L’extrême fragilité des familles monoparentales

Publié le 7 juin 2019

Une étude de l’Insee met en évidence la grande fragilité des familles monoparentales, dont le chef de famille est à 86% une femme. Ceci confirme les observations régulièrement formulées par les organisations caritatives et par des organismes comme l’Observatoire des inégalités. L’étude de l’Insee porte sur l’évolution de la pauvreté en conditions de vie entre 2004 et 2017. Elle exploite les résultats de l’enquête “Statistiques sur les ressources et les conditions de vie”.

L’indicateur français de pauvreté en conditions de vie des ménages mesure la part de la population incapable de couvrir les dépenses liées à au moins huit éléments de la vie courante sur 27 considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable. Cet indicateur, réalisé à partir de questions posées aux ménages, est décliné selon l’âge, le niveau de vie du ménage, la composition de la famille, le diplôme, la catégorie socioprofessionnelle, la situation vis-à-vis de l’emploi et l’unité urbaine.

L’Insee se penche sur les quatre dimensions qui composent l’indicateur de pauvreté en conditions de vie : l’insuffisance de ressources (six situations), les retards de paiement (trois items), les restrictions de consommation (neuf questions) et les difficultés de logement (neuf items). Sur la période étudiée, la proportion de ménages déclarant des difficultés de logement a fortement baissé, passant de 10,1% à 5,7%. C’est le cas également pour la proportion de ménages connaissant des retards de paiement (passée de 11,5% à 8,5%) et pour ceux touchés par des restrictions de consommation (passés de 14,2% à 11%).

En revanche, la proportion de ménages déclarant être confrontés à une insuffisance de ressources est restée inchangée, passant de 14% en 2004 à 13,9% en 2017.

La tranche d’âge (sur la base de l’âge de la personne de référence du ménage) la plus touchée par la pauvreté en conditions de vie est celle des 45-59 ans (13,9% en 2017) et la plus épargnée celle des 75 ans et plus (7%). Les jeunes de 16 à 29 ans se situent à un niveau intermédiaire (10,4%), mais sont plus affectés par les difficultés liées au logement.

La composition du ménage est un facteur déterminant. Sur ce point les familles monoparentales apparaissent particulièrement touchées. Elles sont ainsi 26% à être pauvres en conditions de vie, loin devant les familles nombreuses (18,1% pour les couples avec au moins trois enfants), les personnes seules (13,7%), les couples avec un ou deux enfants (7% environ) et les couples sans enfant (4,6%).

Parmi les différents types de ménages, les familles monoparentales présentent les taux les plus élevés sur les quatre dimensions mises en avant par l’Insee. Elles sont ainsi 28,5% à être confrontées à une insuffisance de ressources, 21,1% à être concernées par des restrictions de consommation, 19,2% à être touchées par des retards de paiement et 11,5% à connaître des difficultés de logement. Par comparaison, les couples sans enfant affichent, sur ces quatre dimensions, des taux respectifs de 6,2%, 5,5%, 3,4% et 2,4%…

Pour lire l’étude, cliquez ici.

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