Que deviennent les jeunes des quartiers prioritaires de la ville après leur bac ?

Publié le 12 juin 2020

Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) est un établissement public sous tutelle du ministère chargé de l’éducation et du ministère chargé du travail et de l’emploi. Il a pour mission notamment de mieux connaître et comprendre les liens entre formation, travail et emploi,

L’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), créée par la loi du 22 juillet 2019, a été mise en place le 1er janvier 2020.

Dans une note du 4 juin 2020, le Céreq en partenariat avec l’ANCT, met en évidence un “effet quartier” spécifique et indépendant de caractéristiques individuelles (origines sociales et migratoires notamment). Cet effet se traduit par des écarts quasi systématiques aux différentes étapes des parcours de formation et d’emploi, entre les jeunes résidant en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) et les jeunes issus des autres quartiers des mêmes agglomérations. Cet “effet quartier” est rattaché par les auteurs à différentes réalités : des conditions de vie défavorables à leurs études (logement sur-occupé, équipements insuffisants), une ségrégation sociale qui nuit aux apprentissages : affectation dans des établissements scolaires accueillant des publics défavorisés, le manque d’informations en termes d’orientation et d’opportunités, ou encore des pratiques empreintes de préjugés à leur égard, dans les phases d’orientation comme plus tard sur le marché du travail. L’étude tend à insister sur les difficultés liées à de mauvaises orientations.

« Les lycéens des quartiers prioritaires font face à des difficultés spécifiques pour décrocher le bac et poursuivre des études supérieures. Au-delà des effets liés à leurs appartenances sociales, le fait de résider en quartier prioritaire a-t-il un impact propre sur leur parcours post-bac et leur insertion professionnelle ? Une collaboration entre le Céreq et l’Agence nationale de la cohésion des territoires permet d’éclairer les trajectoires de formation et d’emploi des jeunes qui, sortis en 2013 du système éducatif, résidaient en quartier prioritaire au moment du bac.

Les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) désignent les territoires urbains présentant les plus grandes difficultés sociales. Les habitants de ces quartiers, notamment les jeunes, cumulent les handicaps dès les premières années de leurs parcours scolaire et professionnel. Ainsi, l’analyse des trajectoires de formation et d’emploi des jeunes de la Génération 2013 résidant en QPV au moment du bac met en évidence des écarts quasi systématiques aux différentes étapes de ces parcours avec ce qui est observé pour les jeunes issus des autres quartiers des mêmes agglomérations (autres quartiers des unités urbaines englobantes ou AQUUE ). »

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