Rénovation urbaine : l’État tiendra-t-il ses engagements ?

Publié le 13 décembre 2019

La politique du logement d’E. Macron est de plus en plus inquiétante. Après avoir décidé de transformer radicalement la politique du logement social en étranglant les bailleurs sociaux, notamment ceux qui, sont dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, il poursuit sa recherche d’économies en ralentissant le déblocage de crédits pour la rénovation urbaine. En effet, un rapport sénatorial, élaboré dans le cadre du projet de loi de finances 2020, questionne l’engagement de l’État concernant le financement du programme de rénovation urbaine. La sénatrice qui rapporte au nom de la commission des affaires économiques, soupçonne l’Etat de vouloir étaler sa participation financière. L’Etat ne finance plus que 10 % des subventions apportées pour la rénovation urbaine. En effet sur les 10 milliards de subventions, 6,6 sont apportés par Action Logement (l’ex 1% patronal) et 2,4 milliards sont apportés par la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS), c’est-à-dire par les bailleurs sociaux.

La sénatrice Annie Guillemot indique que le plan de financement a été respecté par l’Etat pour 2018 et 2019 par l’inscription de 200 millions d’euros chaque année en autorisation de programme, mais il n’y a que 25 millions d’euros débloqués en crédits de paiement en 2019 “faisant peser le doute sur la volonté du gouvernement de respecter la croissance de sa contribution sur le quinquennat et d’atteindre effectivement 200 millions en 2022”. Les explications du ministre n’ont pas levé le doute sur la participation de l’Etat, puisque la sénatrice écrit : “la contribution de l’État sur le quinquennat plafonnerait à 115 millions d’euros au lieu des 200 millions d’euros promis. À ce rythme, l’État mettrait 40 ans pour verser le milliard d’euros prévu pour le NPNRU !”.

Le rapport de la commission des affaires économiques du Sénat est à lire ici.

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