés à la consigne : pour améliorer et développer les modes d’accueil et la scolarisation des jeunes enfants »

Le gouvernement prépare des ordonnances sur les modes de garde et sur les jardins d’enfants. L’article 50 de la loi du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance (Essoc) habilite le gouvernement à prendre par ordonnances “toute mesure relevant du domaine de la loi afin de faciliter l’implantation, le développement et le maintien de modes d’accueil de la petite enfance”.

Le collectif « Pas de bébés à la consigne » a publié une lettre ouverte à la secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, il y formule vingt propositions :

« Développer une offre de qualité pour tous les jeunes enfants : vingt propositions pour un printemps des modes d’accueil

Madame la Secrétaire d’État,

Vous avez reçu une délégation du collectif “Pas de bébés à la consigne” le 21 mars 2019 et nous vous en remercions. 

Vous nous avez indiqué que nous serions conviés à participer à la poursuite de la concertation sur la réforme des modes d’accueil et que nos propositions et revendications seraient examinées attentivement. Nous vous soumettons donc et rendons publiques vingt propositions pour une réforme qui se traduise par un véritable printemps des modes d’accueil. Le fil rouge de nos propositions demeure, comme depuis dix ans, celui de développer à la fois largement l’offre d’accueil des jeunes enfants tout en assurant sa plus ample qualité.

Pour cela nous avons pris en compte les nombreuses études réalisées en France et à l’étranger1, selon lesquelles la qualité des modes d’accueil est liée à un ensemble de critères tels que : les niveaux de qualifications professionnelles, les taux d’encadrement, la taille restreinte des groupes d’enfants, le respect des rythmes spécifiques des tout-petits, le temps et la disponibilité accordés à l’enfant et sa famille, l’implication des parents, la sensibilité du personnel aux intérêts et aux besoins des enfants, la stabilité du personnel, l’adéquation des locaux, le sens que trouvent les personnels dans leur travail et leur accord avec les objectifs et les méthodes du travail, ainsi que des temps de réflexion réguliers sur les pratiques, qui favorisent une prise en compte de l’enfant et de sa famille dans une relation individualisée. »

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